
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/11/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-628973)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Notre projet de recherche a pour but de tester un nouveau traitement contre la forme infantile de la maladie de Pompe, une maladie génétique rare qui touche les muscles et le système nerveux. Cette maladie empêche l’organisme d’éliminer correctement un type de sucre, entraînant une faiblesse musculaire sévère ainsi que des problèmes cardiaques, respiratoires, musculaires et cognitifs. Sans traitement, l’espérance de vie des bébés atteints est inférieure à un an. Aujourd’hui, un traitement existe : il s’agit d’une thérapie enzymatique qui aide à ralentir la progression de la maladie. Malheureusement, ce traitement n’est pas parfait : il ne fonctionne pas pour tous les enfants, son efficacité diminue avec le temps et il ne permet pas de protéger le cerveau. Notre objectif est donc de développer une nouvelle approche plus efficace grâce à la thérapie génique. La thérapie génique est une technique qui consiste à introduire un gène sain dans les cellules d’un patient pour corriger ou compenser un gène défectueux responsable de la maladie. Nous avons déjà mis au point des vecteurs capables de mieux cibler les muscles et le cerveau, mais nous devons encore vérifier leur efficacité sur un modèle plus proche de la forme infantile de la maladie. Dans cette étude, nous allons évaluer nos deux meilleurs candidats pour déterminer lequel permet de mieux éliminer l’accumulation de sucre dans les cellules. Nous chercherons également à identifier la plus petite dose efficace et à vérifier si le traitement reste actif sur le long terme. Nos travaux pourraient permettre, à l’avenir, d’offrir aux enfants atteints de cette maladie une prise en charge plus efficace et durable, afin d’améliorer leur espérance de vie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet a pour but de tester un nouveau traitement contre la forme infantile de la maladie de Pompe, une maladie génétique rare et très grave. Sans prise en charge, les enfants atteints ne survivent souvent pas au-delà de leur première année. Le traitement actuellement disponible, bien qu’il permette d’allonger l’espérance de vie, nécessite des injections répétées (toutes les deux semaines), est très coûteux et voit son efficacité diminuer avec le temps. Malgré cela, l’espérance de vie reste en moyenne autour de 7 ans, avec une qualité de vie fortement altérée. Grâce aux progrès de la thérapie génique, nous espérons qu’une seule injection suffira à corriger durablement la maladie. Le traitement que nous développons cible les muscles, le cœur et les poumons, mais aussi le cerveau, afin de prévenir les complications respiratoires, motrices et cognitives. Les résultats obtenus jusqu’à présent sont très encourageants. Ce nouveau projet nous permettra de tester cette approche sur un modèle plus représentatif des enfants malades, dans l’espoir d’apporter une solution plus efficace et durable, pour leur offrir une vie plus longue et de meilleure qualité.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous recevront une injection unique (moins de deux minutes). Une prise de sang mensuelle sera réalisée sur chaque animal (moins de deux minutes), la durée des études variant entre 3 et 18 mois. Des tests fonctionnels seront effectués tous les trois mois (moins de trois minutes par test, et jusqu’à 30 minutes pour les études cardiaques et respiratoires). Enfin, tous les animaux seront mis à mort (moins de deux minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Nuisances modérées liées au développement de la maladie de Pompe (uniquement chez les souris non traitées) : Faiblesse musculaire à partir de 4 mois (cambrure convexe de la colonne vertébrale, léger écartement des membres postérieurs, dandinement lors de la marche). Nuisances légères liées aux gestes expérimentaux : Pesée : stress lié à la manipulation. Injection : stress lié à la contention et douleur liée à la piqûre. Prélèvements sanguins : stress lié à la manipulation et douleur liée à la piqûre. Tests d’évaluation fonctionnelle : stress lié à la manipulation + fatigue physique suite aux test d’efforts. Mise à mort : stress lié à la manipulation et douleur liée à la piqûre.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort. Des prélèvements de différents tissus (cœur, muscles, cerveau, etc.) seront réalisés afin de mesurer la quantité de sucre présente dans ces tissus, indicateur de l’évolution de la maladie, ainsi que la présence de notre médicament.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les différents éléments composant le candidat thérapeutique ont été préalablement testés sur des cellules musculaires humaines et murines, ce qui a permis de réaliser un premier tri des candidats les moins fonctionnels. Néanmoins, le modèle animal reste indispensable, car l’étude de certains paramètres physiopathologiques requiert un organisme vivant entier. Cela inclut : la correction des symptômes principaux (normalisation de la taille du cœur, réduction du taux de sucre dans l’ensemble des organes, restauration de la force musculaire), l’évaluation des réactions immunitaires, ainsi que la capacité du produit thérapeutique à traverser la barrière hémato-encéphalique pour atteindre le cerveau.
2. Réduction
Les candidats médicaments que nous testerons ont été préalablement validés sur des modèles cellulaires. Le nombre d’animaux utilisés sera réduit au strict minimum nécessaire pour obtenir des résultats scientifiquement et statistiquement fiables. Pour garantir cela, nous avons appliqué une approche statistique rigoureuse. Les résultats de ces calculs montrent que 6 souris par groupe, en fonction des procédures et des paramètres biologiques mesurés pour répondre à la problématique posée, sont nécessaires dans le cadre de ce projet.
3. Raffinement
Une période d’acclimatation d’environ une semaine sera réalisée avant l’inclusion des souris dans les procédures expérimentales (PE), afin qu’elles s’adaptent à leur nouvel environnement. Pour les PE impliquant des souris non sevrées, les mères gestantes seront transférées en zone d’expérimentation afin de s’habituer aux nouvelles conditions avant la naissance des petits. Les prélèvements sanguins seront effectués sur des souris préalablement anesthésiées. Points limites du modèle : Les souris malades développent une myopathie progressive (dos arqué, légère atrophie des muscles du dos, écartement fréquent des membres postérieurs), dont les premiers signes cliniques apparaissent généralement à partir de 6 mois. Dès l’apparition des symptômes légers, des mesures seront mises en place pour limiter les efforts musculaires, notamment en plaçant l’alimentation au sol. Des observations et une pesée bihebdomadaire seront réalisées, et si une perte de poids supérieure à 10 % est constatée, du DietGel sera ajouté dans la cage. Si la perte de poids devient excessive (>20 %) ou si des symptômes sévères apparaissent, la souris sera mise à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin de la maladie de Pompe constitue un outil précieux pour évaluer l’efficacité thérapeutique d’un produit, car il reproduit des caractéristiques similaires à celles observées chez l’humain : même déficit enzymatique en GAA, accumulation pathologique de sucre dans les muscles, le cœur et le système nerveux, diminution de la force musculaire, et possibilité de développer une réaction immunitaire. La littérature démontre qu’il est possible de corriger ces symptômes grâce à la thérapie génique, bien que des optimisations importantes soient encore nécessaires pour traiter les patients les plus jeunes. Dans ce projet, nous testerons nos candidats thérapeutiques dans différents contextes : – chez des nouveau-nés, afin d’évaluer l’efficacité du médicament dans un organisme non mature, en croissance ; – chez des souris adultes âgées, dont les symptômes sont plus sévères et reflètent davantage ceux observés chez les patients infantiles (atteintes cardiaques, respiratoires, musculaires et cognitives).