Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

2800 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Des cellules tumorales sont injectées dans leur patte puis une bithérapie anticancéreuse administrée, la croissance de la tumeur pouvant provoquer perte de poids et nécroses cutanées relevant du point limite. Les souris sont tuées par dislocation cervicale pour prélever tumeurs, rate et ganglions. Le porteur affirme que la complexité du cancer ne peut être appréhendée in vitro et que la souris est la seule espèce disponible pour ces modèles.

NTS-FR-759118v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale · Système immunitaire ·
Mots-clés
Angiogenèse, Immunothérapie, Bithérapie, Effet anti-tumoral, Réponse immunitaire
Souris : 2800

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ces dix dernières années, l’immunothérapie a suscité un engouement dans le monde de la cancérologie. Cette dernière consiste à mobiliser le système immunitaire des patients pour cibler et éliminer les cellules tumorales. Dans certains cancers, les cellules tumorales sont capables d’inhiber certains mécanismes du système immunitaire. Par exemple, certaines cellules tumorales expriment la protéine PD-L1 qui est le ligand du récepteur PD-1 présent à la surface des lymphocytes T (LT) activés. Cette liaison, entre PD-1 et PD-L1, entraîne un épuisement des LT. L’une des approches de l’immunothérapie est d’empêcher l’épuisement des lymphocytes T en utilisant des inhibiteurs de point de contrôle immunitaire (ICI). Ces inhibiteurs sont des anticorps monoclonaux dirigés, par exemple, contre PD-1 et PD-L1. Cet outil thérapeutique a montré des effets puissants et durables seulement sur un faible pourcentage de patients (20 à 25%). L’une des raisons pouvant expliquer ces résultats pourrait être un manque d’infiltration des LT au sein de la tumeur. Une des manières permettant de rétablir un infiltrat lymphocytaire dans la tumeur est de cibler l’angiogenèse. L’angiogenèse correspond à la formation de nouveaux vaisseaux sanguins à partir de vaisseaux préexistants et est nécessaire pour assurer le transport des nutriments et de l’oxygène dans la tumeur. Ce processus implique de nombreuses molécules, notamment le VEGF qui en est l’inducteur principal. L’inhibition de l’angiogenèse favorise la réponse anti-tumorale en réduisant l’environnement immunosuppresseur et en augmentant l’infiltration immunitaire. La combinaison thérapeutique des ICI et des anti-angiogéniques est aujourd’hui approuvée dans plusieurs cancers solides. En dépit d’une réelle avancée dans l’étude de cette bithérapie, une compréhension plus approfondie des mécanismes d’action de cette combinaison est nécessaire pour mieux cibler les patients répondeurs et apporter des réponses quant à son efficacité. De ce fait, l’objectif de ce projet est d’identifier les acteurs de la réponse immunitaire après une bithérapie PD-1 et VEGFR-2. Nous avons montré que cette bithérapie améliore les réponses anti-tumorales dans deux modèles de cancers colorectaux : MC38 et CT26 et dans un modèle de cancer du pancréas KPC. Au regard de ces résultats, nous souhaitons comprendre comment la réponse immunitaire se met en place dans ces modèles.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le but de ce travail est d’explorer l’effet de la combinaison αPD-1 et αVEGR-2 dans plusieurs modèles pour déterminer les acteurs clés permettant d’améliorer l’efficacité des thérapies. Ce projet pourrait ouvrir de nouvelles perspectives de traitement pour les patients en améliorant notre compréhension d’un phénomène immunitaire bénéfique à l’encontre du cancer. A mi-chemin entre la recherche fondamentale et appliquée, ce projet vise à long terme à améliorer les mécanismes immunitaires naturellement mis en place chez les patients cancéreux afin d’augmenter leur chance de survie.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Dans un premier temps, les animaux sont injectés en sous-cutané dans la patte sous anesthésie à l’isoflurane avec les cellules tumorales (5 minutes pour l’anesthésie et 30 secondes pour l’injection). Par la suite, un suivi des souris sera réalisé 3 fois par semaine : les souris seront traitées en IP (30 secondes). 1,3,7,10 et 14 jours après le premier traitement par αPD-1, les souris sont sacrifiées par dislocation cervicale sous anesthésie générale à l’isoflurane (5 minutes pour l’anesthésie et 10 secondes pour le sacrifice). Par la suite, les tumeurs, ganglions drainants et rates sont récupérés (2 minutes).