Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le tissu musculaire squelettique est affecté par diverses maladies. Souvent, les maladies musculaires touchent une zone spécifique de la cellule musculaire, qui est naturellement multinucléée et de forme allongée. Nous nous intéressons en particulier à des domaines fonctionnels spécialisés tels que la jonction entre le muscle et le tendon appelée jonction myotendineuse, ainsi que la jonction entre le neurone et le muscle appelée jonction neuromusculaire. Pour mieux comprendre les maladies musculaires et trouver des thérapies, il est essentiel de pouvoir manipuler génétiquement uniquement le type de noyau voulu à l’intérieur de la cellule musculaire de l’une ou de l’autre de ces jonctions. Cependant, les lignées de souris existantes dans la recherche sur les muscles concernent toujours tous les noyaux musculaires. Ce projet tente de développer et de valider des lignées de souris génétiquement modifiées innovantes qui nous permettront une manipulation spécifique des noyaux musculaires au centre, jonction neuromusculaire, ou aux extrémités des cellules, jonction myotendineuse. Ces lignées nous permettront de pouvoir étudier, dans de futurs projets, le rôle des protéines exprimées à ces endroits stratégiques de la cellule musculaire et leur implication dans des maladies musculaires.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les techniques de manipulation génétiques actuellement disponibles pour la recherche sur le muscle touchent tous les noyaux musculaires. Cependant, certaines activités et maladies musculaires ne concernent que des parties spécifiques du muscle comme la jonction myotendineuse ou la jonction neuromusculaire. C’est pourquoi notre projet développe de nouvelles lignées de souris génétiquement modifiées qui nous permettront d’étudier les cellules musculaires avec une plus grande précision.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux recevront 2 injections intrapéritonéales, qui ne dureront que quelques secondes chacune, à 4 jours d’intervalle puis seront soumis à un changement d’alimentation, d’une alimentation normale à une alimentation contenant la molécule à administrer pendant une période de 1 semaine à 2 mois puis retrouveront une alimentation normale.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Le traitement administré n’est pas nocif aux quantités qui seront administrées et ingérées sur les différentes périodes. L’administration du traitement, même sur la période la plus longue, ne fera apparaître aucun phénotype. Le changement d’aliment, normal vs traitement, peut induire une perte de poids de 10% au maximum au début du traitement en raison d’une néophobie alimentaire connue chez la souris.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Pour parvenir à des conclusions scientifiques solides avec le nombre minimal d’animaux utilisés, à la fin de la procédure nous mettrons à mort tous les animaux puis nous collecterons tous les échantillons musculaires pertinents. Par conséquent, nous ne réutiliserons pas, ne remplaçons pas et ne ferons pas adopter les animaux.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Bien qu’il soit possible de différencier les cellules musculaires in vitro, ces cellules ne contiennent ni les jonctions neuromusculaires ni les jonctions myotendineuses, et sont toujours immatures. Cet aspect de la biologie musculaire ne peut donc pas être étudié dans des modèles de culture cellulaire.

2. Réduction

3R / Réduction :

Pour minimiser le nombre d’animaux utilisés, nous testerons d’abord la durée la plus longue d’administration du traitement pour nous assurer que le traitement fonctionne dans la condition la plus extrême. Ensuite, nous testerons progressivement des durées d’administration plus courtes pour trouver la condition la plus efficace avec la durée d’administration la plus courte. Nous arrêterons le projet à la 1ère durée d’administration qui ne marchera plus (sans effet de la molécule). Les durées d’administration plus courte ne seront donc pas testées. Nous utiliserons 5 souris/groupe, ce qui est statistiquement suffisant pour parvenir à une conclusion, car l’analyse qui sera réalisé est de type « on/off ». Nous considèrerons que le traitement fonctionne uniquement si nous avons 100% des animaux chez qui il fonctionne, soit 5 animaux sur 5.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Ce projet ne devrait provoquer aucune souffrance ou douleur supérieure à l’introduction d’une aiguille, pour l’animal. A partir du début du traitement, les animaux seront observés plusieurs fois par semaines. Le suivi comprend l’observation du comportement général (perte de poids, apathie, yeux fermés), l’interaction avec les congénères, les déplacements et l’intérêt pour la nourriture et la boisson. La nourriture et l’eau de boisson sont en accès libre et à volonté y compris pendant le traitement. Un tunnel et un carré de cellulose seront placés dans chaque cage. Le tunnel sera utilisé pour tous les déplacements d’animaux. Nous n’attendons pas l’apparition de phénotype particuliers, de souffrance ou de douleur, ni une perte de poids supérieure à 10 % suite au passage de l’aliment normal à l’aliment contenant la molécule à administrer. Toutefois si au cours de notre projet, un signe d’inconfort ou de douleur venait à apparaître, il serait alors pris en charge par des mesures appropriées en fonction de son niveau, ou par la mise à mort prématurée des animaux concernés en cas d’atteinte de point limite (perte de poids). Les animaux seront pesés lors des 2 injections intrapéritonéales, le poids de la 1ère pesée servira de référence. Ils seront ensuite pesés 2 fois/semaine, en début et en fin de semaine, pour s’assurer qu’ils ne perdent pas de poids. L’observation visuelle régulière du comportement général des animaux permettra également de mettre en évidence une perte de poids rapide. Si une perte de poids égale ou supérieure à 20% par rapport au poids initial devait être constaté alors l’animal serait immédiatement mis à mort.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les lignées modifiées génétiquement pour cibler la jonction neuromusculaire et la jonction myotendineuse que nous avons construits, sont créés chez la souris, sur la base d’études antérieures de l’équipe de l’expression des gènes réalisées sur des muscles de souris n’ayant subi aucune procédure. Ces manipulations génétiques utilisées depuis longtemps sont maîtrisées chez la souris. Le modèle murin est donc le plus approprié. Les souris commenceront à recevoir le traitement à partir de l’âge de 10 semaines, car les muscles sont considérés comme pleinement matures à partir de ce moment-là.