
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 26/06/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-947677)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le microbiote intestinal est une communauté dynamique, composée de microorganismes (bactéries, champignons, virus) influencée par de multiples facteurs tout au long de la vie d’un individu. La transmission du microbiote par la mère est le facteur le plus important qui conditionne le schéma de colonisation microbienne chez le nouveau-né (primocolonisation). Des perturbations au cours de cette période peuvent avoir un impact sur le développement et des conséquences néfastes pour la santé du nouveau-né au cours de sa vie. Des études chez l’homme ont démontré que le microbiote des nouveau-nés mis au monde par césarienne est modifié par rapport à celui des enfants nés par voie naturelle. Par ailleurs, leur risque de développer des maladies chroniques, notamment des maladies inflammatoires de l’intestin et de l’asthme, est également plus important. Notre hypothèse est que la modulation du microbiote intestinal du nouveau-né par le biais de l’administration d’une formule de lait en poudre pour nouveaux-nés améliorée pourrait prévenir le développement de maladies chroniques, notamment les maladies inflammatoires de l’intestin et du poumon comme l’asthme. Dans ce projet, nous utiliserons un modèle de souris née par césarienne pour déterminer la capacité d’une supplémentation avec différentes formules infantiles à restaurer les interactions microbiote-hôte. Pour évaluer si cette restauration est bien fonctionnelle, nous allons soumettre les souris soit à un modèle d’inflammation du côlon soit à un modèle d’asthme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice essentiel de ce projet est d’évaluer la capacité de formules infantiles à améliorer la résilience du microbiote intestinal et les conséquences physiologiques liées à la naissance par césarienne. Il s’agit donc d’améliorations de connaissances fondamentales et de perspectives potentielles d’utilisation de formules spécifiques pour aider à la restauration d’un microbiote altéré par la césarienne.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– Contentions et administrations orales sur animal vigile: 7 fois pour 180 animaux 14 fois pour 90 animaux 21 fois pour 90 animaux 22 fois pour 720 animaux 28 fois pour 336 animaux 41 fois pour 720 animaux Chaque contention/administration orale dure environ entre 15 secondes et une minute. – Contention et administration intra-nasale sur animal anesthésié : 11 fois pour 720 animaux 17 fois pour 720 animaux Chaque contention/administration nasale dure environ 15 secondes. – Prélèvement de fèces sur animal vigile : 1x pour 90 animaux 2x pour 1 482 animaux 3x pour 48 animaux 6x pour 336 animaux Chaque prélèvement dure quelques minutes. – Anesthésies injectables: 1 fois pour 336 animaux ; Une anesthésie correspond à une piqûre réalisée en 15-20 secondes environ. – Anesthésies gazeuses : 11 fois pour 720 animaux et 17 fois pour 720 animaux – Administration intrarectale sur animal anesthésié : 1 fois pour 336 animaux ; Une administration dure 20 secondes. – Prélèvement de sang : sur animal vigile, 1 fois pour 696 animaux ; sur animal anesthésié, 1 fois pour 1 440 animaux. Un prélèvement a une durée totale de 1 minute environ. Pesées des animaux vigiles : 1x pour 360 animaux 10x pour 720 animaux 24x pour 336 animaux 28x pour 720 animaux Une pesée dure environ 5 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’inflammation intestinale est très localisée au niveau du côlon et peut générer des douleurs modérées pendant quelques jours. Les animaux subiront une perte de poids pendant 2 à 3 jours ainsi qu’une potentielle constipation. La poussière d’acariens, administrée dans le nez, entraîne une inflammation pulmonaire localisée. Elle pourra induire un léger retard de la prise de poids chez les souriceaux. Les souris exposées aux allergènes ressentiront un bref inconfort suite aux instillations et pourraient présenter des modifications respiratoires passagères immédiatement après l’administration de la poussière d’acariens (d’une durée de quelques minutes). La présence de symptômes tels que des éternuements ou des démangeaisons au niveau du museau