
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 30/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-504200)
Un carré de peau prélevé sur le flanc d’un porc donneur est greffé à un porc receveur pour le sensibiliser, et quatorze jours plus tard le foie du donneur lui est transplanté par ouverture de l’abdomen. 52 porcs, 26 donneurs et 26 receveurs, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère, l’intervention de transplantation durant deux heures trente. Les receveurs subissent ensuite des prélèvements de sang quotidiens pendant sept jours puis hebdomadaires, et jusqu’à huit d’entre eux une biopsie du foie sous anesthésie générale au trentième jour. Les donneurs sont tués immédiatement après le prélèvement de leur foie, les receveurs au plus tard quatre-vingt-dix jours après leur réveil, pour des prélèvements post-mortem.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
A l’heure actuelle, la transplantation d’organes est limitée par l’utilisation d’une immunosuppression à vie (pour éviter les rejets de greffe) ce qui entraîne de nombreux effets indésirables parfois mortels tels qu’une plus grande susceptibilité aux infections, une fréquence accrue de maladies cardiovasculaires, et certaines formes de cancers. Le présent projet a été proposé pour explorer l’effet d’un traitement par nanoparticules pour induire une tolérance de l’organe transplanté afin d’éviter le rejet sans utiliser d’immunosuppresseur au long cours. Il s’agit ainsi dans un premier objectif d’évaluer un nouveau type de nanoparticules (nanoparticules d’oxyde de fer recouvertes de protéines capables de se lier à certains globules blancs) comme candidat médicament pour bloquer la réaction immune de rejet et induire la tolérance du greffon hépatique chez le modèle porcin. Ce projet a comme second objectif d’observer le bon fonctionnement des nanoparticules en recherchant la formation de cellules spécifiques du système immunitaire sous la forme de globules blancs aux propriétés anti-inflammatoires.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Il n’est pas possible actuellement de réaliser une greffe d’organe sans avoir recours à un traitement immunosuppresseur à vie. S’il s’avère efficace dans l’induction d’une tolérance durable, le traitement par nanoparticules faisant l’objet de ce projet pourrait transformer les suites à long terme de la greffe d’organes en supprimant les nombreux effets indésirables parfois mortels des immunosuppresseurs.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chez les animaux donneurs, sous anesthésie générale, prélèvement d’un carré de peau sur le flanc droit qui sera greffé au receveur pour le sensibiliser, puis 14 jours plus tard prélèvement du foie par laparotomie (incision de l’abdomen) qui sera greffé au receveur. Deux interventions (30 minutes et 1 heure). Chez les animaux receveurs, sous anesthésie générale, greffe du carré de peau prélevé sur le donneur. Ceci aura pour effet de sensibiliser le receveur à son donneur et favoriser la réaction de rejet. 14 jours plus tard, transplantation hépatique par laparotomie. Deux interventions (30 minutes et 2 heures 30 minutes). Des échantillons de sang de 5 mL environ seront prélevés après la procédure, puis tous les jours pendant 7 jours, via un cathéter spécifiquement mis en place afin d’éviter de multiplier les piqûres, une fois par semaine jusqu’au terme de la période de suivi. Chez 8 receveurs au maximum, une biopsie hépatique sous anesthésie générale sera réalisée en cours de suivi (30 jours). En fin de période d’observation, biopsie du greffon par laparotomie sous anesthésie générale avant euthanasie par surdose d’anesthésique (30 minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Douleur modérée post-opératoire (laparotomie). Toxicité éventuelle du produit injecté pouvant induire un stress physique (les nombreuses études sur modèle murin utilisant ces nanoparticules aussi bien que des composés similaires n’ont mis en évidence aucun effet secondaire local ou systémique ; aucun effet de l’injection n’est donc attendu sur modèle porcin, d’autant plus qu’un précédent projet sur cette espèce n’a mis en évidence aucun effet secondaire du produit, mais dans l’hypothèse où cela se produirait, les points limites décrits par ailleurs seront respectés). Stress psychosocial léger du fait de l’hébergement initial en cages individuelles (même si les animaux ont toujours des contacts avec les congénères voisins).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort soit immédiatement après chirurgie de prélèvement hépatique sous anesthésie générale (animaux donneurs de foie, N=26), soit 90 jours maximum après le réveil post-transplantation (animaux receveurs, N=26) afin de pratiquer des prélèvements post-mortem à des fins d’analyses biologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les objectifs de ce projet sont d’une part d’évaluer l’effet thérapeutique in vivo d’un candidat médicament, et d’autre part de confirmer le mécanisme d’action de ce médicament au travers d’un modèle de transplantation hépatique. Le mécanisme d’action a déjà été montré expérimentalement dans un modèle in vitro. Avant d’envisager des études cliniques chez l’humain ce nouveau traitement doit impérativement être testé et montrer une efficacité sur un modèle in vivo pertinent. Le porc est l’animal de référence pour l’expérimentation médicale sur les greffes d’organes ; en effet son système digestif, son anatomie et sa physiologie générale sont proches de ceux de l’humain.
2. Réduction
Nous avons décidé d’inclure un nombre raisonnable d’animaux nécessaires pour obtenir une puissance statistique suffisante pour observer une différence significative entre les groupes expérimentaux en matière de rejet aigu ainsi que pour pallier d’éventuels imprévus (N=13 par groupe au total). Les différences entre les groupes seront analysées à l’aide de statistiques descriptives et de tests statistiques spécifiques à ce type d’étude. Chaque animal receveur sera associé à un animal donneur de même sexe. Les donneurs ne pourront pas servir à leur tour de receveur dans une optique de réduction car le foie doit être prélevé largement avec des vaisseaux les plus longs possibles empêchant la survie du donneur et l’implantation d’un foie en lieu et place de celui prélevé. De même, le foie explanté chez le receveur ne peut pas servir de greffon car les vaisseaux sont laissés les plus longs possible du côté du receveur pour permettre l’implantation du greffon.
3. Raffinement
Les techniques d’anesthésie et de chirurgie employées utilisent des appareillages de pointe et seront réalisées par des chirurgiens spécialistes de la transplantation hépatique chez l’humain, avec l’aide de personnels compétents en anesthésie et analgésie porcine. Le suivi et l’analgésie post-opératoires des animaux seront effectués par des personnels compétents de manière à réduire la douleur et la souffrance des animaux. Toutes les interventions chirurgicales seront réalisées sous anesthésie générale et respecteront la charte nationale d’éthique sur l’expérimentation animale. Une prise en charge de la douleur per- et post-opératoire sera effectuée avec un traitement analgésique adapté à l’espèce et aux procédures. Des points limites précis ont été établis et une grille optimisée pour l’évaluation de la douleur et du bien-être animal sera utilisée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le porc est le modèle gros animal de référence pour l’expérimentation médicale sur les greffes d’organes. Son système digestif, son anatomie et sa physiologie générales sont proches de ceux de l’humain. Des porcs en croissance (30-40 kg) seront utilisés ca modèles porcins publiés dans le domaine de la transplantation et de la conservation des organes l’ont été sur ce type d’animaux.r les modèles porcins publiés en ischémie et transplantation hépatique l’ont été sur ce type d’animaux.