Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Dépourvues de poils par sélection, les souris SKH-1 laissent voir et mesurer les tumeurs de la peau sans rien raser. 80 d’entre elles vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Trois fois par semaine pendant deux, quatre ou six mois, elles sont exposées aux UVB, en continu aux radiofréquences 5G à 26 GHz, ou aux deux, jusqu’à ce qu’apparaissent vers la seizième semaine de multiples tumeurs cutanées sur le dos, que le porteur décrit comme pouvant gêner leurs déplacements et les empêcher d’atteindre la nourriture dans la mangeoire. Toutes sont tuées pour prélever les tumeurs et la peau du dos.

NTS-FR-676596v1
Types de recherche
· Cancers · Oncologie · Organes sensoriels · Recherche appliquée · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Ondes radiofréquence (RF), Ultraviolet de type B (UVB), Cancer cutané, Production d'espèces réactives de l'oxygène (ROS), Prévention
Souris : 80

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif de ce projet est d’évaluer l’effet d’une exposition à la fois aux ondes radiofréquences (RF) émises par les systèmes de communications sans fil et au rayonnement solaire ultraviolet (UV) sur le développement des tumeurs cutanées chez la souris. Au cours de sa vie, l’homme est quotidiennement exposé à ces 2 types de rayonnement, possiblement cancérogène ou cancérogène connu, ce qui peut avoir des effets néfastes sur sa santé. De ce fait, l’exposition combinée et consécutive à ces deux agents physiques omniprésents dans notre environnement pourrait jouer un rôle important dans l’apparition de cancers cutanés. Avec l’arrivée de la nouvelle technologie 5G et ses fréquences plus élevées comme 26 GHz, il est crucial de savoir comment cela pourrait affecter la santé humaine, en particulier la peau. Bien qu’il soit connu que l’exposition au soleil, en particulier aux rayons UVB, endommage l’ADN et produit des substances nocives telles que des radicaux libres, nous n’avons pas encore suffisamment d’informations sur l’impact des ondes de téléphones portables à 26 GHz. Notre idée est donc que l’exposition quotidienne à ces deux facteurs pourrait potentialiser l’apparition des cancers cutanés chez l’homme.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le bénéfice de ce projet est de déterminer l’impact des RF sur les cancers cutanés UVB induits. Grâce à ce projet, nous espérons obtenir une réponse claire sur les RF : i) elles n’ont pas d’effet ii) elles jouent un rôle protumoral ou au contraire iii) un rôle antitumoral. Les données obtenues permettront d’améliorer la prévention concernant la survenue des cancers cutanés et diminuer leur mortalité si les RF amplifient l’effet délétère des UV. Les cancers cutanés sont visibles, affligeants, induisant un stress psychologique important. Limiter l’apparition des cancers cutanés et leurs effets secondaires, améliorera la qualité de vie des personnes touchées et diminuera le coût en terme de santé publique.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux sont exposés aux rayons UVB 3 fois par semaine pendant moins d’une minute et/ou aux radiofréquences (RF) en continu et cela pendant 2, 4 ou 6 mois. A l’apparition des premières tumeurs, le volume tumoral est mesuré 1 à 2 fois/semaine au pied à coulisse sur souris vigile et cela jusqu’à la fin de la phase expérimentale.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’exposition répétée aux UVB provoque de multiples petites tumeurs cutanées sur le dos des souris qui vont apparaitre aux alentours de 16 semaines d’irradiation. Ces tumeurs peuvent devenir gênantes pour se déplacer ou se redresser pour attraper la nourriture dans la mangeoire. Il est également possible que la co-exposition aux RF accentue le niveau de nuisance, si comme nous le supposons les RF potentialisent les effets des UVB.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A la fin de la procédure expérimentale, les animaux seront mis à mort afin de prélever les tumeurs et la peau du dos pour les différentes analyses biochimiques et histologiques.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Nous utilisons des modèles cellulaires in vitro ainsi que des modèles d’épidermes pigmentés humains reconstruits in vitro pour répondre à ces questions. Cependant, ces méthodes alternatives restent incomplètes pour l’étude de phénomènes physiologiques aussi complexes que la formation d’une tumeur, puisqu’elles ne tiennent pas compte de l’ensemble des interactions existantes au sein d’un organisme tout entier. De nombreux articles ont mis en évidence l’importance du microenvironnement dans le processus de carcinogènése cutanée et malheureusement, il est à ce jour, très difficile de reproduire ce microenvironnement tumoral in vitro. L’utilisation du modèle animal est donc une nécessité pour compléter nos résultats in vitro.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de souris nécessaire à la réalisation de ce projet a été scrupuleusement réduit au minimum en tenant compte de nos 10 ans d’expériences en matière de cancérogénèse UVB induite. En effet, les souris ne sont pas consanguines et par conséquent, nous avons toujours 2 ou 3 souris qui ne répondent pas aux irradiations ou peuvent avoir des réponses complétement atypiques par rapport au reste du groupe (croissance tumorale trop rapide ou trop lente), ce qui a été bien constaté au cours de nos précedentes expérimentations. Pour ces raisons, nous avons déterminé via des tests statistiques qu’un lot de 20 souris par condition était nécessaire pour avoir des données statistiquements exploitables à la fin de l’étude. Nous utiliserons également des lots témoins communs afin de réduire le nombre d’animaux utilisés. Les animaux qui ne répondent pas favorablement seront néanmoins utilisés pour des prélèvements de peau et serviront de contrôle pour des analyses ultérieures.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Des études pilotes ont été réalisées pour raffiner l’ensemble de nos procédures expérimentales sur les animaux de manière à réduire au minimum les temps d’exposition, les temps de contention et d’isolement afin de prévenir toute douleur ou inconfort chez nos animaux. De plus, nous réalisons une surveillance quotidienne de nos animaux et nous avons mis en place des mesures conservatoires (ajout de croquettes dans les cages, biberons à longue pipette) et des points limites qui nous permettent d’agir rapidement en cas d’inconfort ou de douleur observés chez nos animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous avons choisi la souris comme modèle car c’est un animal de petite taille, facile à héberger et à manipuler. C’est un modèle très utilisé pour mimer les maladies humaines de par les 99% d’homologies entre son génome et le génome humain. Les souris SKH-1 sont bien connues pour l’étude de la cancérogénèse UVB-induite. Elles sont immunocompétentes et totalement dépourvues de poils ce qui rend la mesure et l’observation des tumeurs cutanées bien plus facile que sur d’autres modèles de souris. Les souris seront inclues dans le protocole expérimental à l’âge de 6 à 8 semaines. Ages auxquels elles sont considérées comme de jeunes adultes ayant atteint un poids de 20-25g, une maturité hormonale et un état métabolique stable.