
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-08-01 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-499823)
1 500 rongeurs, 1 000 souris et 500 rats, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, la plupart tués à l’issue et soixante-quinze réutilisés en formation. Ils reçoivent des agents à tester par voie orale, sous-cutanée, intrapéritonéale ou intraveineuse afin d’établir la dose maximale tolérée, avec pesées et prélèvements sanguins quotidiens. Le porteur décrit les effets attendus de la première administration, perte de poids, posture courbée, expressions faciales de douleur, hypothermie ou diarrhée, et fixe un point limite à 20 % de perte de poids. Il affirme que les méthodes alternatives ne permettent pas de prévoir la toxicité in vivo et que la tolérance doit être « vérifiée chez le rongeur ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au niveau mondial, il a été constaté une forte augmentation de l’incidence du cancer du fait du vieillissement de la population et de facteurs environnementaux qui se dégradent. En 2020, quelque 19,3 millions de nouveaux cas de cancers ont été diagnostiqués et 10 millions de décès sont à déplorer des suites de cette maladie, selon des données publiées par le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC). Selon l’OMS, une personne sur cinq souffrira d’un cancer dans sa vie. Un homme sur huit et une femme sur onze en décèderont. Le cancer se caractérise par une dégradation pathologique des processus contrôlant la prolifération cellulaire, la différenciation et la mort programmée de certaines cellules. Tous les tissus ou organes peuvent être atteints. Bien que possédant des caractéristiques communes, différents types de cancers ont des causes très éloignées et répondent de façon extrêmement différente à un traitement. L’objectif de ce projet est d’évaluer la tolérance des animaux pour un agent thérapeutique pouvant être d’origine biologique, chimique, cellulaire, viral ou bactérien après une ou plusieurs administrations chez le rongeur. Ce projet permettra d’identifier la dose maximale après une ou plusieurs administrations qui n’engendre pas d’effet toxique chez les animaux (tolérance, Maximum Tolerated Dose, MTD) afin d’utiliser ces composés aux doses non toxiques pour d’autres expériences.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet a pour finalité d’évaluer la tolérabilité d’un traitement par un agent thérapeutique pouvant être d’origine biologique, chimique, cellulaire, viral ou bactérien après une ou plusieurs administrations chez le rongeur. Cette évaluation est critique afin de pouvoir ensuite envisager des études d’efficacité sur des modèles expérimentaux complexes (animaux porteurs de tumeurs) permettant de démontrer des preuves concepts avant d’envisager des investigations plus poussées en clinique.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront identifiés par la mise en place d’un système d’identification sous anesthésie générale (moins d’1 min, une seule fois) pouvant entrainer un stress léger. Les animaux seront randomisés pour former des groupes homogènes en poids pouvant entrainer un stress de 1-2j lié au changement de congénères (une seul fois). Les traitements peuvent être administrés aux animaux par voies : • Orale sur animaux vigiles (moins d’1 min) (max de 40 mL/kg/jour repartie en plusieurs prises / 4 prises maximum intervalle de 6h) • Sous-cutanée sur animal anesthésié (moins de 5 min) ou vigile (moins d’1 min) au niveau des flanc ou du dos (jusqu’à 10 mg/kg (rat) ou 40 mL/kg (souris) réparti sur 2-3 sites avec un maximum de 3 sites par jour) • Intrapéritonéale sur animal anesthésié (moins de 5 min) ou vigile (moins d’1 min) (jusqu’à 20 mL/kg (rat) ou 80 mL/kg (souris)), • Intraveineuse sur animal anesthésié (moins de 5 min) ou vigile (moins d’1 min) ( jusqu’à 25 mL/kg en injection lente avec, pour des volumes supérieur à 20 mL/kg, des produits chauffé à 37°C), Les animaux seront pesés et observés (moins de 5 min, tous les jours) pour détecter d’éventuelle effets secondaires. Les prélèvements sanguins, lorsqu’ils sont requis, seront effectués sous anesthésie par les méthodes recommandées les moins traumatisantes et en prélevant le volume minimum requis. Les méthodes de prélèvements sont validées par le vétérinaire : • Jugulaire (3 prélèvements par jugulaire/jours) (moins d’1 min) • Saphène (3 prélèvements par coté sur 24h) (moins d’3 min) • Queue, soit au niveau de la veine mandibulaire (2 prélèvements / 24h), (moins d’1 min) • Via un cathéter (fémorale ou jugulaire) (moins d’1 min après la pose du cathéter, moins de 5 min) Tous les prélèvements sanguins seront faits par des personnes compétentes. La fréquence des prélèvements et les volumes collectés respecteront les recommandations du comité d’éthique. Un document de référence est à disposition des concepteurs et des techniciens. Pour les prélèvements, unique ou répété, individuels d’urine et/ou de fèces, il pourra être nécessaire d’héberger individuellement les animaux en cages, sans enrichissement (max une heure). Les prélèvements de tissus et/ou d’organes seront réalisés sur animaux euthanasiés. Avant euthanasie, sous anesthésie générale profonde avec analgésie, une perfusion pourra être réalisée pour rincer les organes. Cela durera moins d’une 15 minutes avant euthanasie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Lors de l’injection pour la première fois d’un agent thérapeutique, les effets sur l’animal peuvent être : une perte de poids, un aspect corporel détérioré, une distension abdominale, une posture courbée, la texture de la fourrure altérée, une couleur des oreilles et des pattes plus pâles ou cyanosées, des expressions faciales de douleur, une respiration et des habitudes naturelles détériorées ; critères d’observation avancés : comportement provoqué anormal, déshydratation, diarrhée, hypothermie…
