Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

234 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance modéré et sévère. Elles reçoivent des injections répétées d’antigènes et des prises de sang, et une partie une injection de cellules d’hybridome déclenchant un épanchement liquidien abdominal prélevé après mise à mort. Le porteur décrit une douleur abdominale de plusieurs jours liée à cette ascite, avec un poids pouvant atteindre 150 % du poids initial avant euthanasie. Il indique privilégier la production in vitro et ne recourir à l’ascite que pour les hybridomes « réfractaires », jugeant l’immunisation des souris « indispensable ».

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-827664v1
Types de recherche
· Diagnostic des maladies · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Anticorps monoclonaux, Immuno-diagnostic, Immuno-détection, Maladies infectieuses émergentes
Souris : 234

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le projet vise à la génération et à la production d’anticorps monoclonaux de souris dirigés contre différentes cibles notamment des antigènes de microorganismes pathogènes ou de toxines. Ces anticorps servent développer des tests de détection des cibles et de diagnostic de microorganismes pathogènes ou de toxines responsables de maladies infectieuses et d’intérêt dans le domaine de la maitrise et la détection des risques biologiques. Ce type de tests est particulièrement adapté à un suivi de l’émergence ou de la ré-émergence de certaines maladies infectieuses (ex : Ebola, ZIKA, Covid-19, Variole du singe, etc.). Les anticorps monoclonaux sont utilisés depuis plusieurs décennies dans ce type d’application et de nouveaux tests rapides de diagnostic et de détection doivent régulièrement être mis au point pour suivre les émergences des maladies infectieuses, de différentes pathologies, pour la bio sécurité et la bio sureté. Le développement de nouveaux tests antigéniques nécessite donc la génération de nouvelles lignées cellulaires sécrétrices d’anticorps monoclonaux spécifiques pour répondre à ces besoins importants pour la santé publique. Pratiquement, cette génération d’anticorps se fait en deux étapes : -D’abord une étape d’immunisation d’un animal avec un antigène pour recueillir ses lymphocytes immuno-stimulés par l’antigène; -Ensuite ces lymphocytes sont immortalisés in vitro par fusion cellulaire pour obtenir des cellules appelées « hybridomes » capables de produire un seul anticorps (anticorps monoclonal). Une étape de production massique des anticorps est ensuite réalisée in vitro, en cultivant les lignées d’hybridomes dans des bioréacteurs. Néanmoins, il peut arriver, dans de rares cas, que la culture de certains hybridomes ne soit pas réalisable de la sorte. Le recours à un animal est alors nécessaire, avec injection de cellules d’hybridome dans l’abdomen de souris qui entraine en quelques joursun épanchement liquide dans l’abdomen. Ce liquide est appelé « liquide d’ascite » et contient les anticorps qui nous intéressent..

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Ce projet va permettre de générer des anticorps monoclonaux sur le territoire national pour garantir la souveraineté et la sécurité des approvisionnements dont nous avons pu mesurer l’importance lors de la pandémie de COVID19. Cela permettra la mise au point, la validation et la fourniture de moyens diagnostiques appropriés, performants et répondant aux préconisations des autorités de santé.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les animaux seront soumis à 3 ou 4 injections (durée totale de chaque injection d’environ 10 secondes) d’antigènes avec une seringue pour les immuniser à la fréquence d’une injection par mois. Les animaux seront soumis à 3 ou 4 prises de sang (durée de l’intervention environ 30 à 40 secondes) à la fréquence maximale d’un prélèvement par mois. Certains animaux seront soumis à une injection d’une substance immunostimulante et de cellules hybridomes (durée totale de chaque injection d’environ 10 secondes) déclenchant la formation d’un liquide abdominal dont le prélèvement est réalisé après euthanasie des animaux. Les animaux pourront également être identifié par pose d’une puce electroniqueélectronique (durée totale 30 secondes) Certains animaux pourront aussi être irradiés à faible dose pendant 3 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les effets indésirables prévisibles sont : -douleur au point d’injection induite par l’injection de substances (non pathogènes) destinées à immuniser les animaux contre un antigène. La durée de l’effet, compensé par une analgésie adaptée, est de l’ordre de quelques heures. -Douleur abdominale induite par l’injection d’une substance induisant l’apparition d’un liquide d’ascite abdominal. La durée de l’effet, compensé par une analgésie adaptée est de l’ordre de quelques heures. -Douleur induite par l’accumulation d’un liquide d’ascite intra abdominal. La durée de l’effet, compensé par une analgésie adaptée, est de l’ordre de quelques jours (5 à 6 jours). -Douleur au point d’injection (veine caudale) ou de prélèvement (sous mandibullaire). -Douleur lors de la pose de la puce électronique. -Stress de la contention avant décapitation. -Possible anorexie post irradiation

