Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

4 320 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, réparties à parts égales entre des procédures d’un niveau de souffrance léger, modéré et sévère. Sous anesthésie, chacune reçoit dans le nez ou la trachée un produit qui enflamme son épithélium pulmonaire, puis des candidats médicaments jusqu’à deux fois par jour, soit au maximum 32 administrations par animal. Le projet précédent avait provoqué des difficultés respiratoires, une perte de poids et un poil hérissé, effets que le porteur attend de nouveau. Il annonce comme retombées des cibles thérapeutiques potentielles et des publications scientifiques, affirme qu’aucun modèle in vitro ne remplace « l’animal entier » et conclut que la souris reste « indispensable ».

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet est la suite d’un précédent projet qui vise à étudier les mécanismes qui participent à la mise en place de la réponse immunitaire pulmonaire en réponse à des agressions répétées (comme des agents toxiques, des particules, etc) de l’épithélium pulmonaire et causant des pathologies pulmonaires. L’objectif est d’étudier le rôle des acteurs immunologiques qui participent à la réponse inflammatoire pulmonaire suite à un endommagement et qui peuvent conduire au développement de pathologies irréversibles comme la fibrose pulmonaire idiopathique (FPI). La FPI est la plus grave des maladies pulmonaires interstitielles caractérisées par une inflammation du tissu interstitiel qui soutient les alvéoles pulmonaires. C’est une pathologie dévastatrice caractérisée par une dérégulation des processus de réparation mis en place lors d’un dommage du tissu pulmonaire. Cela se traduit par une cicatrisation des poumons conduisant à une perte progressive de la fonction respiratoire. Les causes de la FPI restent à ce jour peu connues. L’objectif est d’étudier le rôle des cellules, cytokines, récepteurs ou voies de signalisation impliqués dans la réponse immunitaire de l’hôte afin de participer à l’amélioration de nos connaissances. Dans un second temps, une fois que des cibles thérapeutiques auront été identifiées, nous testerons ces composés à visée thérapeutique pour voir l’évolution sur la pathologie.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La mise en place de ces modèles chez des souris déficientes en certains gènes permettra de valider la contribution des gènes correspondants et donc des voies de signalisation ou cytokines impliquées dans ces mécanismes pathologiques. Une fois validées ces molécules représentent des cibles thérapeutiques potentielles dont la pertinence sera vérifiée par l’utilisation d’inhibiteurs spécifiques. Ces travaux feront l’objet de publications scientifiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Un prélèvement sanguin unique sous anesthésie gazeuse sur tous les animaux utilisés dans le projet pourra être effectué. Les administrations d’inducteur se feront par voie intranasale ou intratrachéale sous anesthésie ou par voie intrapéritonéale. 3 administrations maximales auront lieu espacées de minimum 6h pour la procédure 1 et 24 h pour la procédure 2. Les administrations de « candidat médicament » pourront se faire par par voie intranasale/intratrachéale, intrapéritonéale, sous-cutanée ou gavage. Le traitement pourra commencer jusqu’à 24h avant l’exposition inflammatoire ou au moins 1h après induction et se prolonger pendant toute la durée de l’expérience pour assurer un effet optimal. A noter que les traitements pourront être réalisés 2x par jour durant les 3 premiers jours, ce qui correspond au pic de l’inflammation aigüe, soit au maximum 32 administrations par animal. Les interventions, que ce soit prélèvement ou administration, sont de courte durée soit 30 sec/intervention.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La fibrose pulmonaire chez l’homme comme chez la souris est associée à une perte d’appétit et un amaigrissement. Il pourra s’en suivre une locomotion limitée. Les souris en expérimentation sont observées tous les jours pour identifier d’éventuels effets indésirables et d’éventuels signes de souffrance. Dans le projet précédent, nous avons constaté des difficultés respiratoires, une perte de poids, un poil hérissé. L’état général peut conduire à une locomotion réduite. Dans certains modèles, une légère hypothermie peut avoir lieu. Un stress sera induit par la manipulation et l’anesthésie. Une légère gêne sera présente lors de l’administration intranasale ou intratrachéale. Certaines lignées utilisées sont immunodéficientes, cependant, les phénotypes ne s’expriment pas dans nos conditions d’élevage en portoir ventilé.