
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-02-08 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-933382)
20 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chaque animal porte une tumeur mammaire greffée, reçoit des injections répétées de luciférine et des séances d’imagerie sous anesthésie pendant deux semaines et demie, pour étudier le rôle de la MMP11 des adipocytes dans la croissance tumorale. Les souris sont ensuite tuées par dislocation cervicale ou au CO2 pour prélever les tumeurs. Le porteur affirme que l’animal est « nécessaire » pour reproduire la croissance tumorale du cancer du sein sur « l’organisme entier ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans ce projet, nous allons étudier le rôle de la métalloprotéase matricielle-11 (MMP11) sécrétée par les adipocytes dans la croissance tumorale par imagerie en bioluminescence. Au début du projet, après avoir répété la même expérience 3 fois, il a été montré que la MMP11 sécrétée par les adipocytes accélère de manière significative la croissance tumorale à un stade précoce du développement tumoral. Pour montrer cela, nous avons implanté des cellules cancéreuses mammaires en localisation orthotopique dans la glande mammaire des souris transgéniques déficientes et surexprimant la MMP11 dans le tissu adipeux. Puis, nous avons mesurer le volume des tumeurs mammaires dans ces souris à l’aide d’un pied à coulisse durant 2 semaines et demi. Etant donné que la MMP11 agit à un stade précoce du développement tumoral, nous souhaitons analyser précisément ce qui se passe au stade précoce grâce à une méthode d’imagerie sensible qui détecte les tumeurs à un stade infra clinique. Cette méthode nous permet donc de quantifier précisément les tumeurs de petite taille, de visualiser et de suivre en temps réel et de manière non invasive les cellules cancéreuses bioluminescentes afin de compléter les données obtenues avec le pied à coulisse. Nous pouvons ainsi visualiser de manière beaucoup plus précoce et fonctionnelle, la cinétique de développement des tumeurs à partir des cellules cancéreuses, ainsi que la dissémination locale des cellules tumorales. Nous n’attendons pas de dissémination à distance des tumeurs formées (métastases) car notre expérience se limite au stade précoce du développement tumoral.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Cette procédure permettra d’avoir une vision beaucoup plus précoce et fonctionnelle des tumeurs obtenues à partir des cellules mammaires cancéreuses, en présence et en absence de la MMP11, dans la quatrième glande mammaire inguinale des souris et ainsi de mettre en évidence la contribution des adipocytes dans la progression des tumeurs mammaires.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Lors de ce projet, les souris seront soumises à un total de 3 interventions réalisées par le manipulateur : 1. L’acquisition d’images bioluminescentes par l’imageur nécessite d’endormir les souris grâce à un mélange d’isoflurane et d’oxygène dans une boîte à induction en plexiglas puis de maintenir cette anesthésie durant toute la période d’imagerie (30 minutes maximum). 2. Afin d’imager les souris, pour une souris de 20-25g, 100µL de luciférine est injecté par voie intrapéritonéale afin d’injecter environ 3.3mg de luciférine par souris pour une dose de 150mg/kg. 3. Pour finir, au bout de 2 semaines et demi, les souris seront mises à mort par dislocation cervicale par une personne habilitée ou par inhalation de CO2, afin de prélever les tumeurs pour réaliser des analyses moléculaires.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris subiront des injections répétées de luciférine, nous n’attendons pas d’effets indésirables de la luciférine mais du fait de la répétition des injections, par précaution, nous surveillerons les animaux. Notre protocole d’observation des tumeurs est établi sur une courte durée (2 semaines et demi) ce qui permet d’observer les premières étapes de la cancérogénèse, ainsi les tumeurs seront de petite taille durant tout le protocole, et nous ne devrions pas observer d’effets indésirables (nécroses, métastases etc), mais les tumeurs seront tout de même surveillées tout au long du projet.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont gardés en vie pour un suivi de la croissance tumorale durant 2 semaines et demi, puis les souris seront sacrifiées afin de prélever les tumeurs pour réaliser des analyses moléculaires. Aucun animal sera donc maintenu en vie au terme de ce projet.