
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/05/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-572748)
Amenés en groupe dans une case temporaire, équipés d’une ceinture cardiofréquencemètre, laissés deux minutes à s’y habituer, 60 porcs sont ensuite étourdis puis mis à mort par percussion crânienne, pince électrique, pistolet à tige non perforante ou caisson à CO2. 80 porcs au total vont être utilisés, 60 dans des procédures menées sans réveil et 20 dans des procédures d’un niveau de souffrance léger. L’objet est de comparer l’efficacité de ces outils pour la mise à mort d’urgence à la ferme, une demande des éleveurs de porcs, et de monter un dossier d’agrément pour ceux qui ne sont pas encore autorisés dans l’Union européenne. Le porteur affirme que les méthodes employées provoquent une perte de conscience immédiate, tout en prévoyant un réétourdissement ou une injection létale en cas de retour à la conscience. Les 20 porcs qui ne sont ni étourdis ni tués retournent dans leur case et poursuivent leur cycle de croissance dans l’élevage.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet s’inscrit dans le cadre d’une demande des éleveurs de porcs de pouvoir disposer d’outils pour la mise à mort d’urgence de porcs souffrants et en impasse thérapeutique. La mise à mort d’urgence est définie comme la mise à mort d’animaux blessés ou atteints de maladie entrainant des douleurs ou souffrances intenses lorsqu’il n’existe pas d’autre possibilité pratique d’atténuer ces douleurs ou souffrances. Les méthodes actuellement utilisées en élevage de porcs en France sont réglementairement fixées. Ces méthodes sont également communes aux autres pays de l’Union Européenne. Des améliorations dans la mise en oeuvre de ces techniques peuvent être apportées, et des outils utilisés dans d’autres pays pourraient être testés afin d’être autorisés dans l’Union Européenne. Le premier objectif de cette étude est de proposer des améliorations sur les techniques actuellement utilisées, à savoir la percussion de la boite crânienne et la pince électrique pour les porcelets de moins de 5kg. Le deuxième objectif sera d’acquérir des données sur des outils autorisés pour des animaux en phase de croissance (de 25 à 130 kg). Le troisième objectif sera de tester d’autres outils permettant d’étourdir et de mettre à mort et de monter un dossier d’agrément si les résultats sont concluants. Les outils identifiés sont le pistolet à tige non perforante et le caisson à CO2. Ce projet vise à mieux connaitre et améliorer les protocoles actuels de mise à mort utilisés en élevage.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Des freins existent chez les éleveurs concernant la réalisation de la mise à mort. Or le recours à cette pratique est nécessaire pour limiter la souffrance des animaux en cas d’impasse thérapeutique. Les données que va permettre d’acquérir ce projet n’ont jamais été collectées. L’étude sera l’occasion de les publier et de communiquer sur les meilleures méthodes à proposer aux éleveurs pour limiter la souffrance des animaux.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque animal sera amené avec un ou plusieurs autres congénères dans une case temporaire dans une salle dédiée à l’étude. Après une période d’acclimatation à la ceinture élastique du cardiofréquencemètre de 2 minutes, les animaux seront étourdis et mis à mort dans le respect du bien-être animal. Au cours de l’étude, 60 animaux seront étourdis et mis à mort. Les méthodes utilisées impliquent une perte de conscience immédiate.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
C’est une étude sur l’étourdissement et la mise à mort d’urgence. Toutes les personnes amenées à participer à l’étude ont déjà été confrontées à cette situation. La personne qui réalisera les mises à mort est vétérinaire, est formée à ces techniques et les a déjà mises en oeuvre dans le cadre de son activité. Il y aura 60 animaux mis à mort pour cette étude, dans le respect du bien-être animal. Parmi ces 60 animaux, il sera pris soin de sélectionner en premier des animaux qui auraient été mis à mort dans le cadre de l’élevage pour des raisons de santé. Les effectifs seront complétés par des animaux en bonne santé mais présentant une anomalie n’impactant pas leur santé (hernie ombilicale ou inguinale par exemple) puis par des animaux en bonne santé et sans anomalie physique. Les animaux seront déplacés en groupe, sans contention, par des personnes habituées. En cas de retour à la conscience, une anesthésie puis une euthanasie à l’aide de médicaments injectables ou un ré étourdissement, selon les cas, seront réalisés rapidement. Pour les 20 animaux qui ne seront ni étourdis, ni mis à mort, on peut craindre une peur liée à la manipulation, qui sera limitée par le fait que les animaux seront déplacés en groupe, sans contention, par des personnes habituées.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux mis à mort le seront dans le cadre de l’étude. Les animaux replacés seront remis dans leur case d’origine et poursuivront leur cycle de croissance dans l’élevage.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’y a pas de remplacement possible dans le cas de la mise à mort de porcs à l’élevage. Les animaux cibles sont les porcs d’élevage. Il faut pouvoir évaluer les outils dans les conditions réelles.
2. Réduction
Le nombre d’animaux impliqués a été réduit au minimum pour pouvoir comparer les différentes situations. Le nombre de 5 par modalité a été retenu pour limiter au maximum le nombre d’animaux tout en permettant une comparaison des critères physiologiques. Pour la dernière partie, le nombre de 20 par modalité a été choisi suite à la réalisation d’une étude similaire afin de permettre la comparaison des comportements entre animaux.
3. Raffinement
Les animaux seront toujours déplacés en groupe pour limiter le stress lié à l’isolement social. Ils seront toujours à deux ou trois dans le caisson à CO2 pour reproduire la situation la plus fréquemment rencontrée en élevage. Les animaux seront amenés dans une case temporaire dans une salle dédiée à l’étude. Ensuite les animaux seront équipés un par un de la ceinture portant le cardiofréquencemètre puis remis 2 minutes dans leur case pour s’acclimater au matériel. Lors de la réalisation des méthodes de mise à mort, il sera pris soin de ne pas les réaliser devant ou dans la même salle que les animaux en attente.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’étude porte sur l’étourdissement et la mise à mort d’urgence de porcs en élevage. Par conséquent, les conditions de réalisation doivent être similaires à ce qui pourrait se produire en élevage de porcs. L’espèce choisie est donc le porc domestique, Sus scrofa domesticus. Les porcs utilisés auront un poids compris entre 2 et 130 kg : ce sont les poids recommandés pour les différentes méthodes. Il s’agira donc d’animaux sous la mère et d’animaux en post sevrage et en engraissement.