
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/06/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-926977)
Prélevées jusqu’à dix fois à la veine de la queue, une fois par œil en rétro-orbitaire, et traitées jusqu’à deux fois par jour pendant un mois par voie orale, 3 000 souris sont utilisées dans des essais de médicaments contre le lupus. 600 d’entre elles relèvent d’un niveau de souffrance sévère et toutes sont tuées pour prélever leurs organes. Le lupus provoque chez elles une insuffisance rénale progressive et fatale, avec perte de poids, activité réduite, lésions cutanées douloureuses, polyarthrite et inflammation des glandes salivaires, sur trois à quatre mois. Le porteur annonce une grille de cotation quotidienne fondée sur la perte de poids, l’aspect général et le comportement, pour tuer les souris avant que les signes cliniques ne deviennent trop sévères, sans indiquer les seuils retenus.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet consiste à évaluer l’efficacité de nouveaux traitements dans des modèles de lupus chez la souris. Le lupus systémique (LS) est une maladie auto-immune chronique caractérisée par la production d’autoanticorps dirigés contre les propres organes du patient. La maladie affecte de nombreux organes comme la peau, les articulations, le cœur, les reins et les systèmes nerveux et hématologiques. La prévalence au niveau mondiale est de 44 pour 100000, 9 sur 10 étant des femmes. Le traitement du lupus adaptée au risque évolutif individuel et à l’activité de la maladie et fait l’objet d’ajustements en cas d’inflammation persistante. En général ces traitements ciblés contrôlent bien la progression de la maladie chez la majorité des patients. Mais ils peuvent induire des effets secondaires assez problématiques à gérer, parfois toxiques. Il y a environ un tiers de patients pour qui ces traitements sont largement inefficaces ou ont perdu en efficacité ou bien ont conduit à des complications sérieuses comme des infections fongiques. Le LS est une maladie extrêmement hétérogène dans ses manifestations et mécanismes sous-jacents. La recherche pharmaceutique est donc orientée vers le développement de traitements mieux tolérés ou ciblant spécifiquement les catégories de patients sans solution thérapeutique avec pour objectif une rémission durable.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les études de ce projet permettront d’évaluer le potentiel thérapeutique de médicament expérimentaux dans le lupus systémique. A court terme elles permettront de faire évoluer le projet de recherche : Un effet thérapeutique en deçà des objectifs conduirait soit à conduire une campagne d’optimisation du principe actif, soit à un arrêt définitif du projet de recherche. Un effet thérapeutique en ligne avec les attentes permettrait d’initier les phases de développement suivantes, c’est-à-dire les études pharmacocinétiques et toxicologiques réglementaires. A plus long terme, ces études permettront d’aider à déterminer les doses qui seront administrées chez les patients et enfin à procurer un traitement efficace et mieux toléré aux personnes souffrant du lupus.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les gestes techniques concernent tous les animaux. -Pesées : Durée 30 secondes, sur animal vigile, jusqu’à 1 fois pour jour de 1 à 3 mois. -Mesure de la température corporelle : Durée 15 secondes, sur animal vigile ou sous anesthésie générale per injection ou gaweusse, via une sonde rectale pour rongeur, pourrait être effectuée pour confirmer une hypothermie. 3 fois par animal. -Prélèvement de sang par voie retro-orbitale au cours de la procédure : Durée 30 secondes, sous anesthésie générale par injection ou gazeuse. 1 fois par oeil et par animal. -Prélèvement de sang via la veine caudale : Durée 30 secondes, sur animal vigile ou sous anesthésie générale par injection ou gazeuse. Jusqu’à 10 fois par animal. -Prélèvement de sang terminaux par ponction cardiaque : Durée 30 secondes, sous anesthésie générale par injection ou gazeuse. 1 fois par animal. Les volumes et lq fréquence des prélèvements seront selon les criètres de la consigne SBEQ en vigueur. Les volumes seront généralement de 20 à 50 µl. Le volume total prélevé n’exèdera pas 7,5% du volume estimé de sang total de l’animal sur une période de 24 heures. Des périodes de récupération seront mises en place, pouvant aller jusqu’à 1 semaine. Administrations des composés à potentiel thérapeutiques. Plusieurs choix possibles : -Par voie orale : Durée 10 secondes sur animal vigile, jusqu’à 2 fois par jour pendant 1 mois. -Par voie intrapéritonéale : Durée 10 secondes sur animal vigile 1 fois par semaine pendant 3 mois. -Par voie sous-cutanée : Durée 10 secondes sur animal vigile, 1 fois par jour pendant 3 mois en alternant les sites d’injections. -Par voie intraveineuse retro-orbitale : Durée 30 secondes, sous anesthésie générale par injection ou gazeuse. 1 fois par oeil et par animal, par étude. -Par voie intraveineuse par la veine caudale : Durée 30 secondes, sur animal vigile ou sous anesthésie générale par injection ou gazeuse. 2 fois par mois pendant 3 mois. -Par voie in
