Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

418 lapins vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, gardés en vie ensuite. La plupart subissent une seule prise de sang à l’oreille, une centaine étant suivie deux ans avec jusqu’à six prélèvements, accompagnés de tests comportementaux (test d’approche, réactivité à un objet nouveau, réactivité à l’humain). Presque tous sont réutilisés dans d’autres projets de recherche agronomique, les vieux reproducteurs étant proposés à l’adoption et les jeunes non retenus réintégrant le circuit commercial du lapin de chair. Le porteur présente le projet comme visant à améliorer le « bien-être des animaux non-humains » en élevage, en développant un marqueur du stress.

NTS-FR-675678v1
Types de recherche
· Bien-être animal · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Bien-être animal, Lapin, Télomère, Stress oxydatif
Lapins : 418

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Contexte : Les pressions environnementales (effondrement de la biodiversité, pollution, réchauffement climatique) et les nouvelles attentes de la société (acceptabilité de l’élevage) nous amènent à repenser les systèmes d’élevage dans une perspective de transition agroécologique qui inclut une meilleure prise en compte du bien-être animal. En France l’élevage de lapins est réalisé en grande majorité en conditions intensives. Les animaux sont conduits en bâtiment garantissant un niveau d’hygiène élevé car la santé des lapins est réputée très fragile. Mais les lapins logés en cages grillagées et à forte densité sont dans l’impossibilité d’exprimer les comportements propres à leur espèce : ronger, bondir, se dresser, brouter… L’initiative citoyenne européenne « end of cage » a été prise en compte par la commission européenne ce qui devrait déboucher vers une interdiction de l’élevage en cage d’ici 2027. Il est donc urgent de concevoir de nouvelles façons d’élever les lapins pour permettre aux animaux d’accéder à un meilleur bien-être tout en gardant une santé satisfaisante.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les lapins font partie des espèces d’élevage élevées en totale claustration. Il y a donc une nécessité à faire évoluer leurs conditions d’élevage pour améliorer leur bien-être. L’évaluation de l’impact de ces conditions de vie sur le stress des lapins est importante pour permettre d’améliorer le bien-être animal. Le projet vise à développer un biomarqueur du stress. Pour les chercheurs, il y a un enjeu fort à disposer d’indicateurs pertinents pour évaluer le bien-être animal dans différents environnements, différentes conditions de vie et pour différentes populations. Les connaissances générées par le projet contribueront à guider l’évoluation des conditions d’élevage des lapins.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

L’expérience prévoit de réaliser des prises de sang pour chaque animal. Ces échantillons nous permettront de récupérer les globules blancs pour réaliser des extractions d’ADN. Des observations de comportement non invasives seront également prévues pour évaluer le stress : notation des répertoires d’expression d’émotions positives (curiosité, calme, approche et contact avec l’homme) et négatives (prostration, inhibition, déplacements brusques ou circulaires, agressivité envers l’homme). Nous réaliserons également divers tests de comportement : test d’approche, réactivité à un objet nouveau, réactivité à l’homme… La plupart des animaux subiront une unique prise de sang. Mais une centaine d’animaux fera l’objet d’un suivi au cours de leur vie (pendant 2 ans). Ces lapins subiront au maximum 6 prises de sang à des âges clés: sevrage, prépuberté, puberté, mise à la reproduction, etc.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La plupart des animaux subiront une unique prise de sang. Mais une centaine d’animaux fera l’objet d’un suivi au cours de leur vie (pendant 2 ans). Ces lapins subiront au maximum 6 prises de sang à des âges clés: sevrage, prépuberté, puberté, mise à la reproduction, etc. La prise de sang sera réalisée à l’oreille avec des aiguilles très fines et en prélevant au maximum 1 ml de sang/animal. La contention sera douce. Compte-tenu de la quantité de sang prélevée et de l’espacement de plusieurs semaines entre les prises de sang, les atteintes seront minimes. Les animaux réutilisés sont engagés dans des projets de recherche agronomique (sélection génétique, conception de systèmes d’élevage innovantes) et subissent essentiellement des mesures zootechniques (pesées, quantité d’aliment consommée, nombre de petits). Il n’y a pas d’ effet cumulatif négatif attendu.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux sont gardés en vie à la suite de leur prise de sang et poursuivent leur élevage et leur expérimentation. Un programme de replacement des animaux concernera les vieux animaux reproducteurs. Les animaux de 70j qui ne seraient pas retenus pour la reproduction réintègreraient le circuit commercial de l’élevage du lapin de chair.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le projet vise à développer un biomarqueur du stress pour améliorer les conditions d’élevage des lapins. Les lapins font partie des espèces d’élevage élevées en totale claustration. L’évaluation de l’impact de ces conditions de vie sur le stress des lapins est importante pour permettre d’améliorer le bien-être animal. L’élevage des lapins bénéficiera de ces connaissances dans le futur. Le biomarqueur étudié est complexe et ne peut pas être investigué par des méthodes alternatives n’utilisant pas d’animaux. Il est donc important de pouvoir mettre au point cet indicateur et de réaliser des mesures sur les lapins (espèce de destination).

