
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-04-27 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-734205)
720 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dont 84 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Selon les groupes, elles subissent des sections répétées du bout de la queue pour chronométrer le saignement, des prélèvements de sang à la veine cave, des lésions provoquées de la carotide ou de la jugulaire et une ligature de la veine cave, sous anesthésie pour les actes chirurgicaux. Le porteur affirme que les composés injectés ne sont ni irritants ni délétères et que les souris génétiquement modifiées n’ont pas de phénotype dommageable. Il étudie le rôle d’enzymes plaquettaires dans la coagulation et juge le modèle murin « irremplaçable » faute d’approche in vitro.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les plaquettes sont des acteurs essentiels du maintien de l’intégrité vasculaire. Elles sont les premiers éléments cellulaires à intervenir dans l’arrêt du saignement lors d’une blessure vasculaire en participant à la formation d’un thrombus, ceci constituant l’hémostase physiologique dite primaire. Les plaquettes représentent cependant des cibles majeures en clinique dans la prévention de pathologies cardiovasculaires comme les maladies artérielles thromboemboliques, l’athérosclérose ou la resténose après angioplastie (première cause de mortalité dans les pays industrialisés). De nombreux anti-thrombotiques efficaces sont utilisés en clinique mais ils ont généralement des effets relativement drastiques pouvant entraîner des complications hémorragiques. Des problèmes de saignements plus ou moins graves peuvent aussi être dus à des défauts de production plaquettaire. Ainsi, la mise en évidence de cibles pharmacologiques et/ou de biomarqueurs plaquettaires est nécessaire pour une meilleure prise en charge des thromboses et des syndromes hémorragiques chez le patient. Le rôle des phosphoinositides et des enzymes régulant leur taux dans les diverses étapes qui sous-tendent la production et l’activation des plaquettes reste encore mal étudié. Pourtant, ils ont un rôle majeur à jouer dans les plaquettes sanguines car ils occupent une place de plus en plus centrale dans la régulation spatiotemporelle de la signalisation cellulaire, la dynamique cellulaire notamment le remodelage du cytosquelette et des membranes et le trafic vésiculaire, processus majeurs dans la production et les fonctions plaquettaires. Ainsi, ce projet vise à mettre en lumière comment le métabolisme de phosphoinositides régulent la physiopathologie des plaquettes sanguines.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra un meilleure compréhension du rôle des différents phosphoinostides et de leur métabolisme dans un contexte intégré visant à identifier de potentiels biomarqueurs et/ou cibles pharmacologiques dans les syndromes hémorragiques et thrombotiques dûs à des défauts de plaquettes sanguines.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour la procédure 1, une coupure (de 3 secondes) de 3 mm du bout de la queue de la souris anesthésiée par injection IP (intra-péritonéale) est réalisée. Le temps d’arrêt de saignement (évalué à 50μl maximum de sang avant l’arrêt du saignement) sera évalué jusqu’à 20 minutes maximum. 10 jours après, un prélèvement sanguin est réalisé au niveau de la veine cave inférieure après anesthésie par injection IP . La prise de sang dure 1-2 minutes et un volume de sang de 800 à 1000 μl est prélevé. Pour la procédure 2, la souris est anesthésiée par anesthésie gazeuse et injectée en IP avec un anti-douleur pour un prélèvement sanguin à la queue (environ 30μl, durée de 1 minute) suite à une coupure de 1 mm (de 3 secondes). Nous réalisons ensuite une injection IP du composé d’intérêt inoffensif et non irritant. Six prélèvements sanguins à la queue (environ 30μl, durée de 1 minute), suite à une coupure de 1 mm (durée de 3 secondes) est réalisé après anesthésie gazeuse et injection d’un anti-douleur sur une durée de 280h. 10 jours après, un prélèvement sanguin est réalisé comme décrit plus haut. Pour la procédure 3, une injection d’un composé inoffensif et irritant est réalisé en intra-veineux durée de 10 secondes sur souris anesthésiée en IP. 1 heure après l’injection, puis toutes les 24 heures pendant 4 jours, un prélèvement sanguin à la queue (environ 30μl, durée de 1 minute) par coupure de 1 mm (durée de 3 secondes), est réalisé sur l’animal sous anesthésie gazeuse et injecté en IP avec un anti-douleur. 