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’injection des tumeurs en sous-cutané dans la patte des souris pourrait diminuer la mobilité des souris ainsi que leur capacité à se nourrir. De ce fait, il est possible qu’un effet indésirable de cette expérimentation soit une perte de poids. Pour y remédier, des croquettes seront mises à disposition directement dans la cage après observation de la perte de mobilité. En réalisant des injections en sous-cutané, il est possible d’observer la formation de nécroses cutanées. Ces nécroses seront prises en compte dans le score limite et pourra mener à la mise à mort de l’animal si nécessaire. Dans de précédentes expériences, nous avons montré que les traitements n’ont pas d’effets indésirables sur les souris mais nous continuerons de le vérifier.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront mis à mort à la fin des expériences afin de prélever les tumeurs, rates et ganglions.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le cancer est une maladie complexe impliquant des mécanismes de contrôle et des interactions possibles seulement dans un organisme vivant. En effet, la recherche a permis de comprendre l’importance de l’environnement dans lequel le cancer se développe et les multiples interactions avec le système immunitaire, le stroma tumoral, le système vasculaire et le métabolisme. En conséquence, les expérimentations in vitro ne suffisent pas à appréhender la complexité d’un organisme. Nous réalisons à ces fins des études sur les modèles d’animaux greffés avec des cellules tumorales. Par la suite, le décryptage des mécanismes moléculaires sera réalisé in vitro.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les groupes expérimentaux seront constitués de n=10 individus afin de générer des cohortes avec suffisamment de puissance pour permettre d’évaluer les effets anti-tumoraux des traitements tout en permettant à une seule et même personne de prendre en charge l’expérience. Les expériences seront réalisées par des personnes parfaitement formées afin d’optimiser la reproductibilité. Le fait que ces animaux soient génétiquement identiques permet de réduire la taille des groupes tout en ayant des résultats fiables. Néanmoins, comme les variations dans les croissances tumorales peuvent être faibles, nous répèterons les expériences 2 fois de manières indépendantes. Le test statistique utilisé sera celui de Wilcoxon en raison de la taille des groupes.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Chaque animal sera examiné et pesé. Si des signes anormaux sont observés chez les souris, la fréquence de surveillance sera augmentée. Les injections SC (cellules tumorales) et IP (traitements) seront réalisées sous anesthésie à l’isoflurane. Aucune douleur associée à ces gestes n’est donc attendu. De plus, leur habituation aux gestes de contention devrait permettre de réduire le stress dû à ces manipulations. Afin de limiter la perte de poids des souris potentiellement due à des problèmes de mobilités induits par les tumeurs, nous allons ajouter des croquettes dans les cages afin que la nourriture leur soit plus accessible. De plus, des enrichissements seront ajoutés dans chaque cage. Les souris auront à disposition des matériaux pour leur permettre de faire leurs nids. Nous avons également mis en place une grille d’évaluation des points limites chez les animaux afin de limiter leur souffrance.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les souris, outre l’avantage lié à leurs caractéristiques physiologiques sont les seules espèces animales disponibles pour l’expérimentation. De plus, diverses souches de souris immunocompétentes sont également disponibles pour l’établissement de modèles tumoraux syngéniques, telles que les souris C57Bl/6 (TC-1, MC38, KPC, LLC-1,) et les Balb/c (CT26, TS/A et 4T1). Enfin, les souris autorisent une variété de techniques d’administration et de prélèvement présentant des analogies avec ce qui est réalisé en recherche clinique sur l’homme. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte (entre 7 et 12 semaines d’âge) pour la mise en œuvre de modèles expérimentaux stables et reproductibles avec des animaux possédant un système immunitaire mature.