
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/01/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-818927)
Rassemblés au corral chaque mois, immobilisés dans un couloir moins de deux minutes, pesés puis inspectés site par site pour compter les tiques et les mouches fixées sur leur corps. Tous les trois mois, deux tubes de sang de sept millilitres leur sont prélevés, soit jusqu’à 48 pesées et 16 prises de sang par animal sur quatre ans, pour 390 bovins dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. L’infestation, laissée se développer naturellement au pâturage, provoque démangeaisons et irritations de la peau, et peut entraîner une anémie ou favoriser une maladie transmise par les tiques, l’objet étant de repérer les animaux génétiquement moins sensibles en vue d’une sélection. Le porteur reconnaît n’avoir fait aucun calcul statistique préalable pour fixer les effectifs, et indique que les bovins ne subiront « aucune conséquence délétère » empêchant leur réutilisation.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Différentes familles d’arthropodes hématophages peuvent affecter les troupeaux bovins dans la région Caraibe, notamment les tiques, et les mouches piqueuses. Ces arthropodes représentent un challenge important en élevage, du fait de leur impact direct sur le bien être et la santé des animaux (plaies induites par la piqure ou le grattage, spoliation sanguine et impact physiologique) mais également par le risque de transmission de pathogènes dont ils peuvent être le vecteur ou dont ils peuvent favoriser le développement. Les conditions d’élevage au pâturage sont particulièrement favorables au maintien de populations de ces arthropodes, dont les stades libres trouvent facilement refuge dans le milieu d’élevage. Par ailleurs, les méthodes de lutte classique, par traitement biocide, le plus souvent avec des produits de synthèse, présentent à l’heure actuelle des limites, d’une part du fait de la réduction du nombre de molécules autorisées, en raison de leur impact défavorable sur les insectes et auxiliaires de cultures et sur l’environnement, et d’autre part en raison de l’apparition de souches d’arthropodes résistantes à différentes molécules. De plus, ces traitements répétés représentent un coût élevé pour les éleveurs. L’objectif du projet est d’évaluer la variabilité individuelle de sensibilité des animaux aux arthropodes et de mesurer l’impact physiologique de l’infestation par les arthropodes hématophages sur les bovins adultes et en croissance, dans des troupeaux conduits au pâturage et soumis à une infestation naturelle par les arthropodes, suivis régulièrement.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus concernent principalement l’évaluation de la variabilité de l’infestation par les arthropodes et de leur impact physiologique. Cela permettra de caractériser le degré de sensibilité / tolérance des animaux d’après différents critères physiologiques et sa variabilité génétique. Les résultats attendus devraient permettre de caractériser le déterminisme génétique de la sensibilité / tolérance, ouvrant la voie à une possible sélection des animaux sur ce critère. La sélection d’animaux moins sensibles (ou plus tolérants) aux arthropodes serait une voie originale de lutte intégrée face aux arthropodes, et permettrait d’améliorer le bien être des animaux faisant face à ces infestations et de limiter leur impact en terme de santé et de production.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront manipulés tous les mois pour la pesée et le contrôle précis de l’infestation par les arthropodes. Cette intervention consiste en une observation visuelle du corps de l’animal debout. Elle sera réalisée dans le couloir attenant au corral de rassemblement du troupeau, et durera moins de 2 minute par animal, afin d’observer soigneusement chaque site potentiel de fixation des parasites. Chaque année, on aura donc jusqu’à 12 mesures (poids et infestation) par animal. Sur la durée du projet, cela représente potentiellement jusqu’à 48 mesures, pour les animaux adultes toujours présents. Tous les trois mois environ, ils seront soumis à des prises de sang pour contrôler leur état sanitaire, soit pour des analyses sérologiques (1 tube de 7ml sans anticoagulant) et pour analyses hématologiques (1 tube de 7 ml avec anticoagulant EDTA). Cette intervention, réalisée par du personnel expérimenté, prend moins de 2 minutes, sur l’animal immobilisé dans le couloir du corral. Chaque année, on aura donc 4 mesures par animal, et potentiellement jusqu’à 16 mesures sur les animaux adultes présents durant toute la durée du projet.