
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-10-13 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-944502)
6 162 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles sont soumises pendant une à trois semaines à des protocoles de stress destinés à les rendre « anxio-dépressives », puis reçoivent des injections d’hallucinogènes comme le LSD ou la psilocybine, certaines subissant une chirurgie dans le cerveau, avant des tests comportementaux. Le porteur veut déterminer si ces molécules agissent comme antidépresseurs et en comprendre le mécanisme, bénéfice renvoyé à une future application clinique. Il affirme que les méthodes in vitro ne reproduisent pas les réseaux de communication entre cellules et conclut à l’utilité du modèle animal.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif est de déterminer si les molécules hallucinonèges peuvent être considérés comme des antidepresseurs efficaces après une prise unique administrée à l’âge adulte et de caractériser les mécanismes cellulaires et moléculaires de leur mode d’action. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la dépression est la première cause d’incapacité dans le monde. Le nombre de cas a augmenté de 18% en 10 ans dans le monde et les prévisions sur les 10 prochaines années sont inquiétantes. En France, on estime que près d’une personne sur cinq a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie. Les traitements actuellement disponibles pour traiter la dépression (antidépresseurs) présentent de nombreux désavantages : leurs effets ne sont pas immédiats et il faut le plus souvent attendre 3 à 4 semaines avant de ressentir leurs effets bénéfiques, ils induisent des effets secondaires importants et chez 30% des patients ils sont totalement inéfficaces. D’après les récentes études cliniques menées en Angleterre sur de petites cohortes de patients (20 à 30 patients), les hallucinogènes ont un effet rapide, semblent avoir une action prolongée sur plusieurs semaines et sont efficaces pour traiter les patients résistants aux traitements classiques. Ces molécules représentent donc un réel espoir pour traiter toutes les formes de dépressions. Cependant leur mécanisme d’action est à ce jour méconnu. Le projet ci-joint vise à caractériser et comprendre leur mode de fonctionnement mais également à proposer de nouveaux outils moléculaires ayant les mêmes propriétés antidépressives.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif est de déterminer si les hallucinogènes comme le LSD ou la psilocybine peuvent être considérés comme des antidepresseurs efficaces après une prise unique administrée à l’âge adulte et de caractériser les mécanismes cellulaires et moléculaires de leur mode d’action dans un modèle préclinique de dépression afin d’en promouvoir l’accès en clinique. Ces molécules ont montré des effets trés prometteurs sur une petite cohorte de patients en Angleterre. Les Etats-Unis commencent à mener des études cliniques afin de confirmer ces résultats. Il est essentiel de comprendre les mécanismes d’action des hallucinogènes avant de les utiliser en clinique et permettre le développement de nouveaux outils pharmacologiques présentant une meilleure affinité et spécificité.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
1) Conditionnement des animaux pour induire un comportemennt anxio-dépressif – durée: 1 à 3 semaines en fonction du protocole qui sera choisi; 2) Injection intrapéritonéale : de 0 à 2 injections aigues juste avant les expérimentations; 3) Chirurgie stéréotaxique: une seule fois sur certains animaux – durée: 20min; 4) Tests comportementaux – durée: plusieurs jours, étalés sur 1 à 2 semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les protocoles de conditionnement utilisés sont des protocoles qui vont stresser les souris afin d’obtenir des souris anxio-dépressives cependant, malgré le caractère stressant des protocoles utilisés, environ 30% des animaux seront résistants et ne développeront pas de comportements anxio-dépressifs suite au conditionnement. Il n’y a pas d’autres alternatives pour obtenir un modèle préclinique de dépression qui reproduise le plus fidèlement possible la pathologie humaine. L’injection du traitement ne nécessitera qu’une seule injection intrapéritonéale, mis à part la gêne occasionnée par la piqure, aucun effet indésirable n’est attendu.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A l’issue de chaque procédure, les animaux seront mis à mort soit pour des analyses biochimiques, soit pour des analyses immunohistochimiques, soit pour des analyses électrophysiologiques.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une recherche bibliographique approfondie a été réalisée afin de nous assurer qu’il n’existait aucune approche alternative in vitro qui aurait pu être utilisée pour reproduire les altérations de développement ou de maturation corticale provoquées dans notre modèle d’étude. En effet, les méthodes in vitro essentiellement basées sur les cultures cellulaires, ne permettent pas de maintenir l’intégrité des réseaux cellulaires et ne présentent donc pas les systèmes de communication multicellulaires nécessaires pour la réalisation de ce projet.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La réalisation de différents tests comportementaux sur la même cohorte d’animaux permettra une optimisation de l’utilisation des animaux. Après les analyses comportementales, le projet prévoit diverses analyses post mortem sur un même animal, analyse immunohistochimique et/ou analyse biochimique. Des précautions seront également prises pour éviter les biais expérimentaux comme travailler en aveugle. Un plan d’analyses statistiques sera réalisé afin de vérifier différents paramètres et les résultats expérimentaux obtenus.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les méthodologies utilisées lors des expérimentations seront adaptées afin de réduire la douleur et la détresse des animaux (après le conditionnement). Ainsi, pendant et après la phase de conditionnement, qui durera 1 à 3 semaines, les animaux seront observés quotidiennement et en cas de suspicion de douleur, une observation plus précise avec une grille d’évaluation de l’état général de chaque animal sera remplie avec identification de points limites et prise en charge adaptée. En fonction de l’état de l’animal, la prise en charge consistera en soit un traitement analgésique, soit une sortie de protocole jusqu’à la mise à mort si nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre projet nécessite l’utilisation de différentes lignées transgéniques afin de comprendre les mécanismes d’action des hallucinogènes en tant qu’antidépresseur. Ces lignées ont toutes étaient générées chez la souris nous utiliserons donc ce modèle animal pour réaliser cette étude. Dans la littérature, le phénotype anxio-dépressif est induit chez des animaux adultes. Les animaux seront donc conditionnés à l’âge adulte soit à partir de J60 puis les expériences seront réalisées 2-3 jours à 4 semaines après la fin du conditionnement en fonction du protocole choisi.