
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 05/12/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-612096)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le cancer du pancréas est l’un des cancers les plus graves, avec seulement 10-13% de chances de survie à 5 ans. La détection tardive, souvent à un stade avancé avec des métastases, est la principale raison de ce faible taux de survie. Les traitements disponibles incluent la chirurgie, possible pour seulement 10-20% des patients. La plupart reçoivent chimiothérapie et/ou radiothérapie, avec de nombreux effets secondaires et une survie prolongée de quelques mois. En raison de son microenvironnement tumoral très dense, qui agit comme une barrière physique face aux traitements, le cancer du pancréas reste l’un des cancers les plus difficile à traiter. Dans ce contexte, ce projet vise à tester de nouveaux candidats médicaments sur un modèle de cancer du pancréas chez la souris. Les modèles couramment utilisés impliquent l’implantation de cellules de cancer du pancréas sous la peau de la souris. Cependant, ces modèles ne reproduisent pas entièrement le microenvironnement qui entoure les tumeurs présentes chez les patients. Les études liées à ce projet utiliseront le modèle orthotopique, qui consiste à implanter des cellules de cancer du pancréas par voie chirurgicale directement dans le pancréas de la souris (greffe orthotopique). Ce modèle est plus invasif que le modèle sous-cutané mentionné ci-dessus, mais il est plus pertinent car la tumeur se développe dans son organe d’origine et permet de recréer un environnement similaire à celui observé chez l’homme. Les études réalisées dans le cadre de ce projet prévoient des évaluations cliniques et biologiques : prélèvements sanguins pour notamment détecter la présence de biomarqueurs et prélèvements d’organes terminaux pour, entre autres, valider l’expression des cibles thérapeutiques. Les composés seront testés seuls ou en combinaison, ajustant doses, voies d’administration, fréquence des administrations, pour espérer une régression partielle ou totale de la tumeur. L’objectif est de proposer de nouvelles options thérapeutiques pour améliorer la qualité de vie des patients atteints de cancer du pancréas.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Dans le processus de développement d’un nouveau médicament, ce type d’étude se fait après des présélections in vitro sur des cellules et des simulations informatiques. L’objectif est ensuite de pouvoir tester et sélectionner les meilleurs candidats médicaments dans un premier temps dans le modèle de souris greffées par les tumeurs sous la peau, modèle le plus couramment utilisé (autre projet). Puis dans un second temps, la mise en œuvre de ce projet va permettre d’affiner cette pré-sélection sur ce modèle orthotopique qui requiert de la chirurgie. Les bénéfices attendus sont : 1-Poursuivre la sélection d’un ou plusieurs candidats médicaments dans un modèle plus prédictif de la pathologie humaine 2-Prédire l’efficacité de ces candidats médicaments seuls ou en combinaison de composés chez l’homme dans le but d’améliorer la qualité de vie des patients et offrir une nouvelle option de traitement dans le cancer du pancréas
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– Chirurgie pour l’implantation des cellules tumorales dans le pancréas : cette chirurgie durera 30 minutes maximum et sera réalisée une seule fois sur l’animal avec mise en œuvre des bonnes pratiques chirurgicales (asepsie, protocole analgésique pré-post opératoire, surveillance et réveil en enceinte chauffée). – Prélèvements de sang à la veine de la patte : Faible volume, avec une fréquence tout au long de l’étude pour une durée maximale de 3 mois (environ 20 secondes/souris). – Administration d’un composé ou d’une association de composés au maximum 3 administrations par jour (environ 30 secondes par administration), durée de traitement de 2 mois maximum. – Prélèvement terminal de sang réalisé sous anesthésie générale profonde en fin d’étude (une seule fois, environ 30 secondes/souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
– Douleur modérée liée à la chirurgie lors de la greffe orthotopique avec une petite ouverture de l’abdomen une seule fois sur l’animal et de douleur modérée. – Douleur modérée liée à la présence de tumeur abdominale et à son évolution (risque faible de métastases) – Douleurs légères liées à l’administration d’un ou d’une association de composés à tester au maximum 3 administrations par jour pendant 2 mois maximum à raison d’une ou plusieurs fois par semaine, avec une durée d’environ 30 secondes /souris/ administration. – Douleurs légères à modérés lié à la (les) molécule(s) administrée(s) pouvant entrainer une nuisance pour l’animal pouvant induire un effet clinique (ex : modifications de la prise de poids, de l’activité locomotrice) – Stress et douleur légers ponctuels lors des prélèvements sanguins d’environ 20 secondes /souris – Douleur légère liée à l’administration d’analgésiques et/ou de l’induction d’anesthésie pour le prélèvement terminal de sang (une seule fois, environ 30 secondes/souris)