10 jours après, un prélèvement sanguin est réalisé comme décrit plus haut. En fonction des résultats obtenus , les procédures 4, 5 et 6 seront effectuées sur certains ou tous les groupes. Pour la procédure 4, la souris est anesthésiée par injection IP pendant toute la procédure. L’acte expérimental d’induction d’une lésion thrombogène à la carotide dure 10 minutes et l’enregistrement dure 30 minutes. Pour la procédure 5, la souris est anesthésiée et traitée par injection IP d’un anti-douleur . L’acte de ligature partielle de la veine cave dure 10 minutes. La souris est ensuite retraitée par injection IP d’un anti-douleur . Pour la procédure 6, la souris est anesthésiée et traitée par injection IP d’un anti-douleur . L’acte expérimental d’induction d’une lésion thrombogène à la jugulaire dure 15 minutes. Toutes les injections IP dure 10 secondes et se font sur animaux vigiles. Les autres actes expérimentales se font sur animaux anesthésiés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les modèles génétiquement modifiés ne présentent pas de phénotypes dommageables de la vie à la mort. Pour les actes expérimentales, les composés injectés ne sont pas irritables ou/et délétères. Aucune données n’existent quant à des conséquences néfastes des produits injectés qui ont déjà été utilisés par différents laboratoires, dont le notre, sans aucun effets indésirables. Chaque acte expérimentale de chaque procédure est maitrisée par les responsables du projet et est réalisée sous anesthésie/analgésie sauf pour les injections intra-péritonéales qui sont des actes rapides de moins de 10 secondes sur animaux vigiles.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A la fin de chaque procédure, les animaux sont mis à mort car toutes les procédures nécessitent des prélèvements de sang et/ou d’organes.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le recours au modèle murin est irremplaçable pour le déroulement de ce projet pour deux raisons majeures : (i) la complexicité des mécanismes mis en jeu dans un contexte physiopathologique intégré d’hémostase et thrombose non modélisable par des approches in vitro et (ii) l’utilisation des modèles génétiquement modifiées.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux sera réduit au maximum : en suivant des protocoles expérimentaux déjà établis dans le laboratoire, en tenant compte d’expériences déjà réalisées dans l’équipe qui nous ont montré que nous pouvons obtenir des résultats statistiquement corrects en faisant des groupes de 12 souris selon la procédure réalisée. Nous limiterons aux seules expériences considérées comme absolument indispensables en évitant la répétition d’études antérieures déjà réalisées et/ou publiées et en fonction des résultats obtenus au cours des différentes procédures expérimentales. En effet, le nombre de souris sera diminué en fonction des résultats obtenus lors des procédures expérimentales 1 à 3, en réalisant ou pas les procédures expérimentales 4 à 6. Nous obtiendrons dans un premier temps des résultats préliminaires sur 1 lot de 4 animaux nous permettant de définir s’il peut exister des différences statistiquement quantifiables entre les différents groupes, qui si elles existent seront statistiquement affinées avec des groupes de 12 souris selon la procédure réalisée.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris ont un accès illimité à la nourriture et boisson avec du papier sopalin, du carton et/ou des cubes de bois dans la cage. Une observation quotidienne des souris est réalisée par les zootechniciens en terme de comportement général (prostration, activité anormale, isolement) et d’apparence (poils hérissés, plaies/blessures, amaigrissement anormal). Toutes les procédures expérimentales se font sur souris anesthésiées et analgésiées par inhalation ou injection de composés. Un contrôle permanent de l’état d’anesthésie des souris sera réalisé par les expérimentateurs tout au long de la procédure. Tout au long des procédures, les animaux seront surveillés par les zootechniciens et les expérimentateurs. En cas de blessure, l’animal sera isolé et la blessure sera nettoyé 2 fois par jour pour favoriser une cicatrisation propre. Une mise à mort rapide de la naissance à la mort ou lors d’une procédure expérimentale sera effectuée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les effets pléiotropes dans un contexte d’hémostase et thrombose font intervenir des fonctions et types cellulaires multiples dans l’organisme non modélisables à ce jour par des approches in vitro. Le recours à l’expérimentation animale est donc l’unique approche permettant de comprendre les impacts physiopathologiques dans un contexte intégré. Nous utilisons des souris car les mécanismes d’hémostase et thrombose sont transposables de la souris à l’homme mais aussi car nous disposons de modèles murins génétiquement modifiées invalidés pour nos protéines d’intérêt car il n’existe pas à ce jour d’inhibiteurs pharmacologiques. Stade adulte de 8 à 24 semaines car de part et d’autre de cette fourchette d’âge les réponses fonctionelles en hémostase et thrombose peuvent être modifiées.