
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/07/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-568630)
Vingt-quatre naissances par mois pendant cinq ans, soit 1 440 souris produites par quatre cages d’accouplement maintenues en continu : cet élevage transmet à la moitié des animaux, 720 individus, un transgène qui leur fait développer spontanément des tumeurs mammaires. Les procédures sont déclarées d’un niveau de souffrance léger, ce qui couvre la biopsie de queue avant quatorze jours et la goutte de sang prélevée par poinçon de joue à trente jours, sans couvrir le développement tumoral lui-même, que le porteur décrit comme pouvant provoquer douleurs, dégradation physique et mort. La tumeur est palpée puis mesurée une fois par semaine à partir de cinq mois, et l’animal est tué lorsqu’elle atteint un centimètre cube. Les animaux non tués rejoignent d’autres projets en utilisation continue, 144 environ étant tués parce que leur génotype ne convient à aucun protocole ou parce qu’ils ont fini de reproduire, et le porteur affirme que les souris transgéniques sont « l’unique moyen » de suivre les cellules qui l’intéressent dans un « organisme entier ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le programme de travail repose sur l’observation fondamentale que les cellules myéloïdes, une population du système immunitaire, sont impliquées dans le développement tumoral et la résistance aux thérapies anti-cancéreuses. L’étude de l’impact des thérapies conventionnelles ainsi que les nouvelles immunothérapies sur ces populations de macrophages sont nécessaires pour comprendre comment ces populations interviennent dans les résistances à ces thérapies et donc à la rechute tumorale. La complexité des interactions cellulaires intervenant dans ces processus nécessite l’utilisation de modèles animaux developpant des cancers de manière relativement controlée mais le plus proche de ce que l’on peut observer chez l’homme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le cancer du sein touche plus de 2 millions de femmes dans le monde avec 670.000 décès recensés en 2022. Il touche les femmes sans distinction d’âge et représente donc un enjeu de santé publique majeur. Le besoin de recherche scientifique sur ce cancer est nécessaire. Comprendre le rôle des macrophages dans le developement des cancers et la resistance aux thérapie anti-cancéreuses (radiothérapie, chimiothérapie, immunothérapies) est capitale. Ces thérapies sont actuellement les seules armes que nous possédons pour traiter les patients et pourtant dans encore trop de cas ces thérapies ne font que prolonger la durée de vie et souffrent d’effet secondaires très lourds. Le modèle de souris utilisé est un modèle qui reproduit de façon relativement fidèle, les différents stades de cancer du sein que l’on peut observer chez l’homme. C’est donc un modèle très utile pour tester et developper de nouvelles approches thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
En raison du developpement pontanée de tumeur de nos modèles transgéniques, nous réaliserons un suivi de croissance tumorale par palpation puis avec pied à coulisse sur animal vigile 1 fois par semaine à partir de 5 mois d’àge : 1min par animal pour mesure de la masse tumorale. Pour assurer l’identification génétique de nos animaux, les animaux subiront une biopsie au niveau de la queue avant 14 jours d’âge – 1 min par animal et un prelevement de sang 1 goutte par poinçon de joue à 30 jours d’âge – 2min par animal sur animal vigile.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux subiront une biopsie de l’extrémité de la queue et un prélèvement de sang (quelques gouttes) pour génotypage. Ces gestes peuvent engendrer des douleurs légères de courte durée et un stress chez l’animal. Les prélèvements sanguins peuvent également provoquer un hématome dans de rare cas. Les effets indésirables pouvant survenir chez les animaux sont majoritairement liés à l’apparition spontanée de tumeurs mammaires. Les animaux vont alors subir le développement d’une ou plusieurs tumeurs pouvant amener à la dégradation de la condition physique, du stress, des douleurs et un developpement tumoral pouvant provoquer la mort.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux produit par cet elevage seront utilisés dans le cadre de projet en cours et futurs dans le cadre d’une utilisation continue. Dans quelques cas (animaux du mauvais génotype ne pouvant pas être inclus dans un autre projet de recherche et anciens reproducteurs), les animaux seront euthanasiés. Evalué à 10 pourcent soit 144 animaux
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le modèle animal de cancer du sein permet d’apprehender la complexité des interactions entre les macrophages et l’environnement tumoral en réponse aux thérapies. L’utilisation d’animaux est donc nécessaire. Cependant nous utilisons dans certains cas ce modèle pour des expériences de cocultures in vitro des cellules tumorales, permettant de tester plusieurs conditions à partir d’un seul animal.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux générés dans cet elevage, nous faisons particulièrement attention aux génotypes des parents afin qu’un maximum des descendants ait le bon genotype. Nous controlons le nombre de couple afin de ne pas générer d’excédent de stock. Les animaux dont le genotype ne correspond pas sont dans la plupart des cas utilisés dans le cadre d’autres projets déclarés afin de ne pas produire d’animaux inutilement. Cette utilisation rentre dans le cadre d’une utilisation continue. Dans l’ensemble 4 cages d’accouplement sont maintenues en continue. A raison d’une porté de 6 par mois, ceci represente au mieux 24 animaux par mois soit sur 5 ans un elevage de 1440 animaux. La présence du transgène chez la femelle induit un phénotype dommageable amplifié par la gestation et donc l’atteinte des points limites (taille de tumeur) ne permet pas d’aboutir jusqu’à la délivrance et sevrage de la descendance. Ainsi, les accouplements se feront uniquement avec des males heterozygote pour le transgène au phenotype dommageable, le genotype dommageable ne touchera que 720 animaux sur 5 ans.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés conformément à la réglementation avec température et hygrométrie contrôlée, cycle jour/nuit 12/12, avec au maximum 6 animaux par cages. Chaque cage contient au moins deux éléments d’enrichissement : nid en carton et bâton à ronger. La surveillance quotidienne du bien-être animal est prise en charge par un personnel dédié au soin et à l’expérimentation. Ce modèle tumoral est sans risque infectieux. Nous mettons en place un point limite et la surveillance de ces derniers dont les critères limite considérablement l’emergence de signe de souffrance liés au developement de la tumeur. En effet, un suivi de la charge tumorale 1 fois par semaine à partir de 5 mois d’âge est mis en place. Lorsque la tumeur atteint 1cm3 critère point limite, l’animal en elevage est euthanasié. Pour diminuer le stress, les conditions globales d’hébergement des animaux ne changent pas outre des conditions de raffinement supplémentaires si necessaire. Tout animal blessé ou montrant des situations d’inconfort indépendante du contexte tumoral sera euthanasié. Une surveillance accrue sera réalisée lors des prélèvements de tissu pour génotypage : une compression de la zone d’incision sera effectuée pour stopper les petits saignements, le regroupement et la prise en charge des souriceaux par la mère seront vérifiés
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous étudions la mobilisation d’un grand nombre de cellules immunitaires à travers les tissus et l’impact de drogues anti-tumorales sur l’organisme entier. Les souris transgéniques utilisées sont l’unique moyen d’obtenir les outils permettant de tracker les cellules d’intérêts par des techniques d’imagerie dans le modèle de tumeur mammaire spontanné Les animaux sont utilisés entre 7 et 14 jours de vie pour le génotypage, 1 mois de vie pour le prélèvement sanguin puis dans ce modèle, les tumeurs deviennent palpable entre 6 et 12 mois d’âge.