pourrait être observée transitoirement, mais aucune difficulté respiratoire à long terme n’est attendue. La contention, les administrations orales peuvent générer un inconfort et un stress transitoires pour les animaux. La piqûre nécessaire pour les anesthésies génère une douleur légère et passagère. Par ailleurs, nous isolerons les animaux dans des pots en plastique transparents afin de collecter des fèces individuellement. Cet isolement dure quelques minutes et pourra générer un stress de courte durée. Enfin, en fin d´essai, nous réaliserons un prélèvement de sang. Ce prélèvement génère une brève douleur passagère pour les animaux non anesthésiés (certains le seront).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort pour prélèvement d’organes nécessaires aux analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les rongeurs sont utilisés pour les études des interactions microbiote-hôte, car de telles expériences ne peuvent pas être réalisées sur des cultures cellulaires qui ne permettent pas de reconstituer les communications entre les différents organes. A l’heure actuelle, les études in vitro des effets de bactéries, de composés bactériens ou d’autres substances sur l’inflammation intestinale ou l’asthme comportent encore des limites. Des modèles cellulaires existent et sont bien décrits : ils seront d’ailleurs utilisés en amont de notre projet pour effectuer un premier criblage de composés candidats. Cependant, ces modèles in vitro ne reflètent pas de manière idéale la complexité des interactions entre le microbiote intestinal et les bactéries ou composés candidats. L’intérêt d’un modèle in vivo est également d’étudier la réponse du système immunitaire de l’hôte à l’administration de ces bactéries ou composés bactériens. Malgré le fait que certains paramètres peuvent être évalués à partir de modèles in vitro, la complexité des mécanismes immunitaires chez l’hôte fait que ces modèles in vitro ne sont pas suffisants.
2. Réduction
Les formules testées seront issues d’un programme préalable de criblage in vitro afin de ne conserver, pour les études sur les animaux, que des bactéries ayant montré un potentiel dans ces modèles. Par ailleurs, nous utilisons toujours une approche statistique pour déterminer la taille de nos groupes en fonction de l’intensité des effets que nous souhaitons mettre en évidence et des données déjà disponibles.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés à plusieurs afin de ne pas les exposer à un stress lié à l’isolement. Les quelques fois où les animaux seront séparés pour être manipulés ne représentent qu’un temps très court (10 minutes maximum), pour la récupération de fèces dans des pots. Nous incluons des enrichissements dans les cages : cellulose à déchiqueter et permettant la nidification, bâtons à ronger, maisonnettes en carton (sans encre). Le matériel utilisé est adapté pour empêcher les blessures et réduire l’inconfort. Les manipulateurs maitrisant les gestes, le temps d’intervention et donc le stress seront réduits. Nous utiliserons des anesthésies adaptées en temps et aux besoins des essais. Lors des anesthésies, un gel oculaire sera appliqué pour prévenir le dessèchement des yeux des animaux. Des pads, avec une température stabilisée de 37°C, seront également placés sous les cages pour maintenir la température corporelle des animaux pendant l’anesthésie. Des tapis chauffants électriques pourront aussi être utilisés. Des points limites adaptés sont définis afin de réduire au maximum la douleur ressentie par les animaux. Une grille de score sera utilisée et mènera à des actions permettant d’agir selon un arbre décisionnel adapté et prédéfini.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est une espèce de référence en nutrition, toxicologie, cancérologie et immunologie et un modèle d’étude très largement utilisé dans le cadre de l’étude de pathologies intestinales et respiratoires humaines. La lignée retenue pour ce projet a été sélectionnée car elle a de fortes performances de fertilité et une bonne taille de portée. Les souris seront utilisées au stade du nouveau-né, nécessaire pour observer les phénomènes de colonisation bactérienne au moment de la mise-bas, et au stade adulte pour les effets de l’inflammation intestinale ou de l’asthme.