Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’Ataxie Apraxie Oculomotrice de type 1 (AOA1) est une maladie neurologique rare héréditaire qui touche le système de réparation de l’ADN dans les cellules du système nerveux central (SNC), en particulier une zone spécifique appelée le cervelet, mais aussi le système nerveux périphérique et la moelle épinière. Cela se caractérise chez les patients, en particulier des enfants entre 2 et 10 ans, par une ataxie cérébelleuse, une apraxie oculaire, une absence de réponse musculaire aux stimuli, et un handicap moteur sévère avant l’âge de 25 ans. A l’heure actuelle, il n’existe aucun traitement pour cette pathologie. Un modèle animal de la pathologie a été développé afin de mieux comprendre les mécanismes de la maladie et tenter de trouver de nouvelles stratégies thérapeutiques. L’objectif de ce projet sera de caractériser ce modèle animal puis d’évaluer l’efficacité d’une approche de thérapie génique avec ce modèle.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

L’Ataxie Apraxie Oculomotrice de type 1 (AOA1) est une maladie neurodégénérative rare de la famille des ataxies cérébelleuses autosomiques récessives. Cette pathologie neurologique héréditaire se caractérise par une ataxie cérébelleuse à début précoce (âge moyen d’apparition : environ 4 ans) et entraine un handicap moteur sévère, avant l’âge de 25 ans. A ce jour, il n’existe aucun traitement curatif pour les patients. Le bénéfice de ce projet sera tout d’abord d’obtenir une caractérisation du modèle murin de la pathologie d’AOA1 afin de s’assurer de sa fiabilité pour l’évaluation de stratégies thérapeutiques. Si cette première étape est concluante ce projet permettra également d’évaluer l’efficacité d’une thérapie génique. Si l’efficacité de cette thérapie est démontrée sur ce modèle animal, à plus long terme, cela pourrait contribuer à demander un projet à plus grande échelle visant à proposer un essai thérapeutique chez des patients atteints d’Ataxie Apraxie Oculomotrice de type 1.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Une partie des animaux aura une injection de thérapie génique sous anesthésie générale (durée 5 minutes au total, une fois). Tous les animaux réaliseront 3 tests comportementaux répartis sur 3 jours chaque mois (14 fois maximum), pour évaluer leur motricité. Nous aurons un jour avec un test évaluant l’extension des pattes (1 essai de 10 secondes maximum). Puis un jour avec un test évaluant la coordination générale (1 essai d’entrainement et 3 essais de 2 minutes maximums avec une pause de 30 minutes entre chaque essai). Enfin un jour avec un test d’évaluation de la motricité (1 essais d’entrainement suivi de 3 essais de 5 minutes maximums avec une pause de 30 minutes entre chaque essai).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Une partie des animaux, en raison de leurs modifications génétiques, présenteront des difficultés motrices significatives et des tremblements (phénotype dommageable) à partir de l’âge de 200 jours s’accentuant jusqu’à l’atteinte d’incapacité à se déplacer à partir de l’âge de 400 jours. Ces animaux présenteront également un risque augmenté de développement de certains cancers, des anomalies immunitaires et une durée de vie réduite. L’anesthésie générale réalisée pour administrer la thérapie génique pourra engendrer des risques d’hypothermie, de sécheresse oculaire et de difficultés cardiaque et respiratoire. Ces risques demeureront rares en raison de la courte durée de l’anesthésie. L’injection de la thérapie génique sera associée à des risques d’inconfort au niveau de la zone d’injection, de saignement après injection et un risque rare de lésion oculaire. En fonction du poids des animaux cette injection pourra être associée à un risque d’œdème pulmonaire qui se visualiserait chez l’animal par des difficultés respiratoires. Les tests comportementaux pourront générer un stress en lien avec le changement d’environnement et le test en lui-même.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

En fin de procédure tous les animaux seront euthanasiés afin de réaliser des prélèvements d’organes d’intérêts, et leurs analyses, nécessaires pour répondre à notre question scientifique

