
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/11/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-527858)
Nées de mères gavées avec un mélange de quatre composés perfluorés pendant la gestation et la lactation, les souris de ce projet sont suivies jusqu’à l’âge de six mois. 384 vont être utilisées, toutes tuées pour prélever le foie et le tissu adipeux, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chacune est marquée par poinçonnage de l’oreille, gavée, puis soumise à des prélèvements sanguins lors des tests de tolérance au glucose, à trois mois, à six mois et avant la mise à mort. Le porteur affirme n’attendre « pas de nuisances particulières » aux doses retenues, et présente comme une « réduction très importante » du nombre d’animaux le fait d’administrer les quatre polluants en mélange plutôt qu’un par un.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les composés alkyl perfluorés (PFAS) sont des substances chimiques synthétiques utilisées depuis la fin des années 40 dans une large gamme de produits industriels et de biens de consommation courants. Leur résistance à la biodégradation est responsable de leur persistance dans l’environnement. L’exposition humaine aux PFAS a ainsi lieu via l’eau potable, l’alimentation, les produits de consommation, la poussière et l’air. Les PFAS persistent dans l’environnement, peuvent s’accumuler dans le corps humain et altérer le métabolisme et la reproduction. L’exposition aux PFAS est associée à des perturbations métaboliques comme l’accumulation de gras dans le foie, une pathologie en constante augmentation et pour laquelle il n’existe pas de traitement. Le récepteur nucléaire CAR est particulièrement pertinent à étudier l’effet des PFAS puisqu’il régule à la fois le métabolisme et la détoxification. L’objectif de ce projet est d’évaluer le rôle du récepteur CAR dans les effets induits par les PFAS sur le développement de troubles métaboliques hépatiques. Des souris de type sauvage ou n’exprimant pas CAR dans tout l’organisme ou uniquement au niveau hépatique seront exposées à 4 perfluorés pendant la gestation et la lactation à des doses représentatives de l’exposition humaine. Les effets métaboliques sont évalués sur la descendance mâle et femelle.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ces données permettront d’évaluer l’impact d’une exposition pendant la gestation et la lactation à un mélange de 4 PFAS correspondant à ceux auxquels nous sommes le plus exposés sur le développement de troubles métaboliques chez les descendants. L’utilisation de descendants mâles et femelles permettra de mettre en évidence une éventuelle différence d’effets entre males et femelles. Les effets évalués porteront sur des dérégulations du métabolisme glucidique (tests de tolérance au glucose) et du métabolisme lipidique (stéatose hépatique et dérégulation de voies métaboliques ).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Le génotypage des souris est réalisé par prélèvement d’un poinçon à l’oreille au moment du marquage des souris. Un gavage d’eau ou de mélange de PFAS est réalisé en début d’exposition (durée 30 secondes), un prélèvement de sang est envisagé au cours des tests de tolérance au glucose (durée 1min). Un prélèvement de sang à la veine faciale submandibulaire est envisagé à 3 mois, à 6 mois et avant l’euthanasie (durée 30 secondes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Nous n’attendons pas de nuisances particulières chez les animaux exposés aux doses que nous avons sélectionnées pour ces 4 PFAS. Une douleur est associée aux prélèvements de sang pendant le test de tolérance au glucose et précédent la mise à mort. Un stress est généré par la manipulation et la contention des souris. Une douleur légère de courte durée est provoquée par le poiçonnage à l’oreille qui permet le marquage des animaux et la récupération du poiçon pour le génotypage.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de l’étude afin de préveler le foie et le tissu adipeux pour le besoin de l’étude
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce type d’étude ne peut être réalisé sur modèles cellulaires qui ne permettent pas de traiter l’aspect exposition pendant la gestation et la lactation. L’utilisation d’animaux permet par ailleurs d’avoir une approche physiologique qui permet d’évaluer tous les troubles métaboliques qui découlent de l’exposition.
2. Réduction
Une réduction très importante du nombre d’animaux sera permise par l’utilisation d’une approche cocktail pour l’administration des PFAS en mélange. En effet, cette approche permettra de réduire le nombre de lots d’animaux en évitant l’administration des PFAS seul à seul.
3. Raffinement
La mise en place de maisonnettes en inox permet aux animaux de s’isoler au besoin. Des matérieux de nidification comme du papier déchiqueté sont ajoutés. Les animaux sont observés quotidiennement par les zootechniciens et/ou les expérimentateurs. Les animaux seront habitués à la préhension par les zootechniciens. Un anesthésique local (crème de lidocaïne) est prévue pour les prélèvements de sang pendant le test de tolérance au glucose. En cas d’atteinte d’un des points limites établis, l’animal sera retiré de l’étude et euthanasié si des soins curatifs ne peuvent lui être appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utiliserons pour ce projet des souris C57BL6/J qui sont particulièrement adaptées pour les études de perturbations métaboliques. Ce fond génétique nous permet d’utiliser des souris invalidées pour le récepteur nucléaire CAR au niveau du foie ou de tous les organes afin de mieux évaluer son rôle dans les perturbations métaboliques induites par l’exposition aux PFAS. Des souris femelles adultes seront exposées aux PFAS en début de gestation et jusqu’au sevrage des animaux. Afin de voir l’effet de cette exposition sur la descendance mâle et femelle à l’âge adulte, les souriceaux seront suivis jusqu’à l’âge de 6 mois.