
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-04-06 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-541954)
2 000 hamsters dorés vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Rendus obèses puis diabétiques par injections, ils sont infectés par le SARS-CoV-2 dans les narines et suivis jusqu’à vingt-cinq jours, pour tester des thérapies contre les formes graves de COVID-19. Le porteur indique que l’infection provoque léthargie et perte de poids pouvant atteindre 15 %, la mise à mort étant déclenchée au-delà de 20 %, puis que les animaux sont tués pour analyser leurs organes. Il présente les bénéfices attendus comme une réponse à une urgence de santé publique, les vaccins ne suffisant pas selon lui à contrôler la pandémie.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but des études chez le hamster Golden Syrian obèse est d’évaluer l’efficacité des molécules avec des potentiels thérapeutiques dans ce modèle animal infecté par le SARS-CoV-2 pour reproduire la problématique de santé publique liée à la pandémie de COVID-19 dont la maladie est aggravée chez les personnes obèses. Les protocoles d’infection au SARS-CoV-2 qui seront utilisés ont été publiés dans des revues scientifiques internationales évaluées par des pairs.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les bénéfices issus de ce projet sont les suivants : -à court terme, ce projet va permettre de valider plus rapidement de nouvelles thérapies pour le traitement des formes sévères de COVID-19, qui sont le plus problématiques pour la Santé Publique puisque les patients souffrant de ces formes sévères embolisent les services de réanimation et impacte le traitement des autres patients hors COVID-19. Les vaccins ne permettant pas de contrôler complètement la pandémie, il est urgent de disposer de ces thérapies. -à long terme ce projet permettra également de mieux comprendre les mécanismes par lesquels l’obésité, le diabète et les comorbidités qui y sont associées favorisent les formes sévères de COVID-19. La compréhension de ces mécanismes permettra de développer là aussi de nouvelles thérapies, mais aussi de se préparer pour d’éventuels nouveaux variants, coronavirus, ou autres pathologies respiratoires d’origine virale dans le futur.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les hamsters obèses seront utilisés pour pouvoir évaluer des thérapies ciblant la COVID-19 pour leurs propriétés anti-virales ou anti-inflammatoires, à différentes doses (une à 2 fois par jour) et différentes durées d’administration (de 4 à 25 jours) par voie orale, sous cutanée ou intrapéritonéale. Les hamsters obèses seront rendus diabétiques par 2 injections intrapéritonéales espacées de 24h. Les animaux seront endormis par injection d’anesthésique puis infectés avec le SARS-CoV-2 avec une goutte dans les narines d’une solution contenant le coronavirus. Les animaux infectés seront hébergés au maximum jusqu’à 25 jours post-infection. Le poids et l’état de santé des animaux seront contrôlés quotidiennement. A 4 jours ou 25 jours post-infection, les animaux seront euthanasiés sous anesthésie gazeuse pour collecter du sang et différents organes (poumons, cœur, foie, tissu adipeux, etc.) afin d’analyser les effets de l’infection.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les hamsters infectés par le coronavirus sont dans un état léthargique après infection et ont donc une activité réduite, associée à une perte de poids (jusqu’à 15% en moyenne) sur 7 jours. Après ces 7 jours post-infection, les hamsters récupèrent et voient leur poids corporel de nouveau augmenter. Les points limites adaptés pour l’étude de l’infection au SARS-CoV-2 seront la perte de poids importante (> 20% du poids corporel mesuré avant infection), l’immobilité, l’isolement et la position allongée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux doivent être euthanasiés pour pouvoir faire des analyses biochimiques et histologiques des organes, plus particulièrement des poumons, pour évaluer l’efficacité des thérapies.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les seules alternatives non animales disponibles sont les modèles cellulaires exposés au SARS-CoV-2 (ex : VEroE6) qui permettent de mesurer l’activité anti-virale d’une thérapie in vitro. Cependant, ces mesures in vitro ne permettent pas de conclure définitivement sur les bénéfices d’une thérapie tant qu’elle n’a pas été testée in vivo : il faut en effet confirmer la pharmacocinétique du composé in vivo chez l’animal puis son efficacité anti-virale lors d’une infection au SARS-CoV-2. En outre certaines thérapies ne sont pas anti-virales mais anti-inflammatoires ou ciblent des mécanismes impliqués dans les lésions pulmonaires (ex : molécules ciblant l’apoptose ou la fibrose pulomanire) et ne peuvent donc être évaluées qu’in vivo.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle de hamster obèse a été initialement développé avec des références médicamenteuses qui a permis de valider le nombre d’animaux nécessaire pour mettre en évidence leur efficacité, soit n=10 par groupe. Quand plusieurs groupes de traitement sont étudiés, on utilise un test statistique pour comparer les résultats. Avec 10 animaux par groupe, une différence de +/- 30% est théoriquement détectable.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Sur la base de données disponibles sur ce modèle, les doses de SARS-CoV-2 administrées aux hamsters sont sub-léthales, elles permettent d’étudier les formes sévères de COVID-19 sans induire de mortalité. Ces doses pourront être ré-évaluées si les effets de la dose sont plus marqués sur les hamsters injectés à la streptozotocine.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le hamster « Golden Syrian » (Mesocricetus auratus) a récemment été caractérisé pour l’étude du Covid-19. En effet, l’ACE2 (Angiotensin-converting Enzime 2) du hamster se lie avec une forte affinité au récepteur du SARS-Cov-2, ce qui permet d’infecter avec ce dernier le hamster Golden Syrian et d’étudier la transmission, la cinétique virale, la réponse immunitaire et la pathogenèse de la Covid-19. Des signes cliniques similaires à l’homme ont ainsi été rapportés, même si les symptômes les plus sévères ne peuvent pas être observés, du fait de l’absence de comorbidités sur le hamster naïf. Les animaux seront utilisés à un âge de 25 semaines, car c’est le temps nécessaire pour qu’ils deviennent obèses.