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de chaque étude, tous les animaux sont euthanasiés pour réaliser des prélèvements de sang, de tumeur et d’autres organes. Ces prélèvements seront réalisés pour générer des échantillons qui seront utilisés pour des études complémentaires ultérieures (détermination de l’expression de protéines ou de gène d’intérêt, par immunohistochimie, génomique ou protéomique…) ou pour des analyses de biomarqueurs.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des méthodes alternatives comme des tests in silico ou in vitro seront préalablement mises en place en amont des études concernées dans ce projet pour évaluer la pertinence et l’efficacité des composés à tester. Ces méthodes sont essentielles pour présélectionner les composés les plus prometteurs qui seront ensuite testés sur des modèles animaux. Ce projet vise à tester de nouveaux candidats médicaments sur un modèle de greffe de cellules cancéreuses murines du pancréas directement dans le pancréas de la souris (greffe orthotopique). Cette méthode permet à la tumeur de se développer dans un environnement similaire à celui d’un cancer du pancréas chez l’homme. Actuellement, il est difficile de recréer en laboratoire (in vitro) les interactions complexes entre une tumeur et son environnement. Même si de nombreuses initiatives sont en cours d’évaluation afin de proposer des méthodes alternatives, les modèles in-vitro actuels ne rendent pas compte de la complexité de l’interaction entre la tumeur, l’hôte et les traitements. Ils ne se prêtent pas au modèle que nous utilisons qui se veut le plus proche possible de la clinique humaine.
2. Réduction
Lorsque les souris seront euthanasiées, des prélèvements de tumeurs seront réalisés pour générer des échantillons qui seront utilisés pour des études exclusivement in vitro ultérieures (détermination de l’expression de protéines ou de gène d’intérêt, par immunohistochimie, génomique ou protéomique…). Cette approche permet donc d’optimiser les études et de réduire le nombre d’animaux en évitant de refaire des études pour obtenir les échantillons nécessaires à ces études complémentaires. La technique de micro-prélèvement pour réaliser les prélèvements sanguins permet également de réduire le nombre d’animaux utilisés au cours de ce projet en limitant l’utilisation d’animaux dédiés pour le prélèvement sanguin. De par notre expérience sur le modèle orthotopique lors d’études efficacité, nous évaluons à 10 souris par groupe le nombre de souris suffisant pour évaluer l’effet des composés avec un groupe contrôle et 4 groupes où différents composés et doses seront testé montrant que nous avons la robustesse statistique voulue.
3. Raffinement
Des prélèvements de sang répétés chez la souris sont réalisés à différents temps afin de mesurer en cinétique les paramètres biologiques d’intérêt. Ils sont effectués selon la technique de micro-prélèvements, réalisable plusieurs fois sur un même animal en respectant les bonnes pratiques, les volémies et les conditions physiologiques de la souris. La procédure de greffe orthotopique est réalisée selon les bonnes pratiques de chirurgie, avec : – Des espaces séparés pour la préparation des animaux et pour la chirurgie – Une anesthésie et une analgésie adaptées à la chirurgie – Un maintien de la température corporelle de l’animal dès l’anesthésie – Une asepsie maintenue pendant toute la chirurgie. L’analgésie post-opératoire pourra si besoin être adaptée en termes de traitement administré et de durée en fonction des signes de douleurs observés et en concertation avec le vétérinaire. De plus une grille de scoring post opératoire et un suivi clinique quotidien tout au long de l’étude seront mis en place. L’évolution de la pathologie est surveillée et des points limites prédéfinis permettent d’éviter d’impacter le bien-être animal afin d’euthanasier avant que la tumeur impacte le bien-être animal. – Toutes voies confondues, le nombre d’administration sera réduit au minimum en privilégiant la co-formulation lorsque cela est possible. – Le nombre de contentions sera réduit lui aussi au minimum (ex. privilégier la même contention pour une administration intra-péritonéale et une administration per os).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
En oncologie, l’utilisation de la souris est largement décrite dans la littérature pour la recherche pré-clinique en raison de sa pertinence biologique, sa capacité à fournir des données fiables, et son rôle crucial dans le développement de nouveaux traitements. De plus, la greffe orthotopique de cellules tumorales dans le pancréas chez la souris est couramment utilisée dans les études précliniques d’oncologie puisque ce modèle récapitule de nombreuses caractéristiques des tumeurs pancréatiques chez l’homme. Ainsi la souris est le modèle de choix. Les souris sont utilisées à l’âge adulte, à partir de 7 semaines soit environ 18g. Il s’agit de l’âge d’utilisation classique des souris dans les protocoles d’efficacité et de pharmacodynamie en oncologie.