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort. Al’issue de la mise à mort, un lavage bronchoalvéolaire et des prélèvements seront effectués pour étudier la réponse immunitaire dans les différents compartiments.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Nous menons des études in vitro sur des cellules épithéliales murines qui nous permettent d’évaluer la toxicité des molécules utilisées. Nous regardons l’efficacité potentielle de ces molécules en regardant la sécrétion de molécules de l’inflammation (cytokine pro-inflammatoire par exemple). Bien que nous conduisons en parallèle ces études in vitro, l’inflammation et la fibrose pulmonaires sont des pathologies globales qui ne peuvent être étudiées de façon complète que sur des animaux entiers avec leur physiologie et les différents échanges inter-organes. Le modèle animal reste indispensable afin d’examiner la réponse de l’organisme dans son ensemble. Aucun modèle expérimental in vitro n’est à même de remplacer l’animal entier pour étudier la réponse et les inter-relations entre les différents acteurs cellulaires et moléculaires des réponses immunitaires innées et acquises. C’est le seul moyen d’analyser les interactions entre les différents types cellulaires au niveau du poumon et d’examiner la pathologie au niveau histologique, aspects qui ne peuvent pas être développés in vitro ou in silico.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisés par groupe a été défini comme le nombre minimum nécessaire pour être en mesure de mettre en évidence des résultats statistiquement pertinents et reproductibles, sur les paramètres étudiés. Il ressort ainsi que 5 animaux/groupe contrôle où la variabilité attendue est faible et 10 animaux par groupe traité où la variabilité est plus grande seront nécessaires. Des tests statistiques seront réalisés systématiquement pour valider nos résultats afin de prendre en compte le nombre d’animaux et de répétitions adéquats. Nous optimisons chaque expérience en termes de prélèvements effectués et de paramètres mesurés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les principaux signes cliniques observés dans ces modèles de pathologie font partie des critères d’évaluation à savoir la prostration, amaigrissement et difficultés respiratoires. Si le poids ou la mobilité des souris sont affectés, de l’hydrogel sera déposé au fond de la cage pour limiter la perte de poids et la déshydratation. Suite aux résultats précédents et en accord avec la Structure Bien-Etre Animal, des croquettes mouillées seront déposées dans la cage dès l’administration de l’inducteur causant une perte de poids. Tout au long du déroulement des expériences, une observation quotidienne de l’état clinique des souris utilisées sera assurée, et une surveillance renforcée selon les cas. Les instillations intranasales ou intratrachéales seront réalisées sous anesthésie gazeuse afin de réduire à un strict minimum le stress et la souffrance de l’animal. Afin d’éviter la déshydratation lors de l’étude des effets du gaz halogéné, plusieurs raffinements ont été apportés en accord avec la Strcuture Bien-Etre Animal : tapis chauffant pendant l’exposition, application oculaire d’une solution en début et en fin d’exposition, système humidificateur d’air, croquettes humidifiées en fin d’exposition afin de faciliter la ré-hydratation des souris après l’anesthésie générale. Des points limites suffisamment prédictifs et spécifiques au projet seront appliqués.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le choix de la souris pour la réalisation des expériences envisagées se justifie scientifiquement : -La souris est un mammifère qui présente une architecture anatomique et fonctionnelle comparable à l’espèce humaine. -La souris est l’un des seuls modèles de mammifères permettant de telles modifications génétiques de précision cellulaire. -La souris reste l’animal modèle de référence dans la communauté scientifique pour étudier expérimentalement les mécanismes immunitaires pulmonaires. En particulier, des modèles de maladies pulmonaires chez la souris ont été développés dans différents laboratoires dont le nôtre depuis plusieurs années, ce qui nous permet de maitriser ce smodèles. L’espèce murine est le seul modèle pour lequel nous disposons de lignées génétiquement déficientes validées pour les voies de l’inflammation. Les animaux sont utilisés au stade adulte (7 semaines minimum) afin de disposer d’un organisme avec un processus de développement terminé et dont le système immunitaire est mature.