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La principale nuisance concerne le développement d’une infestation naturelle par les arthropodes dans les troupeaux en plein air. Comme effets indésirables, l’infestation par les mouches pourrait provoquer des réactions d’irritations de la peau et des démangeaisons, et des réactions de défense (frissons, battements de queue ou de tête, grattage,…). Des niveaux élevés d’infestation peuvent également entrainer une anémie ou des réactions inflammatoires. Les tiques pouvant être vectrices de pathogènes pourraient aussi favoriser l’apparition de maladie. Ces nuisances seront cependant contrôlées, grâce aux observations et comptages réalisés périodiquement tous les mois. Dans le cas où l’infestation serait élevée, un traitement biocide sera appliqué afin de réduire l’infestation. Les manipulations des troupeaux seront également l’occasion de suivre l’état de santé des animaux. Par ailleurs, le but des mesures de paramètres hématologique est justement de mesurer l’impact physiologique sur les animaux, et donc de vérifier qu’il n’est pas trop délétère.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La conduite d’élevage pratiquée durant le projet ne diffère pas de la conduite habituelle d’élevage des bovins au pâturage. Le suivi d’infestation permettra d’intervenir en cas d’infestation trop importante pour appliquer un traitement acaricide/insecticide. Les animaux ne souffriront d’aucune conséquence délétère qui empêcherait leur réutilisation.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe pas à l’heure actuelle de méthode alternative permettant de mesurer l’impact des arthropodes sur les animaux sans infestation par ces organismes. Des infestations expérimentales avec des doses fixes de tiques sont possible, mais l’infestation naturelle, dans la mesure où elle est suivie et contrôlée entraine des effets moindre qu’une infestation expérimentale avec des doses élevées de parasites.
2. Réduction
Les études génétiques nécessitent généralement des effectifs conséquents (plusieurs centaines d’animaux). Afin de réduire ces effectifs, nous travaillerons au sein de troupeaux expérimentaux, avec des mesures répétées périodiquement pour permettre une caractérisation fine des paramètres mesurés. En l’absence de référence antérieure sur la variabilité individuelle de l’infestation et sur l’impact sur les paramètres physiologiques, aucune approche statistique préalable n’a été réalisée pour préciser les effectifs nécessaires. Une analye intermédiaire des résultats obtenus à mi parcours du projet permettra de vérifier si les effectifs sont suffisants et d’ajuster le déroulement du projet.
3. Raffinement
Les suivis seront réalisés lors d’interventions classiques d’élevage (pesées, reproduction, suivi sanitaire). Différentes mesures seront réalisées le même jour sur les animaux lors des suivis pour limiter les manipulations. Une attention particulière sera apportée à l’observation de l’infestation et de l’état de santé des animaux. Un traitement acaricide/insecticide pourra être appliqué en fonction de la sévérité de l’infestation, afin d’éviter une infestation trop élevée (plus de 20 tiques adultes, ou note cumulée d’infestation par les mouches supérieure à 5). Si un faible nombre d’animaux dépasse ces seuils, le traitement sera individualisé; si plus des 2/3 des animaux dépassent ces seuils, le troupeau en entier sera traité. Par ailleurs, les visites bi-quotidiennes du troupeau permettront de vérifier l’état général des animaux, et de surveiller l’apparition de signes de mauvaise santé (animal isolé, apathique, affaibli, peu réactif, signe d’amaigrissement, démarche hésitante, troubles nerveux). En cas d’apparition de tels signes, on interviendra le plus précocément possible pour réaliser une prise de température, et un traitement complémentaire suivant la maladie suspectée (Carbesia pour anaplasmose ou babesiode; ou oxytetracycline pour cowdriose ou dermatophilose).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’espèce animale choisie est celle qui est le plus concernée par les problèmes de parasites externes dans la région. Les éleveurs se plaignent régulièrement des dégats occasionnés par ces arthropodes sur leurs troupeaux et sont demandeurs de solutions pour limiter leur impact 4 stades de développement seront étudiés suivant la période d’élevage: – vaches adultes en début de gestation ou à l’entretien – vaches adultes en fin de gestation – vaches adultes suitées, en cours d’allaitement – jeunes bovins mâles et femelles en croissance après servrage