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il a été démontré qu’un modèle in vitro d’AOA1 peut être généré à partir de cellules souches spécifiques provenant de patients. Bien que ce modèle cellulaire constitue un outil pertinent pour l’étude des altérations moléculaires et cellulaires associées à la pathologie, il présente des limitations majeures. En particulier, il ne permet pas de reproduire le phénotype ataxique ni d’évaluer les conséquences fonctionnelles et comportementales de la maladie. Dans ce contexte, le recours à un modèle in vivo apparaît indispensable afin de reproduire de manière adéquate les troubles moteurs et neurodégénératifs observés chez les patients. Le tissu nerveux ne pouvant être accessible chez l’Homme et les essais thérapeutiques ne pouvant être testés directement chez l’Homme, il est essentiel de recourir à des études pré-cliniques chez l’animal. La souris représente un modèle pertinent pour approfondir la compréhension des mécanismes physiopathologiques de l’AOA1 et pour évaluer des approches thérapeutiques, notamment de thérapie génique, susceptibles de ralentir la progression de la maladie et potentiellement la guérir. Étant donné qu’un modèle de l’AOA1 associé à la mutation génétique que nous voulons cibler a déjà été créé chez cette espèce, ce modèle constitue un outil particulièrement pertinent et approprié pour nos études de recherche.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous limitons au maximum le nombre d’animaux par groupe de façon à obtenir des résultats fiables. Compte tenu de la littérature et des effets attendus, un test de puissance statistique a été utilisé pour déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaires. De ce fait un nombre de 10 à 30 souris par groupe a été choisi pour nous permettre de limiter la variabilité inter-animale et inter-groupe, et ainsi réaliser des tests statistiques fiables. De façon générale nos résultats seront analysés avec les tests statistiques appropriés. Un nombre total maximal de 330 souris sera nécessaire pour ce projet. Le projet comprend deux procédures, les résultats de la première conditionneront la réalisation de la deuxième, ainsi le nombre d’animaux déclaré ici est un maximum mais tous ne seront peut-être pas utilisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés dans des conditions conformes à la réglementation en vigueur pour l’espèce. Ils bénéficieront d’eau et de croquettes à volonté, ainsi que d’un enrichissement de leur environnement composé à minima d’un carré de coton pour nidifier et d’un bâtonnet de bois à ronger. Ils seront observés quotidiennement et pesés une fois par semaine minimum. En cas d’anomalie celle-ci sera transmise à la structure chargée du bien-être animal, au vétérinaire et à notre équipe afin de mettre en place une prise en charge rapide et adaptée pour l‘animal. Des points limites sont définis et seront respectés pour éviter toute souffrance des animaux. Pour les souris génétiquement modifiées susceptibles de développer une ataxie à partir de l’âge de 200 jours, nous mettrons en place des mesures supplémentaires afin d’assurer leur bien-être. En plus de l’observation quotidienne nous les surveillerons spécifiquement, les pèserons 2 fois par semaine et ajouterons un soutien nutritionnel dans le fond de la cage (eau gélifié, croquettes humidifiées ou non) pour pallier les difficultés motrices et en cas de perte de poids. Un enrichissement supplémentaire sera également ajouté dans les cages (maisonnette). Pour les tests comportementaux les animaux bénéficieront d’une période d’habituation de 30 minutes à la pièce d’expérimentation avant chaque test. Les tests seront répartis sur 3 jours afin de laisser un temps de repos aux animaux entre chaque test. Pour les tests nécessitant 3 essais, les animaux bénéficieront d’une période de repos de 30 minutes entre chaque essai. Les injections de thérapie génique seront réalisées sous anesthésie générale afin de réduire le stress et bénéficier d’une bonne immobilité de l’animal. Du gel oculaire sera appliqué à la fin de la procédure d’injection pour réduire l’inconfort et une surveillance spécifique des animaux sera mise en place sur les jours suivants.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est une espèce largement utilisée pour modéliser les pathologies humaines. Son génome est bien connu et des outils sont disponibles pour le modifier. Dans le cas de l’Ataxie Apraxie Oculomotrice de type 1 un modèle de souris génétiquement modifié a été créé pour modéliser cette pathologie et donc permettre d’observer les symptômes de la pathologie tels qu’observés chez l’humain. Nous avons donc choisi de l’utiliser pour ce projet pour reproduire et étudier la pathologie et surtout pour évaluer l’effet de notre approche de thérapie génique. Pour caractériser notre lignée de souris génétiquement modifiées elles seront utilisées à partir de l’âge de 1 mois jusqu’à l’âge de 8 mois maximum. En effet d’après les caractéristiques déjà connues de cette lignée, les signes de problèmes moteurs importants devraient apparaitre à un âge compris entre 6 et 7 mois, ainsi réaliser la caractérisation de 1 à 8 mois nous permettra de détecter l’apparition des troubles moteurs et suivre leur évolution à l’aide de tests spécifiques. Par la suite, pour évaluer l’efficacité de notre thérapie génique avec ce modèle, nous injecterons la thérapie à des souris d’un âge compris entre 1 et 4 mois, soit avant l’apparition des troubles moteurs attendus à un âge de 6-7 mois. Afin d’observer efficacement les effets à long terme de notre thérapie génique, les animaux seront suivis pendant une période maximale de 8 à 14 mois.