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le lupus induit chez la souris une dégradation rapide de son état de santé. Cette dégradation est due principalement au développement d’une insuffisance rénale progressive, à terme fatale pour les animaux.Les souris seront sujettes à une perte de poids progressive, à un état de fatigue se traduisant par une activité réduite, à des douleurs liées aux lésions cutanées, au développement d’une polyarthrite rhumatoïde, à une inflammation des glandes salivaires et des vaisseaux sanguins. L’intensité de ces effets se développera de manière progressive sur une durée maximale de 3 4 mois. Dans le cadre des études de ce projet les souris seront mises à mort avant que les signes cliniques ne deviennent trop sévères. Une grille d’évaluation du lupus et de l’état général des souris sera utilisée pour le suivit des souris au quotidien. Les critères principaux comprendront la perte de poids, l’aspect général, le comportement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort à la fin de la procédure pour permettre le prélèvement des organes d’intérêts qui feront l’objet d’analyses comme le dosage de biomarqueurs et les concentrations des composés à potentiel thérapeutiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Une revue de la littérature montre qu’il n’existe pas à ce jour de systèmes in silico ou in vitro qui permettraient de modéliser l’extrême complexité de la physiopathologie du lupus et d’étudier l’effet de nouveaux traitements. Les systèmes in vitro les plus sophistiqués du moment sont des cultures d’organoïdes qui représentent des versions simplifiées d’organes. Or l’écosystème dont la pharmacodynamie, la pharmacocinétique et le lupus dépendent, intègre de nombreux tissus et organes (vaisseaux, reins, foie, système immunitaire, sang etc.). A ce jour, seule l’utilisation d’un animal peut permettre d’étudier les interactions complexes entre les traitements expérimentaux et ces différents systèmes biologiques. Cependant, les études de ce projet s’appuieront très largement sur les résultats d’études réalisées sur des cellules en culture et autres systèmes in vitro (biochimiques, physiques). Ces phases d’évaluation in vitro évitent d’utiliser l’animal directement et donc réduisent son usage. L’utilisation d’animaux dans ce projet permettra de démontrer le potentiel thérapeutique de nouveaux traitements ce qui est une étape indispensable avant l’évaluation sur des volontaires sains, puis sur des patients.
2. Réduction
Les composés seront préalablement évalués sur une batterie de tests in silico et in vitro. Ces tests permettent de prédire certaines caractéristiques médicamenteuses des composés). En outre, le profil pharmacocinétique chez le rongeur aura aussi été déterminé. De nombreux composés seront donc éliminés du fait de leur faible performance sur ces tests. La probabilité d’observer une activité sur les modèles animaux de ce projet sera par conséquent élevée. Le nombre d’animaux prévu pour ce projet se base sur les données de la littérature et les données de mise en place des modèles, notamment des analyses de puissance statistique et des analyses de détermination de la taille des groupes expérimentaux. L’effet des composés expérimentaux sera évalué à l’aide de tests statistiques et la procédure d’analyse sera validé par des statisticiens comme il est d’usage dans la recherche pharmaceutique.
3. Raffinement
Les procédures potentiellement douloureuses ou source d’inconfort ou de stress se feront sous anesthésie gazeuse. Les animaux feront l’objet d’une surveillance clinique et sanitaire journalière sur la durée de la procédure. Des soins adaptés seront donnés aux animaux affectés, par ou sous l’autorité du vétérinaire ou mis à mort selon les recommandations définies dans la consigne en vigueur. Un plan d’action sera établi et mis en place lors d’évènements inattendus. Le nombre de manipulations sur l’animal sera réduit au strict nécessaire car le stress lié à la manipulation peut avoir un impact sur la réponse inflammatoire et immunitaire et donc sur la sévérité du lupus. Des critères d’arrêt anticipé seront mis en place pour chaque procédure afin de réduire tout inconfort, stress, souffrance ou douleur inutile. La gravité du lupus sera évaluée grâce à un système de cotation pour permettre d’anticiper les dommages irréversibles de la maladie et mettre à mort les individus impactés et ainsi prévenir des souffrances inutiles.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La grande majorité des modèles et techniques utilisés dans la recherche médicale et pharmaceutique a été décrite chez le rat et la souris. De nombreuses données sur les modèles de lupus chez la souris existent déjà dans la littérature et peuvent être utilisées pour la mise en place des modèles et aider à l’avancement des projets (exemple : effets de molècules de réfèrences). Adulte : Les données de la littérature indiquent que le lupus peut être induit chez la souris adulte et se manifeste chez des souris mutantes ou transgéniques de 5 à 24 semaines d’âge.