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’utilisation des animaux est nécessaire pour mimer le plus fidèlement possible la croissance tumorale observée chez les femmes atteintes d’un cancer du sein, notamment du fait de la présence de glandes mammaires différenciées et fonctionnelles présentant du tissu adipeux, mais également du fait que la progression tumorale implique tout l’organisme et que les souris présentent un système immunitaire fonctionnel qu’il est impossible de récapituler in vitro. C’est pourquoi nous avons choisi de travailler sur la souris, animal pour lequel le processus de croissance tumorale est semblable à celui de la femme et pour lequel nous disposons de tous les outils moléculaires nécessaires pour mener à bien cette étude.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au début du projet, après avoir répété la même expérience 3 fois, il a été montré que la MMP11 sécrétée par les adipocytes accélère de manière significative la croissance tumorale à un stade très précoce du développement tumoral. Ces résultats solides permettent la mise en place d’une expérience complémentaire sur un nombre limité de souris qui viendront compléter et confirmer les données obtenues. Cela signifie également que les modèles de souris génétiquement modifiées sont déjà disponibles. Les paramètres mesurés nécessitant l’utilisation de tests statistiques sont la taille des tumeurs et le poids de l’animal. Ces paramètres seront mesurés 2 jours par semaine pendant 2 semaines et demi après l’injection des cellules cancéreuses, et les analyses statistiques se feront de manière indépendante pour chacun de ces jours. Vu que nous travaillons seulement avec des groupes de 5 souris, nous utilisons un test non paramétrique (Mann-Whitney) de comparaison entre deux groupes (souris mutantes et souris contrôles appariées) avec le logiciel PRISM qui s’appliquent aux petits échantillons.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront placés dans des cages leur assurant un bien-être avec de la sciure de bois comme litière. Celle-ci est remplacée de manière hebdomadaire pour une hygiène optimale. Le stress est diminué au maximum en hébergeant les souris dans des cages transparentes permettant la visualisation des autres souris et en les habituant à la vue de l’opérateur expérimental qualifié pour les procédures liées à l’expérimentation animale. La taille de l’aiguille permettant l’injection de la luciférine sera adaptée au poids de l’animal afin de réduire le risque de lésion induite par l’aiguille. L’occurence de blessure éventuelle et le risque d’infection au niveau de la zone d’administration de la luciférine seront pris en considération. Pendant l’imagerie, les souris sont anesthésiées afin d’éviter tout stress. De plus, les souris seront placées sur un support chauffant afin d’éviter toute déperdition de chaleur causée par l’anesthésie. Elles seront ensuite suivies dans les heures suivant l’injection. Des visites quotidiennes seront effectuées afin de vérifier le niveau d’inconfort et les signes de douleur des animaux dans la cage (diminution des comportements d’exploration, diminution de la prise de boisson et/ou de nourriture, perte de poids, posture voutée, etc…). Autrement, nous n’attendons pas de signes cliniques péjoratifs lors de la procédure expérimentale, mais nous surveillerons tout de même : la réaction des souris suite à des injections répétées de luciférine, l’aspect des tumeurs, la difficulté des souris à se déplacer à cause d’une gêne occasionnée par la taille et la localisation des tumeurs. En cas de souffrance visible ou de douleur apparente des animaux, un avis vétérinaire sera sollicité pour décider de la continuité ou de l’arrêt de l’expérience.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle de souris a été retenu car c’est le seul pour lequel il est possible de manipuler le niveau d’expression de la MMP11 en employant des souris transgéniques déficientes et surexprimant la MMP11 de manière tissu-spécifique. Ces modèles permettent de répondre directement à notre objectif. A notre connaissance, il n’existe pas d’autre modèle animal plus simple permettant de répondre à la problématique inhérente à ce projet. Les souris utilisées pour ce projet seront âgées de 8 semaines au moment de l’expérimentation de manière à étudier la progression tumorale mammaire dans un organe différencié et fonctionnel.