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Tous les animaux inclus dans une procédure sont euthanasiés en accord avec les protocoles scientifiques publiés pour la génération et la production d’hybridomes et d’anticorps monoclonaux de souris.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le développement d’hybridomes à des fins diagnostiques ou de détection nécessite d’atteindre un niveau d’immunisation très élevé. Les méthodes d’immunisation in vitro avec des lymphocytes naïfs ne permettent pas, en l’état actuel des connaissances, d’obtenir des réponses immunitaires suffisantes. Le recours à .l’immunisation d’animaux afin d’obtenir les lymphocytes immuno-stimulés par l’antigène est nécessaire Que ce soit pour l’étape de production de petites quantités d’anticorps pour leur sélection ou de production massique d’anticorps, nous recourons systématiquement en première intention à des méthodes in vitro de cellules en culture. Les autres technologies in vitro (utilisation de phages par exemple) ne permettent par la génération d’anticorps de qualité suffisante pour leur emploi final dans des tests diagnostiques répondant au niveau d’exigence attendu par les autorités de santé. Uniquement dans les cas où l’hybridome d’intérêt sera «réfractaire » à la production in vitro, nous serons amenés à recourir à l’induction d’ascite chez l’animal. Dans une vision moyen terme, le laboratoire souhaite débuter des études visant à mettre au point des organoïdes en culture permettant la maturation de lymphocytes, avec l’objectif dans plusieurs années, de pouvoir obtenir des réponses immunitaires in vitro de haute affinité. Dans l’immédiat l’immunisation des souris reste indispensable.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

La production par induction d’ascite est remplacée à partir de cette saisine par la production in vitro par culture de cellules. Néanmoins, compte tenu de l’absence de recul suffisant, nous estimons qu’une quinzaine de pourcent des hybridomes générés n’auront pas de capacité de prolifération suffisante pour être produit in vitro. Ces hybridomes « réfractaires » seront produits par induction d’ascite sur un nombre minimal de souris. Huit projets maximum sont planifiés sur 2 ans, représentant un total possible de 160 hybridomes. Le besoin est donc à ce niveau estimé à 64 souris maximum sur les 2 ans du projet. Un nombre de 50 souris maximum doit également être prévu sur les 2 ans pour éventuellement produire un lot d’anticorps dans le cadre d’une urgence sanitaire. Ces prévisions représentent une diminution du nombre d’animaux utilisés annuellement pour l’induction massique de 93% par rapport à notre précédente projet.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les prise de sang seront réalisées après anesthésie des animaux. Les animaux seront hébergés en groupe avec cycle diurne-nocturne de 12 heures. L’eau et la nourriture seront fournies à volonté. Les animaux seront examinés quotidiennement par le personnel sous la supervision permanente du responsable du bien-être animal.. Les mesures spécifiques prises pour réduire au minimum les nuisances sur le bien-être des animaux dans les procédures expérimentales seront : -Une analgésie continue dans l’eau de boisson. -Une injection sous-cutanée d’un antidouleur réalisée aussi souvent que de besoin. -Une anesthésie gazeuse à l’isoflurane 3% avant chaque prélèvement sanguin ou ponction du liquide d’ascite. Pour la production d’anticorps par induction d’ascite, les animaux sont surveillés quotidiennement et de façon renforcée à partir du 7ème jour post-injection des hybridomes. Les souris sont pesées au moment de l’injection des hybridomes puis quotidiennement (week-end compris) à partir du 7ème jour post injection, la prise de poids résultant de l’accumulation du liquide d’ascite dans l’abdomen ne doit pas dépasser 150% du poids initial de l’animal (selon la recommandation du CNREEA du 28 juin 2017). Si lors de la surveillance, apparaissait un signe pouvant traduire un stress ou une souffrance de l’animal, une observation plus poussée sera alors pratiquée, à l’aide d’une « grille de scoring ». Si l’examen conclut à la souffrance de l’animal alors celui-ci sera euthanasié sans délai.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les souris sont un choix obligatoire car l’immortalisation des lymphocytes issus des souris immunisées se fait par fusion cellulaire avec les cellules de myélome de souris (lignée cellulaire établie et approvisionnée auprès de collections internationales de cellules). Il n’est techniquement pas possible de réussir cette étape si les lymphocytes et le myélome ne sont pas issus de la même espèce (souris en l’occurrence). Différentes souches de souris pourront être utilisées en fonction des antigènes injectés car elles peuvent avoir un répertoire immunologique différent qui peut modifier le niveau de réponse immunitaire. Ces choix seront faits selon les données bibliographiques et l’expérience passée du laboratoire. Toutes les souris que nous utiliserons seront de jeunes adultes (6 à 8 semaines). A cet âge, les animaux ont la maturité immunologique nécessaire pour obtenir de bonnes réponses immunitaires. Jeunes adultes (6 à 8 semaines). Les animaux adultes ont la maturité immunologique nécessaire pour produire de bonnes réponses immunitaires.