
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/12/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-973108)
Baguées à l’oreille, amputées d’un bout de queue pour lire leur ADN, sexées et séparées de leur mère à trois ou quatre semaines, 1 090 souris génétiquement modifiées vont être utilisées dans ce projet d’élevage, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Les femelles retenues passent en accouplement vers six semaines, les autres entrent en expérience à partir de dix semaines. Le porteur affirme que les souris porteuses de la mutation ne développent aucune maladie et ne diffèrent pas des autres, l’élevage servant à alimenter des projets sur les maladies des petits vaisseaux du foie. Celles qui ne portent pas les bonnes modifications de gènes sont tuées dès réception du génotype, les reproductrices deux mois après leur dernière portée, et celles gardées en réserve passé 20 semaines pour les femelles et 30 pour les mâles.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Notre projet est d’étudier le rôle de certaines cellules de défense de l’organisme dans le développement des maladies des petits vaisseaux du foie. Nous allons pour cela utiliser des souris possédant une mutation à l’origine d’une diminution de leurs cellules de défense de l’organisme. Pour ce projet, nous avons tout d’abord besoin d’identifier ces souris (par une bague à l’oreille) et d’étudier l’ADN de ces souris (prélèvement d’un petit bout de leur queue) pour s’assurer de la présence de la mutation qui permet la diminution des cellules de défense avant de pouvoir réaliser des accouplements des souris ou de réaliser des expérimentations.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet va permettre l’élevage des lignées de souris nécessaires pour étudier la maladie des petits vaisseaux du foie qui est encore largement incomprise. Améliorer sa compréhension est très important à la fois pour : 1/ prévoir quels patients risquent de développer cette maladie, quelle sévérité attendre et donc prévoir un suivi plus approprié. 2/ trouver de nouvelles cibles thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Ce projet consiste en l’élevage de souris génétiquement modifiées. Pour s’assurer que les souris ont bien la mutation d’intérêt, nous réaliserons le prélèvement d’un petit bout de queue à 3-4 semaines dans la vie de la souris. Ce geste nécessitera le maintien de l’animal pendant une trentaine de secondes. Ce petit bout de queue permettra d’obtenir l’ADN de la souris et ainsi de s’assurer de la présence de la mutation génétique d’intérêt. Les souris nées des accouplements seront sexées (identification et séparation des mâles et des femelles) et sevrées (séparation d’avec leur mère) à l’âge de 3-4 semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Lors du prélèvement du petit bout de queue, une contention de courte durée est nécessaire, pouvant entrainer un stress et une légère douleur à la queue, de très courte durée. Un léger saignement est également possible. Les animaux qui ont la mutation d’intérêt ne développent pas spontanément de maladie particulière et ne sont pas différents des animaux non mutés.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les souris produites au cours de ce projet seront soit incluses dans d’autres protocoles expérimentaux, soit utilisées ou stockées pour générer de nouveaux accouplements. Les souris ne présentant pas les bonnes modifications de gènes seront immédiatement euthanasiées. Les souris utilisées pour des accouplements seront euthanasiées lorsqu’elles n’auront plus donné de portées depuis 2 mois. Les souris stockées pour de futurs accouplements seront euthanasiées lorsqu’elles seront âgées de plus de 20 semaines pour les femelles et de plus de 30 semaines pour les mâles (souris trop âgées pour être utilisées en accouplement).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les pathologies du foie sont des pathologies complexes sous l’influence de nombreux facteurs notamment environnementaux. Cette pluralité des facteurs de risque et d’interactions à l’origine du développement de la maladie des petits vaisseaux du foie, rend particulièrement difficile l’étude chez l’humain. Grâce au modèle des souris nous nous affranchirons ainsi de nombreux facteurs environnementaux à l’origine du développement de la maladie des petits vaisseaux et pourrons étudier l’effet d’un seul facteur.
2. Réduction
Nous adapterons l’élevage au besoin de souris pour réalisation des expériences permettant l’étude de l’effet d’une variation du nombre de cellules de défenses sur le développement de la maladie des petits vaisseaux du foie. Nous connaissons bien l’ensemble de ces lignées de souris génétiquement modifiées (nombre et taille des portées), ce qui permet de gérer les élevages de façon raisonnée.
3. Raffinement
Afin de réduire au minimum la douleur et la souffrance qui pourraient être ressenties par les souris, nous prévoyons la mise en place de différentes actions. Tout d’abord, les souris sont hébergées dans une animalerie avec un statut sanitaire contrôlé, afin d’éviter qu’elles soient contaminées par des agents pathogènes. Elles sont maintenues en groupe dans un environnement enrichi (présence de tunnels, coton pour faire des nids et buchettes en bois à ronger). Un suivi visuel quotidien (par les animaliers et/ou les expérimentateurs) des animaux sera réalisé afin de détecter des signes de mal-être, en s’appuyant sur l’évaluation visuelle de différents paramètres (comportement, apparence physique, blessures).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle de souris permet d’utiliser des souris génétiquement modifiées. Les techniques pour modifier le génome, développées chez les souris et les nombreux outils actuellement adaptés à la souris en font un modèle de choix pour l’étude. Enfin la maladie des petits vaisseaux du foie étant une maladie multifactorielle, la proximité génétique de la souris par rapport à l’homme nous permettra de nous affranchir en partie de certaines variables occasionnées par d’autres espèces. Le sevrage, le sexage, l’identification (mise de la bague à l’oreille) et l’analyse de l’ADN des souris pour rechercher la mutation d’intérêt seront réalisés entre 3 et 4 semaines de vie. Nous choisissons cet âge pour déterminer tôt les souris portant la mutation qui pourront être utilisées pour une mise en accouplement (vers 6 semaines de vie) ou une utilisation dans les expériences prévues à partir de 10 semaines de vie.