
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 10/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-775800)
Tuées à l’issue parce qu’infectées et donc écartées de tout autre protocole, 1 240 souris vont être utilisées, dont 1 120 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chaque animal subit une administration intranasale de virus sous anesthésie, puis un gavage quotidien pendant sept jours et une injection quotidienne pendant huit jours, avec une pesée chaque jour. Le porteur indique que les souris infectées développeront une perte de poids sur un à dix jours, une accélération du rythme respiratoire et une baisse d’activité, et que le gavage peut « très exceptionnellement » perforer l’œsophage. Les bénéfices annoncés, de nouveaux traitements antiviraux pour des patients humains, sont renvoyés au long terme, l’objectif immédiat restant de valider dose et durée de traitement chez la souris.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Plusieurs virus respiratoires humains parmi les plus courants ne disposent pas encore de traitements thérapeutiques ou prophylactiques adaptés et efficaces. Dans ce projet, nous souhaitons donc évaluer chez la souris la capacité de nouvelles molécules à traiter ou à prévenir plusieurs infections respiratoires virales lorsque ces traitements sont administrés après ou avant une infection maitrisée de l’animal. L’objectif de ce projet est : (1) D’évaluer l’efficacité antivirale de nouvelles molécules candidates ciblant la cellule hôte ; (2) De comprendre davantage les mécanismes de l’action antivirale de ces molécules candidates ; (3) D’évaluer l’efficacité théraupeutique ou prophylactique de combinaison de molécules candidates.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
(1) Valider chez la souris l’efficacité antivirale, la dose, la durée de traitement pour une molécule candidate ; (2) Valider chez la souris l’efficacité antivirale, la dose, la modalité d’administration et la durée de traitement pour une molécule candidate administrée en combinaison avec une molécule antivirale classique. Les bénéfices attendus d’une combinaison de molécules sont (i) de réduire les durées de traitement et (ii) de réduire les doses de molécules administrées pour une efficacité antivirale conservée, (iii) de réduire le risque d’émergence de mutations de résistance aux antiviraux ; (3) Décrire et comprendre de nouveaux mécanismes d’action antivirale de molécules ; (4) A plus long terme, proposer de nouveaux traitements antiviraux pour des patients humains atteints d’infections respiratoires virales.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– Pesée quotidienne et individuelle de chaque animal (animal vigile). 15 secondes par geste ; – 1 injection quotidienne pendant 8 jours successifs maximum par animal. 15 secondes par geste ; – Administration intranasale sous anesthésie générale. 1 fois par animal. 30 secondes par geste ; – 1 gavage quotidien pendant 7 jours successifs maximum par animal. 30 secondes par geste.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux infectés développeront des signes de pathologies respiratoires, caractéristiques des infections à virus respiratoires : une perte de poids sur une durée de 1 à 10 jours après administration intranasale de virus + une accélération du rythme respiratoire + une perte d’activité légère entre 2 et 7 jours après administration intranasale de virus. Les souris pourraient aussi subir des effets indésirables après la réalisation des gestes techniques de l’administration des molecules candidates par gavage ou par injection ou de l’administration d’anesthésiques par injection. Ces effets indésirables seraient des douleurs locales au site d’injection et de courte durée. Très exceptionnellement, le gavage peut induire une perforation de l’œsophage.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux ayant été infectés et/ou traités, ne pourront pas être reutilisés dans d’autres protocoles. De ce fait, tous les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure expérimentale.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les étapes de sélection des molécules antivirales candidates sont réalisées en amont de ce projet sur des modèles alternatifs in vitro et ex vivo. Cette sélection minutieuse permet de sélectionner les molécules avec les meilleures potentiels efficacités antivirales avant leurs évaluations chez la souris. En effet, les interactions entre le virus et l’individu infecté sont beaucoup trop complexes pour être réduites à l’utilisation de tels modèles, ainsi le recours au modèle animal reste indispensable pour comprendre, caractériser et sélectionner les modalités thérapeutiques les plus prometteuses pour une utilisation chez l’Homme et une évaluation clinique.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés par groupe expérimental tiendra compte du nombre minimal d’animaux pour atteindre une relevance expérimentale, réaliser des tests statistiques et maintenir des groupes sociaux au sein de chaque cagée, en tenant compte des animaux consacrés aux prélevements terminaux. Dans la mesure du possible, les groupes contrôle d’animaux seront mutualisés pour réduire le nombre total d’animaux.
3. Raffinement
Suite à l’anesthésie générale profonde ou un geste d’administration, un suivi accru sera fait jusqu’à réveil et reprise d’activité de chaque animal. A partir de l’infection virale, chaque animal fera l’objet d’une surveillance pendant 10 jours successifs au rythme de 1 fois par jour, accrue à 2 fois par jour au besoin, des 5 paramètres déjà pré-établis prédictifs de l’atteinte des points limites (poids, toilettage, posture, activité, isolement). Les potentielles nuisances identifiées lors de la réalisation des procédures seront prises en compte pour le raffinement des prochains protocoles, incluant l’éventuelle réalisation d’une analgésie avant la réalisation de gestes potentiellement source de douleur.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Bien que les modèles expérimentaux in vivo pour l’étude des infections respiratoires se soient diversifiés ces dernières décenies, aucun de ces modèles ne réflètent complètement la pathologie et la réponse immunitaire chez l’humain. Pour cela, les souris restent les modèles sur petits animaux les mieux caractérisés dans le cas des infections par des virus respiratoires. A ce stade de notre projet, il n’y a pas de justification à l’utilisation d’un autre modèle animal sans une validation au préalable chez la souris. Adapté aux besoins de ce projet, la souris permet l’observation de signes cliniques liés à l’évolution de la pathologie respiratoire mais aussi de mesurer aisément les marqueurs de la réplication du virus et de l’inflammation dans les voies respiratoires. En plus, le modèle murin est parfaitement maitrisé depuis plusieurs années par les responsables et manipulateurs. Nos précédentes expérimentations ainsi que celles d’autres équipes ont montrés que des souris sevrées âgées de 4 à 8 semaines au début du protocole sont bien adaptées aux besoins de ce projet, puisque ce modèle permet non seulement l’observation de signes cliniques liés à l’évolution de l’infection respiratoire mais aussi de réaliser aisément les analyses nécessaires à ce projet.