
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-11-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-602582)
Une partie des souris utilisées est immunodéprimée, donc sans défense face à une infection banale. 2 800 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des candidats médicaments par voie orale, intraveineuse, intrapéritonéale ou sous-cutanée, une à deux fois par jour, ou par une pompe implantée chirurgicalement sous la peau, l’intervention durant quinze minutes pour une pompe osmotique et une heure pour une pompe électronique, avec jusqu’à six prélèvements de sang en vingt-quatre heures sur animal vigile. Elles sont tuées en fin d’étude ou dès l’atteinte des points limites, pour un dernier prélèvement de sang sous anesthésie puis des prélèvements d’organes destinés à chercher des biomarqueurs, dans un programme de sélection de molécules en oncologie et en immuno-inflammation.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif de la pharmacocinétique (PK) est d’évaluer que la molécule soit correctement absorbée, distribuée, métabolisée et éliminée (ADME) par l’organisme afin de fournir les informations nécessaires à la sélection des médicaments. Cela permettra également d’adapter la posologie du médicament pour obtenir une efficacité optimale du principe actif avec un minimum de risques d’effets secondaires. L’objectif de ce projet est de déterminer les paramètres pharmacocinétiques d’un produit et/ou ses effets sur les paramètres hématologiques en fonction du temps, dans le but de déterminer le devenir du produit au sein d’un organisme, d’évaluer l’intérêt d’une voie d’administration, de vérifier que la relation entre la dose administrée et sa concentration plasmatique est linéaire et, pour les produits susceptibles d’agir de cette manière, d’évaluer leur profil d’activité via leur effet sur les paramètres hématologiques et biologiques. Bien que des tests in vitro visant à remplacer l’usage de l’animal sont mis en place, le recours aux modèles vivo pour discriminer in fine de façon certaine les candidats restent indispensables. Ces études pharmacocinétiques sont effectuées principalement 1) de façon préliminaire à une étude d’efficacité chez la souris (candidats choisis sur des tests in vitro de fonctionnalité) pour assurer le niveau plasmatique du candidat voulu aux doses envisagées. Le choix de la souris se fera sur la base du modèle utilisé lors des études d’efficacité pour transposer au mieux les données ; 2) afin de dérisquer la pharmacocinétique des candidats médicaments plus avancés dans leur processus de R&D, avant les études réglementaires obligatoirement réalisées chez une « grande espèce » non rongeurs. Dans les 2 cas, cette stratégie permet de réduire le nombre d’animaux dans les études ultérieures. En complément, il peut être nécessaire d’évaluer l’impact du candidat sur des cellules sanguines et les biomarqueurs associés pouvant servir de marqueurs d’activité pharmacologique. L’ensemble de ces études reste limité aux candidats très avancés dans la phase de recherche afin de réduire le nombre d’animaux utilisés Les études réalisées dans le cadre de ce projet prévoient des prélèvements sanguins en cinétique chez des souris après leur avoir administré un candidat traitement.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les bénéfices attendus sont d’une part de mieux comprendre l’exposition plasmatique des différents composés et d’autre part d’établir des relations pharmacocinétique / pharmacodynamie (PK/PD) dans un but de sélectionner le meilleur candidat médicament. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la recherche en oncologie, immuno- oncologie et immuno-inflammation.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Administration (voie intra-péritonéale, intra-veineuse, sous cutanée ou per-os) de candidats médicaments (entité biologique ou chimique) (contention d’une durée maximale de 15s quotidienne ou biquotidienne sur animal vigile Ou Implantation chirurgicale sous anesthésie et analgésie de la pompe (durée de l’intervention de 15 minutes pour la pompe osmotique, 1 heure pour la pompe électronique) En cours d’étude, des prélèvements sanguins (moins de 30 secondes) avec un maximum de 6 prélèvements de sang sur 24 h peuvent être réalisés sur animal vigile
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les nuisances estimées sont les suivantes : – Administration de composés candidats médicaments selon les voies classiques intra-péritonéale, intra-veineuse, sous-cutanée ou per os pouvant induire ponctuellement stress et douleur légère (max 10s) – Implantation chirurgicale sous anesthésie d’une pompe osmotique (15 min) ou électronique (1 heure) pouvant générer une douleur modérée potentielle – Prélèvements de sang (moins de 30s par prélèvements) pouvant ponctuellement induire stress et douleurs légères
