
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-03-29 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-582560)
2 000 souris et 1 000 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, une partie parce qu’ils ont reçu des substances dont les effets à long terme sont inconnus, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Ils reçoivent des injections répétées qui forment une poche d’air sous la peau de leur dos, poche ensuite regonflée, et chaque animal peut recevoir jusqu’à 224 administrations et subir jusqu’à 72 prélèvements sanguins sur cinquante-six jours. Le modèle sert à tester des anti-inflammatoires et la biocompatibilité de biomatériaux, de nanoparticules ou d’implants, y compris des molécules déjà commercialisées, pour des industriels. Le porteur écrit qu’il lui est « malheureusement impossible » de remplacer ce modèle par une approche in vitro ou in silico, les réponses globales de l’organisme étant selon lui difficiles à simuler.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’inflammation est un processus complexe en réponse à diverses agressions du corps. Cette réaction qui vise à éliminer l’agent agresseur, à réparer les tissus endommagés et à favoriser la guérison, se caractérise par des symptômes tels que le gonflement, la douleur et la rougeur au niveau des zones touchées. La crise inflammatoire est un mécanisme de défense vital qui aide à éliminer l’agresseur et à limiter les dommages. Cependant lorsque l’inflammation devient excessive ou persiste pendant de longues périodes, elle peut conduire à une inflammation chronique pathologique. Il est alors essentiel de disposer de traitements anti-inflammatoires pour éviter les complications à long terme. Actuellement il existe plusieurs médicaments anti-inflammatoires qui sont couramment utilisés pour contrôler l’inflammation et atténuer les symptômes de la crise inflammatoire. Cependant, ils présentent des effets secondaires parfois importants, ce qui limitent leur utilisation, et dans certains cas, l’inflammation résiste à ces traitements. Pour ces deux raisons le développement de nouvelles molécules reste un défi important. L’inflammation peut aussi avoir pour origine l’utilisation de biomatériaux, de nanoparticules ou d’implant dans le traitement de pathologies. Dans ce cadre il est important de tester la biocompatibilité des produits utilisés afin de sélectionner ceux qui seront le mieux tolérés par le corps.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Avec ce projet nous espérons participer à la sélection de nouveaux traitements anti-inflammatoires et au développement de produits biocompatibles lorsque l’utilisation de biomatériaux est nécessaire. De plus comme nous testons également des molécules déjà sur le marché ou en phase clinique dans ce modèle, nous participons à une meilleure connaissance de sa prédictivité.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux de ce projet seront tous amenés à subir la formation d’une poche air. Les animaux auront un maximum de 224 administrations et un maximum de 72 prélèvements sanguins sur la période de maximum 56j en ne dépassant pas les recommandations éthiques en termes de volume prélevé et en garantissant le délai de récupération réglementaire. Les administrations durent moins de 30 secondes. En cas injection intraveineuse, durée est d’environ 5 min. Concernant les prélèvements de sang, ils durent de 1 à 5 minutes selon la méthode utilisée. Chacune des étapes de la formation de la poche prend moins de 3 min avec le temps de l’anesthésie et le temps l’injection. Le prélèvement du liquide de la poche prend moins de 5 min en tenant compte du temps d’anesthésie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les administrations répétées ainsi que les potentiels prélèvements sanguins peuvent induire des désagréments au niveau des sites d’administration et de prélèvement comme une douleur passagère ou une irritation, une inflammation, une induration mais aussi un phénomène de mâchonnement et de fausse route pour la voie per os. Un stress lié aux différentes manipulations peut également apparaitre. Si le prélèvement terminal de sang nécessite une mise à jeun cela peut induire un stress chez l’animal. Les procédures mises en œuvre peuvent induire des douleurs chez l’animal notamment lors de la création de la poche, lors de l’inflammation induite ou si le produit testé induit une inflammation.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux sera mis à mort à la fin de l’expérience, une partie des animaux seront utilisées pour faire des prélèvements, l’autre partie ne peut pas être replacée ou ré-utilisée car les animaux sont traités avec des substances aux effets inconnus à long terme.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Bien qu’il soit possible de disséquer les mécanismes anti- et pro-inflammatoires in vitro, les réponses globales à court et moyen terme sont difficiles à simuler et à prédire par des expériences in vitro. Ainsi vue notre thématique d’étude, il nous est malheureusement impossible de remplacer nos modèles in vivo par un modèle in vitro ou in silico. Néanmoins, les molécules et produits testés dans ce projet ont fait l’objet d’une sélection sur des tests in vitro afin de choisir celles qui ont le plus fort potentiel thérapeutique.
