
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/02/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-533806)
564 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. La maladie de Sjögren leur est induite, puis elles subissent des injections intrapéritonéales cinq jours de suite, des anesthésies générales répétées pour mesurer la production de salive sur un suivi allant jusqu’à dix mois, et un génotypage par poinçon d’oreille. Le porteur indique que l’induction peut provoquer une sécheresse oculaire et des signes de kératite, et prévoit un prélèvement d’organes terminal. Il affirme que les modèles in vitro ne capturent pas la complexité des interactions cellulaires et justifie par là le recours aux animaux.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le syndrome de Sjögren (SS) est une maladie auto-immune complexe et chronique qui se caractérise par une inflammation des glandes salivaires et lacrymales, conduisant à une sécheresse notable de la bouche et des yeux. Bien que cette affection ne soit généralement pas mortelle, elle peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie des patients en raison des symptômes persistants tels que la sensation de sécheresse, les problèmes oculaires, la fatigue et les douleurs articulaires. Les recherches actuelles, à la fois basées sur nos propres données et la littérature existante, soulignent de manière convaincante l’implication du système immunitaire dans la pathogenèse du syndrome de Sjögren. Il semble que des dysfonctionnements du système immunitaire puissent entraîner des attaques contre les glandes salivaires et lacrymales, provoquant des lésions et compromettant ainsi la production de salive et de larmes. Cette perturbation du fonctionnement des glandes exocrines contribue directement aux symptômes caractéristiques du SS. Dans le cadre de nos objectifs de recherche, nous nous efforçons de mieux comprendre le rôle spécifique du système immunitaire dans le déclenchement et le développement du syndrome de Sjögren.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
À court terme, notre objectif principal est d’approfondir notre compréhension des mécanismes immunologiques sous-jacents au syndrome de Sjögren (SS). En analysant de manière approfondie les réponses immunitaires spécifiques liées aux lésions des glandes salivaires et lacrymales, nous cherchons à élucider les détails moléculaires et cellulaires qui déclenchent et perpétuent cette maladie auto-immune. Cette compréhension approfondie à court terme devrait nous permettre d’identifier de manière plus précise les points faibles du système immunitaire impliqués dans le SS. Ces informations sont cruciales pour orienter nos efforts vers le développement de nouvelles cibles thérapeutiques. En ciblant spécifiquement les mécanismes responsables des lésions glandulaires, nous pourrions concevoir des interventions plus précises et efficaces pour moduler la réponse immunitaire et atténuer les symptômes du SS. À moyen et long terme, notre objectif évoluera vers l’amélioration de la prise en charge et du suivi clinique des patients atteints du syndrome de Sjögren. En utilisant les connaissances acquises sur les mécanismes immunologiques, nous chercherons à développer des outils diagnostiques plus précis et des marqueurs biologiques permettant de surveiller l’évolution de la maladie au fil du temps.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les interventions possibles incluent des injections intraperitoneales de molecules pendant 5 jours consécutifs, réalisées sous anesthésie locale, avec une durée de moins de 5 minutes par animal. Le suivi à long terme de la maladie s’étend jusqu’à 10 mois, avec une évaluation à court terme (12 semaines) et moyen terme (24 – 30 semaines) de l’homéostasie immunitaire dans les glandes salivaires, impliquant des souris sous anesthésie générale par voie gazeuse, sans réveil et de la production de salive (une fois/mois – pour 15 minutes) sous anesthésie générale par voie gazeuse et par voie intrapéritonéale. Une partie des souris sera genotypée par poinçon d’oreille vers 3 semaines d’age.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les injections induisent une douleur légère de courte durée limitée par l’application d’un anesthésique local. La contention nécessaire pour effectuer l’injection induit un stress de courte durée. L’induction de l’anesthésie nécessite une légère contention de l’animal pour le placer dans une cage d’induction et n’induit pas de douleur hormis un léger stress de courte durée. L’induction de la maladie pourrait aboutir à de la sécheresse oculaire et signes de kératite comme observé chez l’homme. Le suivi attentif des réponses comportementales et physiologiques permettra de s’assurer que les souris récupèrent de manière optimale après chaque procédure, contribuant ainsi à leur confort global. Les souris genotypées par poinçon d’oreille peuvent avoir une douleur légère de courte durée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Euthanasies pour prélèvement d’organes à l’issue de la procédure pour des études de biologie moléculaire
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation de modèles animaux dans l’étude du Syndrome de Sjögren est nécessaire pour reproduire au mieux ce syndrome. Cette maladie implique une dysfonction des glandes salivaires et lacrymales, qui ne peut être pleinement appréciée qu’en observant les interactions complexes entre différents types de cellules dans leur environnement tissulaire. Des resultats in vitro ont montrés que les cellules epitheliales des glandes salivaires jouent un rôle cles dans la maladie. Cependant, les modèles in vitro ne capturent pas la complexité et la dynamique de ces interactions cellulaires dans un environnement physiologiquement pertinent.
2. Réduction
Le nombre maximal d’animaux pour ce projet a été déterminé en prenant en considération la distribution théorique présente dans les données bibliographiques et les test statistiques. Ce nombre limité est crucial pour parvenir à des conclusions quant à l’efficacité d’un traitement. L’évaluation de l’effet du traitement sera effectuée à chaque étape à l’aide de tests statistiques. Avant chaque phase, un calcul de l’effectif sera réalisé pour ajuster et réduire le nombre d’animaux nécessaires dans la mesure du possible. De plus, lorsque les procédures le permettront, des évaluations non invasives seront privilégiées tout au long du projet pour améliorer le bien-être des animaux et éviter toute euthanasie inutile. Ainsi, Le calcul du nombre (n) d’animaux prévoit l’utilisation de 7 animaux par groupe.
3. Raffinement
Les conditions d’hébergement seront appropriés pour réduire la douleur, le stress, l’angoisse ou les dommages durables que pourraient ressentir les animaux : hébergés dans une pièce respectant le cycle nycthéméral et une température maintenue à 22°C, dans des cages adaptées à l’animal et à sa taille enrichies avec des copeaux de bois, des tunnels en carton, des bâtons de bois à ronger et des cotons pour nidifier, et avec un accès à la nourriture et à l’eau libre Les animaux seront observés quotidiennement par les membres qualifiés de l’animalerie et par les personnes en charge de l’étude. Les points limites et les critères d’arrêt précoces de souffrance qui ont été définis seront strictement appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris présentent des caractéristiques physiologiques, anatomiques et métaboliques largement documentées dans la littérature scientifique. Cette connaissance approfondie facilite davantage l’extrapolation des effets sur la glande salivaire à l’homme. De plus, les modèles expérimentaux de cette pathologie, largement utilisés et décrits dans la littérature spécialisée, sont basés sur ces espèces. Les souris ont été choisies pour ce projet en raison de leurs particularités anatomiques et physiologiques, visant à accroître les chances de réussite du projet. Les souris incluses dans l’étude seront âgées de 3 à 6 mois ou de 8 à 10 semaines, conformément aux publications de référence qui soustendent les modèles et qui définissent le moment de l’induction de la maladie chez ces animaux.