2. Réduction

3R / Réduction :

L’étude prévoit de réaliser des prises de sang sur un maximum de 418 lapins. La quasi-totalité des animaux seront réutilisés d’autres projets déjà autorisés et en cours. Ces animaux sont engagés dans différents projets de recherche agronomique : mesure d’ingestion d’aliment, étude de génétique, résistance aux maladies, conditions d’élevage différentes (cages ou accès au pâturage). Le présent projet s’appuie donc sur l’opportunité de la présence de plusieurs dispositifs expérimentaux en cours et peu invasifs pour échantillonner différents animaux reflétant la population de lapins d’élevage, sans mobiliser de nouveaux animaux expérimentaux. Par ailleurs, le projet est organisé en plusieurs étapes dont la validation successive conditionne la poursuite du projet. La mise au point de la méthode nécessitera de prélever une dizaine de lapins. Une fois cette étape validée, nous établirons la cinétique de raccourcissement des télomères en suivant une centaine de lapins au cours de leur vie. Puis, nous définirons la variabilité de ce biomarqueur dans différentes races. Nous validerons ensuite la pertinence de l’indicateur pour évaluer le stress en mesurant la longueur des télomères chez une cinquantaine de lapereaux exposés à un sevrage précoce (dans le cadre d’un programme d’étude de la résistance aux maladies). Enfin, nous mesurerons cet indicateur chez des lapins élevés dans des conditions de vie différentes (au maximum 240 lapins).

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Tous les lapins feront l’objet d’un suivi approfondi de leur état corporel (pesées périodiques), et de leur santé (examens cliniques réguliers pour détecter les troubles digestifs, pododermatites, pasteurelloses…). Les animaux seront tous vaccinés dès le sevrage contre la myxomatose et la maladie virale hémorragique du lapin (VHD). Les observations de comportement nous donneront également des informations sur l’état émotionnel des lapins dont nous tiendrons compte dans nos interactions avec les animaux. Les manipulations seront faites avec douceur en réalisant une contention sécure évitant des blessures aux animaux. Les animaux seront placés dans une petite boîte à rebords bas pour leur éviter d’avancer, ou déposés sur une table munie d’une surface antidérapante (serviette éponge pliée) pour leur éviter de glisser. Ils seront calmés et rassurés par des caresses douces. La prise de sang sera réalisée à l’oreille avec des aiguilles très fines et en prélevant au maximum 1 ml de sang/animal. La plupart des animaux subiront une unique prise de sang. Mais une centaine d’animaux fera l’objet d’un suivi au cours de leur vie (pendant 2 ans). Ces lapins subiront au maximum 6 prises de sang à des âges clés: sevrage, pré-puberté, puberté, mise à la reproduction, etc.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les lapins sont majoritairement élevés en cage et subissent des restrictions fortes à leur bien-être. Il y a donc un intérêt fort à déployer des recherches visant à améliorer leurs conditions de vie. L’objectivation de leur bien-être ou de leur stress est nécessaire. L’analyse de la longueur des télomères chez cette espèce permettrait d’évaluer le stress et de guider l’évolution des systèmes d’élevage de lapins. Les animaux sont utilisés tout au long de leur vie, à tous les stades physiologiques, du sevrage à la réforme ou la mort afin de voir l’évolution de la longueur des télomères au cours de leur vie. Ils seront représentatifs des populations de lapins d’élevage.