
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/04/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-596137)
1 020 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une greffe de cellules tumorales sous la peau puis subissent injections, gavages, huit prélèvements sanguins, neuf séances d’imagerie et des mesures de tumeur, avant d’être tuées pour les analyses. Le porteur reconnaît une douleur liée à la croissance tumorale, souvent associée à une perte de poids. Il présente la souris comme « le modèle de choix et de référence » pour valider in vivo un agent censé renforcer les lymphocytes T contre le cancer.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ces dix dernières annéees, les immunothérapies ont révolutionné la prise en charge des patients atteints de cancer. En éduquant nos défenses immunitaires à reconnaitre spécifiquement les cellules tumorales, ces traitements permettent en effet de guérir du cancer avec peu de toxicité et de façon durable, à la différence des traitements standards de chimiothérapie et radiothérapie. Malgré ces avancées majeures, les immunothérapies sont efficaces chez une minorité (
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra de valider à terme l’intérêt clinique d’un agent pharmacologique récemment identifié, pour lequel des résultats obtenus in vitro montrent une potentialisation des outils cellulaires à la base des immunothérapies dans le contexte du cancer.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Au cours des différentes expériences, les animaux seront soumis à : – 8 prélévements sanguins (1 goutte), la durée de ce geste est évaluée à moins d’une minute – 9 séances d’imagerie, la durée de ce geste est évaluée à 3 minutes – 6 mesures de la tumeur à l’aide d’un pied à coulisse, la durée de ce geste est évaluée à 2 minutes – 4 administrations par gavage, la durée de ce geste est évaluée à moins de 2 minutes – 9 injections intrapéritonéales, la durée de ce geste est évaluée à moins d’une minute – 1 injection sous-cutanée, la durée de ce geste est évaluée à moins d’une minute – 1 séance de rasage du flanc droit à l’aide d’un rasoir électrique, la durée de ce geste est évaluée à moins de 2 minutes – 1 injection intraveineuse, la durée de ce geste est évaluée à moins d’une minute
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Des nuisances potentielles pourraient résulter du stress généré lors des injections et plus globalement par la manipulation hebdomadaire des animaux, mais également de la douleur résultant de la croissance tumorale qui est souvent associée à une perte de poids
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort, afin de réaliser les prélévements nécessaires à l’étude.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les expériences exposées dans ce projet reposent sur un grand nombre d’expériences ex vivo montrant une potentialisation des fonctions antitumorales après traitement par un inhibiteur pharmacologique nouvellement identifié. Le recours aux modèles animaux permettra de valider in vivo, dans des modèles précliniques, le gain résultant de l’utilisation de cet inhibiteur sur des approches d’immunothérapies au sein d’un organisme vivant.
2. Réduction
Un suivi longitudinal de la croissance des tumeurs sera réalisé par palpation des tumeurs et par imagerie afin de réduire le nombre d’animaux utilisés. Les groupes d’étude sont faits le plus souvent en même temps afin de réduire le nombre de groupes contrôles. Le nombre de souris utilisées a été estimé sur la base de nos travaux antérieurs et de la littérature montrant que 18 à 24 souris par groupe permettent de mettre en évidence des différences significatives, en termes de réduction de la croissance des tumeurs. Les variations seront comparées par des tests statistiques adaptés.
3. Raffinement
Les interventions (injections intraveineuses et prélèvements sanguins) seront précédées d’une anesthésie générale, afin de prévenir la douleur. Nous utiliserons l’imagerie pour un suivi de la charge tumorale, ce qui nous permettra de définir un critère d’efficacité des immunothérapies basé sur cette approche pour les études ultérieures. Les souris seront surveillées quotidiennement afin de déceler et notifier rapidement tout signe de changement de comportement ou d’état de santé des animaux. L’atteinte des points limites définis en amont entraina une mise à mort anticipée si nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est le modèle de choix et de référence pour l’étude du développement tumoral et de la réponse immunitaire. Les modèles murins permettent en effet d’apprehender la complexité de la réponse tumorale. Ces modèles permettent notamment d’apprehender la possibilité de rencontre des cellules de l’immunité et des cellules tumorales au sein de l’organisme. Ces modèles permettent également de prendre en compte la survie des cellules immunes et le maintien de leur activité antitumoral au sein du microenvironement tumorale, qui le plus souvent met en place des mécanismes pour inhiber la réponse immune. Dans le projet proposé les souris utilisées seront des souris âgées de 8 à15 semaines (système immunitaire mature).