
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 02/02/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-996091)
2 250 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance légers à modérés, avec entre 5 et 84 gavages quotidiens de particules de plastique en solution pour évaluer leurs effets sur le rein. Le porteur reconnaît que le gavage reste techniquement difficile et stressant, et que les effets des micro et nanoplastiques ingérés sont largement méconnus, objet même de l’étude. À la fin de la procédure, les souris ne sont pas tuées mais expédiées au client, leur devenir n’étant pas précisé. Aucune étude statistique n’a fixé le nombre d’animaux, celui-ci étant demandé par les clients.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Dans notre vie quotidienne, nous ingérons involontairement chaque jour des quantités non négligeables de particules de plastiques. Des études ont d’ailleurs récemment montré que des particules de plastiques étaient retrouvées dans le sang humain. Peu de choses sont connues au sujet des impacts sur la physiologie de ces particules et de leur moyen d’élimination par le corps et notamment par les reins, principaux organes de filtration du sang et d’élimination des déchets via les urines. Les objectifs de ce projet sont donc d’acquérir de nouvelles connaissances sur la prise orale de nano- et micro-particules de plastiques et d’étudier l’impact potentiel de ces particules sur l’intégrité structurelle et fonctionnelle du rein. Des particules de plastiques de différentes tailles, de différentes formes et de différentes compositions seront comparées afin de voir quels facteurs influencent l’éventuelle biotoxicité de ces particules. Afin d’étudier leurs effets à court et long termes, nous ferons également varier la durée d’administration.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les objectifs de ce projet sont d’acquérir de nouvelles connaissances sur la prise orale de nano- et micro-particules de plastiques et d’étudier les impacts potentiels de ces particules sur l’intégrité structurelle et fonctionnelle du rein. Des particules de plastiques de différentes tailles, de différentes formes et de différentes compositions seront comparées afin de voir quels facteurs influencent l’éventuelle biotoxicité de ces particules. A court terme, ce projet permettra de générer des données scientifiques robustes sur l’ingestion de particules de plastiques et leurs impacts sur la structure et la fonction rénale chez la souris. A plus long terme, les reins de la souris et de l’Homme ayant des structures et fonctions similaires, ces données pourront potentiellement être extrapolées à l’Homme et permettre ainsi de mieux comprendre l’impact des nano- et micro-particules de plastiques auxquelles nous sommes exposées quotidiennement.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux de ce projet recevront une administration orale (gavage) quotidienne sans anesthésie de particules de plastiques en solution. En fonction de la procédure et du groupe auquel ils auront été affectés, les animaux subiront au total entre 5 et 84 administrations orales au total. Le gavage en lui-même ne prend que quelques secondes, en incluant le temps de prendre l’animal en contention, l’intervention devrait au total prendre moins d’une minute.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets potentiellement indésirables de l’ingestion répétée de nano- et micro-particules de plastiques en elles-mêmes sont largement méconnus et font d’ailleurs partie de l’objet de cette étude. Au-delà des effets potentiellement indésirables des particules en elles-mêmes, les nuisances principales pour les animaux dans ce projet sont liées au gavage (irritation, stress…). En effet, le gavage a été choisi comme méthode d’administration orale pour cette étude car il offre un très bon contrôle de la dose journalière administrée tout en permettant de s’affranchir des problèmes potentiels de palatabilité, d’aversion ou d’inappétence. Toutefois, cette méthode d’administration orale reste techniquement difficile et potentiellement stressante pour l’animal. Afin de réduire au maximum l’impact négatif de cette technique, elle sera mise en œuvre par du personnel formé et expérimenté. Les animaux seront ensuite observés quelques minutes pour vérifier toute réaction indésirable liée à la procédure comme des régurgitations ou des problèmes respiratoires. Si de tels effets indésirables étaient observés, en fonction de leur gravité et sur avis d’un vétérinaire, le ou les animaux concernés pourraient être mis à morts selon une méthode réglementaire. Une attention particulière sera portée à la consommation d’eau des animaux (vidage anormalement rapide du biberon) et à l’état de salissure de la litière qui pourraient être des indicateurs de problèmes rénaux (polyurie : augmentation du volume des urines, polydipsie : augmentation de la prise de boisson…).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de la procédure les animaux seront expédiés au client. Avant leur expédition, l’état des animaux fera l’objet d’une évaluation.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans le cadre de l’étude de l’impact de nano- et micro particules de plastiques sur le rein, ce projet est réalisé chez la souris car il n’existe pas de méthode de substitution (in vitro ou in silico) pour rendre compte de la complexité anatomiques, structurelle et fonctionnelle du rein ainsi que des impacts potentiels du système immunitaire. Il n’existe pas de méthode de remplacement permettant de tenir compte de toute la complexité et de toutes les interactions existantes entre cellules et organes dans un organisme. Le recours à un modèle animal apparait donc comme la meilleure stratégie pour étudier les impacts potentiellement nuisibles des nano- et micro- particules de plastiques sur le rein.
2. Réduction
Aucune étude statistique n’a été réalisée. Le nombre minimal et suffisant d’animaux par lot est demandé par nos clients afin d’analyser de façon rigoureuse et efficace les résultats de leurs expériences et d’effectuer des analyses statistiques.
3. Raffinement
Dans ce projet, le raffinement sera obtenu par : la mise en place de contentions optimales pour des techniques d’administration orale, le recours à des procédures les moins invasives possibles, la formation du personnel,un suivi quotidien de l’état de santé des animaux avec une grille d’évaluation adaptée pour déceler tout signe clinique et atteinte des points limites. De prime abord, nous utiliserons des sondes de gavage en plastique, moins traumatisantes pour l’animal lors d’administration répétées. Il n’est toutefois pas exclu que pour des raisons techniques nous devions avoir recourt à des sondes métalliques. Les animaux seront maintenus en groupe sociaux pour améliorer leur bien-être et la qualité des données recueillies. Ils auront également à leur disposition du matériel d’enrichissement : bâtons de bois et matériel de nidification.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’une des espèces animales les plus pertinentes et les plus couramment utilisées pour étudier le rein. Les reins de la souris et de l’Homme ayant des structures et fonctions similaires, les données obtenues pourront potentiellement être extrapolées à l’Homme et permettre ainsi de mieux comprendre l’impact sur le rein des nano- et micro-particules de plastiques auxquelles nous sommes exposées quotidiennement. Ce projet sera réalisé sur des animaux de 6 semaines ou plus comme demandé par le client. Puis les animaux seront expédiés à l’âge demandé par les clients.