2. Réduction
Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire autant que possible le nombre d’animaux par condition expérimentale, mais toujours dans l’optique Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire autant que possible le nombre d’animaux par condition expérimentale, mais toujours dans l’optique d’obtenir le maximum d’informations scientifiques par test. C’est pourquoi, très souvent, plusieurs types de prélèvements seront associés. De plus, quand c’est possible et pertinent, nous testons plusieurs molécules ou produits en parallèle afin de ne pas multiplier les groupes contrôles. Comme aucune inflammation n’est attendue en l’absence d’injection de molécule immunostimulante dans la poche, le groupe sans injection de molécules immunostimulantes ne sera, en général, pas mis en œuvre. Au regard de notre expertise, de la littérature et de la variabilité phénotypique inter-individuelle et d’une éventuelle différence inter-individuelle à l’exposition aux traitements, les groupes expérimentaux seront constitués au maximum de 10 animaux. Des analyses statistiques finales seront réalisées.
3. Raffinement
Le bien-être des animaux est primordial durant les expérimentations. Ainsi un certain nombre de mesures sont mises en œuvre notamment l’inclusion de phase d’acclimatation (minimum 1 semaine) avant toute expérimentation. Les animaux sont hébergés dans des conditions optimales afin de réduire au maximum le stress lié à la captivité et aux expérimentations. Nous portons une attention particulière à ce que les animaux puissent exprimer certains de leurs comportements propres. Les animaux sont hébergés en groupe sociaux. De plus, l’environnement des animaux est enrichi. Pour les souris, il comporte du Le bien-être des animaux est primordial durant les expérimentations. Ainsi un certain nombre de mesures sont mises en œuvre notamment l’inclusion de phase d’acclimatation (minimum 1 semaine) avant toute expérimentation. Les animaux sont hébergés dans des conditions optimales afin de réduire au maximum le stress lié à la captivité et aux expérimentations. Nous portons une attention particulière à ce que les animaux puissent exprimer certains de leurs comportements propres. Les animaux sont hébergés en groupe sociaux. De plus, l’environnement des animaux est enrichi. Pour les souris, il comporte du matériel de nidification, un dôme pour se cacher et un tunnel suspendu. Pour les rats, il comporte un tunnel en carton pour leur permettre de se cacher et des boules de bois pouvant servir de jeu et de matériel à ronger. La douleur induite par les étapes de création de la poche et de regonflage est prise en charge par un traitement anti-douleur. Les prélèvements de sang en cours d’expérience se font sous anesthésie et tous les autres prélèvements (ponction de la poche, prélèvement sanguin terminal) se font en phase terminale, sous anesthésie sans réveil. De plus nous avons établi des points limites afin de soustraire l’animal à une douleur qui n’est pas en relation avec les signes attendus du projet. Si de nouvelles approches moins stressantes ou douloureuses pour l’animal venaient à être mises au point après le début de ce projet, une concertation avec notre SBEA (Structure du Bien Être Animal) pourra être réalisée afin d’intégrer ces nouvelles pratiques dans nos procédures.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Dans le cadre de ce projet, nous utilisons des souris ou des rats non transgéniques. Le choix de l’espèce a une importance primordiale dans la recherche à visée médicale. Ce choix prend en compte plusieurs critères mais le critère majeur est la pertinence scientifique du modèle. Nous n’utilisons que des modèles fiables qui présentent une prédictivité reconnue, une bonne reproductibilité et dont l’extrapolation des conclusions à l’homme est largement admise. C’est le cas pour la souris et le rat dans les études utilisant le modèle de la poche d’air. De plus ce modèle répond favorablement aux médicaments déjà sur le marché ce qui prouve leur prédictivité et permet aux industriels d’étudier l’apport de leurs nouvelles recherches par rapport aux traitements déjà existants. De plus, ces espèces disposent d’une énorme base d’informations physiopathologiques et d’outils de diagnostiques permettant ainsi de réduire considérablement les expérimentations pilotes. Les besoins d’anti-inflammatoire et de matériaux biocompatibles peuvent apparaitre à tout âge, cependant comme beaucoup de ces phénomènes impliquent également le système immunitaire, l’utilisation de jeunes adultes au système immunitaire mature nous parait pertinent. De plus chez la souris il nous faut également des animaux pas trop petits pour des questions techniques de place dans le dos pour former une poche exploitable. Nous utiliserons donc des souris d’environ 12 semaines et rats d’environ 10 semaines au début de l’expérience.