
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-04-15 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-869449)
3 072 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Modèles génétiques d’une maladie de calcification, elles reçoivent un régime gras, des gavages, des injections et une cryolésion cardiaque, avant prélèvement de tissus. Le porteur qualifie le phénotype de « non dommageable » tout en reconnaissant qu’une association testée n’a jamais été évaluée et pourrait entraîner une mortalité. L’étude cherche des pistes thérapeutiques contre le pseudoxanthome élastique.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le pseudoxanthome élastique (PXE) est une maladie métabolique rare causée par des mutations du gène ABCC6 exprimé majoritairement dans les hépatocytes. Elle est caractérisée par un processus de perte d’élasticité et de calcification touchant principalement la peau, la rétine et les artères. La peau (récepteur) est le seul tissu accessible chez l’humain alors que le foie (émetteur) reste accessible uniquement chez la souris Abcc6-/- du fait de l’absence d’hépatopathie chez les patients. Du fait des connaissances partielles de sa physiopathologie, le PXE reste une maladie incurable. De façon notable ABCC6 n’est pas exprimé significativement dans les organes atteints par la maladie. Dans le plasma des patients PXE, il a été montré une diminution des taux de pyrophosphate inorganique (PPi), molécule endogène aux propriétés anti-calcifiantes. L’objectif général est de comprendre les mécanismes du PXE, puis de tester l’efficacité et la sécurité de stratégies thérapeutiques (Diètes, Médicaments, Thérapies géniques) afin d’aboutir à des essais cliniques chez les patients et améliorer leur prise en charge.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Sur le PXE: Aspects Cognitifs : Physiopathologie, rôle de l’hépatocyte, cibles thérapeutiques Aspects Cliniques : Amélioration de la prise en charge des patients, prévention des complications, thérapie génique Au dela du PXE: Pathologies vasculaires calcifiantes chroniques liées au diabète et à l’insuffisance rénale chronique. Amélioration des connaissances sur les pathologies liées à l’âge.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
1) Évaluation de la composition corporelle, 2 minutes sur animaux vigiles 2) Administration du régime athérogène HFD. 3) Administration de molécules par gavage oral, sous-cutanée et intrapéritonéale, quelques secondes sur animaux vigiles 4) Prélèvements sanguins au niveau de la veine faciale, quelques secondes sur animaux vigiles 5) Mesure de la dépense énergétique, du comportement alimentaire et de l’activité physique, 5 jours sur animaux vigiles 6) Injection intra-péritonéale de LPS, quelques secondes 7) Cryolésion cardiaque sous anesthésie. 8) Imagerie In-vivo sous anesthésie, cela peut aller de 1 minute à 1heure.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris Abcc6-/- a une durée de vie équivalente à celle d’une souris WT. Son phénotype est non dommageable. L’association HFD+LPS n’a jamais été testée dans le modèle Abcc6-/- et nous n’avons aucune donnée sur l’impact en termes de mortalité. Cette association est donc exploratoire. Si nous constatons une létalité trop importante, cette association sera abandonnée. Les données de la littérature de cette association dans d’autres modèles murins sont rassurantes. Même si l’extropolation au modèle Abcc6-/- ne peut se faire sur le plan scientifique, nous faisons l’hypothèse que le phénotype ne sera pas dommageable compte tenu de la durée de vie de la souris Abcc6-/-.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A l’issue des procédures, tous les animaux seront mis à mort pour prélèvements de tissus pour analyse complémentaire.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ces expériences sont indispensables car nous voulons d’une part mieux comprendre la physiopathologie du PXE en la recentrant sur le foie, de caractériser le ou les substrats endogènes transportés par Abcc6 en réponse à différentes diètes et de thérapeutiques permettant de bloquer la fragmentation et la calcification des fibres élastiques. D’autre part, nous espérons que ce projet apportera des connaissances qui permettront de fournir des résultats précliniques transposables dans des essais cliniques chez les patients. Le PXE est le prototype d’une maladie métabolique « endocrine » où le foie (l’émetteur), principale source d’expression d’Abcc6, n’est pas touché par la pathologie et les cibles sont les organes périphériques n’exprimant pas ou peu la protéine Abcc6. La substitution totale et complète d’un tel système physiopathologique par d’autres méthodes alternatives n’est pas possible. Enfin, comme il n’existe pas d’hépatopathie chez les patients, il est non éthique de proposer aux patients une biopsie de foie.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
le nombre d’animaux a été réduit au strict minimum nécessaire pour réaliser des analyses statistiques pertinentes et scientifiquement irréprochables pour valider les données obtenues à la fin de la procédure. Un test statistique ANOVA, étudiant la significativité des résultats nous permettra de traiter les données tout en prenant en considération la mortalité possible des souris en cours d’expérience.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront hébergés dans une structure agrée qui tient compte de l’ éthique animale. L’hébergement se fera en groupes sociaux et les animaux bénéficieront d’un enrichissement adapté dans chaque cage afin de minimiser le stress induit par l’hébergement. Le raffinement sera complété par une surveillance journalière des animaux pour s’assurer que les conditions de bien être sont respectées. De plus, le suivi hebdomadaire du poids des souris et de leur comportement constitueront les principaux points limites. Pour réduire la douleur nous utiliserons un antalgique. Pour notre protocole, une grille de score avec des points limites adapatés a été mise en place.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’espèce animale utilisée sera la souris C57BL/6J KO pour le gène Abcc6 et WT. La souris est un bon modèle pour la maladie humaine, car l’organisation de son ADN et l’expression de ses gènes sont très similaires à celles de l’homme (95% du patrimoine génétique identique). Notre travail se base sur l’étude de lignées de souris génétiquement modifiées. L’absence ou la sélectivité relative des outils pharmacologiques disponibles pour étudier la signalisation d’intérêt fait de ces animaux un outil d’étude approprié et puissant. Pour élucider cette maladie complexe qu’est le PXE, une souris transgénique a été générée par ablation du gène Abcc6 chez la souris. Les souris Abcc6-/- développent des calcifications de la peau, des vaisseaux et de la rétine, reproduisant ainsi le phénotype humain du PXE non dommageable. La minéralisation des vibrisses débute dès l’âge de 5 semaines et progresse jusqu’à l’âge de 2 ans. Nos investigations débuteront sur des animaux adultes de 6 semaines étant donné que le phénotype PXE débute à 6 semaines d’âge jusqu’aux âges de 3, 6, 12 et 18mois, soit 16,5 mois de traitement au maximum. Les différentes interventions auront pour but de comparer le phénotype des souris et d’identifier les molécules susceptibles d’inhiber ou de moduler favorablement le phénotype.