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux ayant fait l’objet de gestes techniques et reçu des traitements, aucune autre utilisation ne peut être envisagée. Tous les animaux inclus dans les groupes de traitement seront mis à mort à l’issue de chaque procédure (la méthode utilisée étant l’une de celles autorisées par la Directive 2010/63). Les animaux ayant reçu une administration unique et étant rester moins d’une semaine en procédure pourront être utiliser en formation.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les méthodes alternatives ne permettent pas, à ce jour, de prévoir la toxicité in vivo de potentiels candidats-médicaments, car les étapes nécessaires au développement d’un médicament pour lesquelles il est nécessaire d’étudier les interactions du médicament dans un contexte global ne peuvent pas être étudiées dans un système alternatif (in vitro par exemple). Les données in vitro sont souvent insuffisantes pour prédire les effets in vivo des molécules sur les organes. La tolérabilité réelle des meilleures molécules devra donc être vérifiée chez le rongeur.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au cours des trois prochaines années, nous prévoyons l’utilisation de 500 animaux (rats et souris) par an, soit 1500 animaux sur 3 ans répartis sur 40 études. Dans la mesure du possible, afin de limiter le nombre d’animaux inclus dans une étude, le même animal pourra recevoir des administrations uniques à doses croissantes du même composé (au minimum 72h d’élimination entre deux doses) plutôt que d’avoir recours à des animaux différents pour chaque dose. Dans le cas de recherche de toxicité aigue ou à moyen terme avec différents groupes pour différentes doses, le premier traitement des différents groupes sera décalé d’au moins 24 heures, avec un lancement initialement du groupe recevant la plus faible dose. Ainsi l’administration n’aura pas lieu pour les groupes suivants devant recevoir une dose supérieure dans le cas ou des effets secondaires immédiats ou à moyen terme ont été observés. En pratique, si 20% ou plus des animaux recevant une dose ont été euthanasiés sur point limite (perte de poids de 20% ou plus, score de 3 sur un critère, score de 2 persistant plus de 3h sur un critère, score de 2 sur au moins 3 catégories) dans les 24h suivant l’administration, le traitement à cette dose et à toute dose supérieure sera stoppé et il ne sera pas envisagé d’administrer de dose supérieure. Sur la base des expériences passées, le nombre minimum permettant d’obtenir Une réponse satisfaisante de tolérabilité se situe entre 3 à 5 animaux par groupe. L’exploration de la dose maximale tolérée se fera toujours sur un nombre entre 3 à 5 animaux par groupe. Une fois la dose déterminée le même produit pourra être utilisé dans le cadre de ce projet sur un nombre plus important d’animaux (10 au maximum) pour obtenir une puissance statistique plus grande compte tenu des analyses ex-vivo prévues et de leur variabilité.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les injections/prélèvements seront réalisées selon les standards validés par le comité éthique en termes de volume, de fréquence, d’antalgie et d’anesthésie. Tous les gestes techniques seront réalisés par des techniciens formés et dont les compétences ont été validées. Chaque animal sera observé et pesé quotidiennement et un scoring clinique sera réalisé pour détecter d’éventuels effets secondaires des traitements. La fréquence de pesée et de l’observation des animaux pourra être augmenter suivant leur état général. Les animaux présentant des signes de douleur ou de souffrance seront suivis par la structure chargée du bien-être animal. De l’enrichissement sera utilisé dans toutes les cages dès l’arrivée des animaux dans l’animalerie. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte. Dans le contexte de la première administration d’un traitement thérapeutique non testé in vivo, elles seront réalisées le matin, et les animaux sont observés en continue durant les 30 premières minutes qui suivent la première administration puis toutes les 2h pendant les 6 premières heures post-administration. Afin d’évaluer la toxicité aigüe immédiate ainsi que la toxicité à moyen terme suite à une administration unique ou répétée, les animaux seront observés et pesés quotidiennement. Les observations des signes cliniques feront l’objet de la mise en place d’un scoring clinique individuel. Les scores cliniques les plus élevés constitueront des points limites, ainsi que l’accumulation de scores intermédiaires. Les pertes de poids supérieures ou égales à 20% constitueront un point limite. Si 20% ou plus des animaux recevant une dose ont été euthanasiés sur point limite, le traitement à cette dose et à toute dose supérieure sera stoppé et il ne sera pas envisagé d’administrer de dose supérieure.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les petits rongeurs, outre l’avantage lié à leurs caractéristiques physiologiques, sont les seules espèces animales disponibles pour l’expérimentation présentant un statut immunodéprimé (avec des mutations spontanées ou génétiquement modifiées) indispensable à l’implantation de cellules tumorales humaines (modèles xénogéniques) dans le cadre de la recherche en oncologie. De plus, diverses souches de souris et rats immunocompétents sont également disponibles pour l’établissement de modèles tumoraux syngéniques. Les rats et les souris autorisent une variété de techniques d’administration, de prélèvement et de chirurgie présentant des analogies avec ce qui peut être réalisé en recherche clinique sur l’homme. Les animaux seront utilisés à partir de l’âge de 6 semaines afin que leur morphologie supporte mieux les effets secondaires des composés testés.