
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-485335)
Une solution censée améliorer la digestion des fourrages chez les ruminants, les lapins et les chevaux d’élevage passe d’abord par 144 souris. Elles vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, gavées par sonde orogastrique pendant 21 jours, avec des prélèvements de selles deux fois par semaine. Chacune est hébergée seule, en cage sur grille, pour permettre la mesure individuelle de ce qu’elle ingère et excrète. Toutes seront tuées puis autopsiées, et le porteur affirme que les effets du produit ne s’évaluent que sur un organisme « pris dans sa globalité ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif général du projet est l’amélioration de la digestibilité des fibres chez les monogastriques ainsi que chez les polygastriques. En effet, ce processus, réalisé par un microbiote spécialisé hébergé dans le tractus digestif des individus mono ou polygastriques est essentiel à la nutrition et au bien-être digestif de l’hôte. Les fibres, apportées sous forme de fourrages frais (herbe pâturée), secs (foin) ou ensilés sont un composant essentiel des rations ingérées dans une grande diversité de systèmes d’élevage quel que soit le modèle animal ciblé (ovins, bovins, caprins, equins, lapins…). Le microbiote responsable de cette digestion est remarquablement efficace du fait de la production d’une large gamme d’enzymes (cellulases, hémicellulases) capables d’hydrolyser les polysaccharides complexes présents dans les fourrages, permettant la conversion en composés énergétiques majeurs (acides gras volatils ou à chaine courte) utilisables par l’animal hôte. Cependant, de nombreux facteurs (composition de la ration, stress environnemental…) peuvent réduire la capacité de ce microbiote à assurer sa fonction fibrolytique. Notre objectif est donc basé sur le développement de stratégies nutritionnelles permettant d’améliorer la digestibilité des fibres afin de compenser ce déficit.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce travail doit permettre de mettre en évidence le bénéfice de l’apport d’une fraction microbienne sur l’augmentation de la capacité de leur hôte à dégrader et digérer les fibres issues de sa ration.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à 2 types d’intervention au cours de ce projet : 1) Le gavage orogastrique et sa répétition (21 jours) pendant le développement du projet peuvent être source de stress, lié à la contention de l’animal et de blessure lors de l’introduction de la sonde d’intubation. C’est pourquoi les animaux sont préalablement conditionnés à la manipulation et que le geste technique est réalisé par des zootechniciens formés et expérimentés qui vont limiter significativement la durée de ce stress potentiel (moins d’une minute) ainsi que le risque de blessure, 2) le prélèvement de selles chez l’animal qui peut, également, être source de stress lié à sa contention nécessaire, toutefois considérant la fréquence (2 fois pas semaine) et la rapidité du geste (moins d’une minute), les effets indésirables sont très limités.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’objectif de ce projet étant d’optimiser le potentiel de dégradation fibrolytique de l’animal, l’apport fractions microbiennes provenant de bactéries connues pour cette activité de dégradation fibrolyitque et exemptes de bactéries vivantes, n’entrainera aucune nuisance pour la santé de l’animal cependant, le geste technique du gavage orogastrique et sa répétition pendant le déroulé du projet peuvent être source de stress, lié à la contention de l’animal et de blessure lors de l’introduction de la sonde d’intubation. C’est pourquoi les animaux sont préalablement conditionnés à la manipulation et que le geste technique est réalisé par des zootechniciens formés et expérimentés qui vont limiter significativement la durée de ce stress potentiel (moins d’une minute) ainsi que le risque de blessure. De la même façon, le prélèvement de selles chez l’animal peut être source de stress lié, également, à sa contention nécessaire, toutefois considérant la fréquence (2 fois par semaine) et de la rapidité du geste (moins d’une minute), les effets indésirables sont très limités. Enfin, l’hébergement en cage individuelle et sur grille peut également source de stress pour les animaux, cette situation fera l’objet d’une évaluation attentive et sera atténuée par la capacité conservée de l’animal à visualiser/sentir ses congénères et par des grilles adaptées pour les souris . Pour toutes ces interventions, un arbre décisionnel est appliqué lorsqu’un point limite apparait.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à l’issue de la procédure, puis autopsiés afin de récupérer l’ensemble des organes et fluides métaboliques nécessaires aux futures analyses biologiques, génomiques et histologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’impact de l’apport de fractions microbiennes sur l’augmentation des capacités fibrolytiques des herbivores mono et polygastriques nécessite le recours à un modèle in vivo pour atteindre notre objectif. Les effets bénéfiques potentiels de ces produits ne peuvent être évalués que sur un organisme pris dans sa globalité et dans un premier temps sur un modèle murin.
2. Réduction
Le nombre d’animaux par groupe a été réduit au strict nécessaire pour observer des effets statistiquement significatifs. Les animaux utilisés sont des souris mâles et femelles conventionnelles, qui seront hébergées dans les conditions réglementaires au sein de l’installation. 3 séries d’expérimentations seront réalisées sur ce modèle murin. Chaque expérience sera constituée de 2 lots de 24 souris conventionnelles (12 femelles et 12 mâles par lot) : – un lot de 24 souris TEST qui recevra par gavage orogastrique les fractions microbiennes – un lot de 24 souris TEMOIN qui recevra par gavage orogastrique l’équivalent en volume d’un tampon isotonique. De plus, les tissus prélevés seront soient analysés pour répondre au questionnements scientifiques proposés par le projet, soient conservés pour de futures analyses, non préalablement prévues dans le cadre du projet, et qui pourraient complémenter les résultats obtenus. Ainsi, 144 souris au total seront utilisés pour ce projet
3. Raffinement
Les procédures, nécessitant un raffinement de leur exécution pour limiter leur impact sur les animaux, sont les gavages orogastriques ainsi que les prélèvements de selles. Celles ci seront réalisées par des zootechniciens formés et expérimentés qui permettront de limiter la durée de la procédure par animal (moins d’une minute pour le gavage et les prélèvements de selles). De plus, avant la première intervention, une habituation à la contention sera réalisée prélalablement par ces zootechniciens permettant ainsi de diminuer le stress suceptible d’être occasionné par ce geste technique. Les animaux font l’objet d’une surveillance quotidienne pour détecter, réduire, supprimer ou soulager l’inconfort, la douleur, la détresse ou l’angoisse.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris seront agées de 10 semaines à leur arrivée au sein de l’établissement utilisateur, ce stade de développement, jeune adulte, est optimal pour des études de digestibilité des fibres et correspond aux animaux cibles de la stratégie nutritionnelle (stade adulte)