
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 26/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-999178)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le lupus érythémateux systémique (LES) est une maladie autoimmune grave dans laquelle le système immunitaire s’attaque à l’organisme. Cette réaction est causée par des anticorps anormaux (appelés autoanticorps) produits par des cellules appelées lymphocytes B. Les traitements actuels réduisent l’inflammation mais ne guérissent pas la maladie et peuvent avoir des effets secondaires importants. Une approche prometteuse serait d’éliminer uniquement les lymphocytes B responsables de la maladie, sans toucher au reste du système immunitaire. Pour mettre au point ce type de thérapie, il faut un modèle expérimental qui reproduise fidèlement le lupus humain. Des recherches récentes ont permis de développer des souris « humanisées », c’est-à-dire dépourvues de leur système immunitaire et greffées avec des cellules humaines. Après traitement par deux molécules (estradiol et pristane), ces souris présentent des signes proches de ceux observés chez les patients lupiques : production d’anticorps pathologiques et atteintes de la peau et des reins. Le projet consiste à développer ce modèle de souris humanisées présentant un lupus, et de tester de nouvelles thérapies dans ce modèle.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Notre projet vise à établir et caractériser un modèle de lupus chez une souris développant un système immunitaire humain. Il permettra de mieux comprendre le rôle des cellules pathogènes dans le développement du lupus, et de tester de nouvelles thérapies ciblant spécifiquement ces cellules. Ce modèle ouvrira ainsi la voie à des traitements plus efficaces et mieux tolérés pour les patients atteints de lupus.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans certaines procédures, les souris immunodéficientes seront injectées avec des cellules humaines pour développer un système immunitaire humain (humanisation). De plus, dans certaines procédures, les souris seront injectées avec une molécule (pristane) qui induit le développement d’un lupus. Plusieurs prélèvements sanguins (9 maximum) seront réalisés sous anesthésie. Plusieurs prélèvements urinaires (25 maximum) seront réalisés sur chaque animal vigile pour une durée de 2 minutes environ. Certains animaux seront soumis à des injections (51 maximum) sur animal vigile.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris traitées par du pristane développent une maladie proche du lupus humain, qui peut causer une faible perte d’appétit et donc une perte de poids. D’après la littérature, les souris injectées avec du pristane développent, à partir de 2-3 mois post-injection, un gonflement des ganglions, ainsi que des douleurs articulaires induisant des difficultés de déplacement, une mise à l’écart du/des individus et un dos voussé. A partir de 4 mois post-injection, les souris développent une dermite, entrainant une dépilation, ainsi qu’une insuffisance rénale, matérialisée par une augmentation de la protéinurie mesurable à l’aide de bandelettes urinaires. Les prélèvements sanguins répétés peuvent potentiellement générer une anémie (pâleur des muqueuses), une respiration plus rapide ainsi qu’une plaie éventuelle au site de prélèvement. Les nuisances liées aux anesthésies répétées (léger stress) sont inhérentes à toute anesthésie (l’anesthésie est cependant ici de courte durée pour un prélèvement sanguin). Les effets indésirables pendant le processus d’humanisation (jusqu’à la reconstitution complète d’un système immunitaire) des souris peuvent comprendre une sensibilité accrue aux infections liée à l’immunodéficience.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux prévus pour expérimentation seront mis à mort à l’issue de chaque procédure pour prélèvement de tissus (ou s’ils atteignent les points limites justifiant leur mise à mort).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des approches in vitro sont utilisées en amont de ce projet pour évaluer l’efficacité et la sécurité des molécules thérapeutiques, notamment sur des cellules humaines isolées et des systèmes de culture. Toutefois, ces modèles ne permettent pas de reproduire la complexité des interactions cellulaires et des réponses immunes systémiques impliquant la moelle osseuse, le thymus, la rate et les tissus cibles de l’inflammation lupique. Un modèle in vivo est donc indispensable pour étudier la dynamique des réponses immunitaires et l’impact global des traitements dans un organisme entier. La souris est l’espèce la plus appropriée pour ces études, car son système immunitaire et sa physiologie sont bien caractérisés, et son utilisation est largement validée dans la littérature.
2. Réduction
Afin de respecter la règle des 3R, une réduction du nombre d’animaux utilisés est appliquée pour répondre aux différentes questions du projet scientifique. Nous nous sommes basés sur les expériences réalisées précédemment dans des publications utilisant des modèles expérimentaux similaires et/ou sur des outils statistiques pour estimer le nombre d’animaux nécessaire.
3. Raffinement
Pour répondre à l’objectif de raffinement, les souris seront hébergées en groupes sociaux, et dans des cages comportant des enrichissements (bâtons, frisures de kraft, tunnels), dans des conditions les empêchant de développer des infections. Le phénotype des animaux sera examiné de façon bi-hebdomadaire à l’aide de grilles de score définissant des points limites, afin de soustraire les animaux à la souffrance. A la livraison des souris, les animaux seront acclimatés aux nouvelles conditions d’hébergement pendant une semaine. Pour les procédures pouvant conduire au développement d’une atteinte cutanée type dermite, une pommade cicatrisante sera administrée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
En ce qui concerne l’espèce choisie, la souris est le modèle approprié afin d’étudier les fonctions du système immunitaire impliquant la coopération cellulaire dans un organisme entier. Les connaissances chez la souris étant très développées, en particulier dans le domaine de l’immunité, pour lequel de nombreuses techniques d’analyse et de nombreux réactifs (anticorps, notamment) sont disponibles, en font un modèle approprié pour mener à bien nos différentes analyses et études. De plus, la souris est un modèle adapté pour la reconstitution d’un système immunitaire humain suite à l’injection de cellules souches hématopoïétiques humaines, modèle pertinent pour le projet présenté dans cette demande. En ce qui concerne le stade de développement, les souris seront étudiées entre un âge de 8 à 10 semaines (âge minimum de début de l’expérimentation) et de 12 mois (âge maximum de fin de lexpérimentation).