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En fin d’étude ou dès l’atteinte des points limites et de dégradation de l’état général, les souris seront euthanasiées et des prélèvements biologiques (et éventuellement la pompe) seront réalisés. Le process sera le suivant : prélèvement sanguin unique à la fin de l’étude, sous anesthésie générale puis prélèvements biologiques supplémentaires, pour rechercher d’éventuels biomarqueurs, après euthanasie toujours sous anesthésie.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ces dernières années, les pharmacocinéticiens ont mis en place de nombreux tests in vitro visant à remplacer l’usage de l’animal. La majorité des études de pharmacocinétique est menée sur des récepteurs, enzymes, fractions cellulaires isolées, cellules isolées ou organes isolés. Cependant, même si les caractéristiques pharmacocinétiques d’une molécule dans l’organisme peuvent être estimées par des tests in vitro, elles ne peuvent pas être complètement et infailliblement prédites. Il est donc nécessaire d’avoir ensuite recours à l’animal pour discriminer de façon certaine les candidats les plus avancés et ainsi pré-sélectionnés. En effet, ce n’est que dans un modèle intégré que l’on pourra mettre en évidence le devenir d’un produit dans l’organisme. Celui-ci va subir un certain nombre de processus physiologiques avant d’atteindre son site d’action et d’être éliminé. C’est un préalable scientifique et éthique à toute administration chez l’homme et qui permet également de réduire le nombre d’animaux nécessaires pour les études d’efficacité ultérieures.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des prélèvements de sang répétés à la veine saphène latérale ou à la veine caudale peuvent être mis en œuvre afin d’obtenir des informations sur des possibles biomarqueurs ou sur le profil d’exposition du composé (évitant dans ce cas les études de pharmacocinétique dédiées). La méthode de prélèvement sanguin par prélèvement répété est privilégiée chaque fois que possible (puisqu’elle est extrêmement rapide, et réalisable plusieurs fois sur un même individu dans la limite des recommandations de la Structure du Bien Être Animal). Les études in silico et in vitro réalisées en amont permettent de réduire le nombre de molécules d’intérêts et donc de réduire le nombre d’animaux utilisés. Afin d’obtenir des données robustes, les pharmacocinéticiens recommandent un effectif de 8 souris par lot avec pour chacune des souris plusieurs points de cinétique en accord avec les recommandations de la SBEA. Le nombre de groupes au sein d’une étude (6 maximum) permettra de tester plusieurs candidats médicaments, ou pour un même candidat médicament plusieurs voies d’administrations ou plusieurs doses pour un même candidat.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les doses de produits à administrer à l’animal sont sélectionnées préalablement in vivo grâce à des études de Dose Maximale Administrable (DMA) et Dose Maximale Tolérée (DMT) (faisant l’objet d’un autre projet) afin de limiter les risques d’une potentielle toxicité des composés testés. Des prélèvements de sang répétés à la veine saphène latérale ou à la veine caudale peuvent être mis en œuvre afin d’obtenir des informations sur des possibles biomarqueurs ou sur le profil d’exposition du composé (évitant dans ce cas les études de pharmacocinétique dédiées). Cette technique de prélèvement, peu invasive et rapide, permet de prélever plusieurs fois sur un même individu, contribuant ainsi à la réduction du nombre d’animaux, tout en respectant les limites de volume de sang total physiologiques. Si des prélèvements répétés sont prévus, le volume maximal prélevé respectera les recommandations en termes de bien-être animal et respect de sa physiologie. L’utilisation de pompes pour administrer le produit testé permet de ne pas intervenir sur l’animal plusieurs fois par jour ou par semaine, contrairement aux administrations répétées, en limitant ainsi le stress. Les souris sont hébergées en groupes sociaux. Un enrichissement de milieu par des éléments de nidification adaptés vont également permettre de surveiller leur état général par l’observation de leur comportement vis-à-vis de ces éléments. Par ailleurs, pour l’implantation chirurgicale des pompes des améliorations techniques ont été identifiées pour assurer une bonne cicatrisation et récupération post-opératoire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’utilisation des souris est largement décrite dans les publications en recherche pré-clinique, ce modèle étant davantage déployé que le modèle rat. Plus précisément les études décrites ci-dessus se situant en amont des études d’efficacité réalisées sur différents modèles de souris, il est important de réaliser ces études sur la souche de souris qui sera utilisée dans ces études, mais également sur des modèles de souris qui permettent de prédire la PK chez l’homme. Les souris sont utilisées à l’âge adulte, à partir de 7 semaines, soit un poids corporel d’environ 18-20g. C’est l’âge classiquement utilisé pour tous les protocoles qui seront réalisés à la suite de cette étude dans la sélection des candidats médicaments.