
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-11-16 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-907294)
2 160 animaux, 1 080 rats et 1 080 cobayes, vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures menées sous anesthésie sans réveil. Chaque animal subit une laparotomie, la pose de cathéters et d’électrodes, puis une perfusion d’acide acétique dilué dans la vessie pendant environ trois heures pour provoquer une hyperactivité vésicale. Le porteur teste des molécules de clients dont il indique ignorer « ni la nature ni les effets secondaires possibles », et précise qu' »aucun test statistique » ne fonde le nombre d’animaux par groupe. Il affirme qu’aucun modèle in silico, in vitro ou ex vivo ne peut mimer la pathologie, ce qui rendrait le recours à l’animal « incontournable ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’incontinence urinaire est un trouble urologique défini par une perte accidentelle ou involontaire d’urine. Elle se manifeste sous plusieurs formes (incontinence urinaire d’effort, incontinence urinaire par urgences mictionnelles ou par hyperactivité vésicale, incontinence urinaire mixte combinant les deux premiers types d’incontinence) et touche un large public, pas uniquement constitué de personnes âgées. Avec plus de 3 millions de français concernés, l’incontinence urinaire représente un véritable enjeu en matière de santé publique. Cependant, afin de comprendre les causes de l’incontinence urinaire, il est nécessaire de connaitre l’appareil urinaire, constitué des reins, des uretères, de la vessie et de l’urètre. En condition physiologique normale, le fonctionnement du tractus urinaire se décompose en deux phases : Une phase de remplissage, pendant laquelle l’urine secrétée en continue par les reins s’accumule progressivement dans la vessie, restant étanche grâce au sphincter urétral (interne et externe) assurant par ses contractions la continence urinaire. Une phase de vidange ou miction. Chez l’Homme adulte, le déclenchement de l’évacuation de l’urine se fait consciemment par différents mécanismes intervenants simultanément et de manière coordonnée entre la vessie et le sphincter urétral (relâchement du sphincter urétral et contraction du muscle de la vessie, le détrusor). Le projet proposé permettra d’évaluer l’effet de candidats médicaments sur la fonction vésicale et/ou urétrale (profil mictionnel et électromyogramme du sphincter urétral externe) en condition physiologique normale et/ou en présence d’hyperactivité vésicale induite par la perfusion intra-vésicale d’acide acétique dilué chez l’animal anesthésie. Dans la littérature, il est décrit que l’instillation intravésicale d’acide acétique dilué induit une hyperactivité vésicale caractérisée par une augmentation du nombre de mictions et par une diminution de la capacité vésicale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet permettra de tester de nouveaux candidats médicaments pour trouver de nouvelles molécules plus efficaces que les molécules utilisées actuellement pour traiter les patients atteints d’incontinence urinaire.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront anesthésiés et subiront une laparotomie pour l’implantation de cathéters vésicaux. Des implantations de cathéters veineux, gastriques, dans le péritoine permettant les administrations de produits pourront également être réalisées. Des électrodes pourront être implantées au niveau du myomètre urétral. Une perfusion vésicale de liquide physiologique ou d’acide acétique dilué à 0.2% (provoquant une hyperactivité vésicale) pendant environ 3 heures sera réalisée afin d’évaluer le profil mictionnel des animaux. A la fin de l’expérimentation, les animaux seront mis à mort.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous testons des molécules clients dont nous ne connaissons ni la nature ni les effets secondaires possibles, il nous est, pour cette raison, difficile d’anticiper les nuisances pour les animaux. Toutes les procédures seront réalisées sur animal anesthésié sans réveil, limitant au maximum les nuisances sur l’animal. Cependant, étant donné qu’une chirurgie sera pratiquée (laparotomie et implantation de cathéters), ces gestes peuvent engendrer une douleur à l’animal, des saignements voire des hémorragies. De plus, toute manipulation d’un animal peut lui provoquer un stress, une nuisance ou une douleur (notamment lors des administrations de produits).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’anesthésique utilisé étant un anesthésique irréversible (l’animal ne peut pas se réveiller) tous les animaux de l’expérience sont mis à mort à la fin.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Aujourd’hui il n’existe pas de thérapie pharmacologique efficace pour le traitement de l’incontinence urinaire. Actuellement, aucun modèle in silico, in vitro ou ex vivo ne peuvent mimer la pathologie dans son ensemble et dans sa complexité. Ces limitations rendent incontournables le recours à l’expérimentation animale pour tester l’efficacité de nouveaux candidats médicaments.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Un nombre minimum d’animaux par groupe sera utilisé pour avoir des résultats statistiquement différent (n=12 par groupe). Nous avons établi une stratégie d’expérimentation nous permettant dans la mesure du possible, de mesurer la valeur basale de chaque animal (l’animal est son propre contrôle). Cette stratégie permet donc de réduire sensiblement le nombre d’animaux par groupe. Toutes les procédures se font sous anesthésie diminuant ainsi le stress et la douleur possible chez les animaux. Aucun test statistique n’est utilisé pour calculer le nombre d’animaux par groupe.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dès leur arrivée dans la zone d’exploration fonctionnelle, les animaux seront hébergés dans des conditions définies par la directive européenne 2010/63/UE et auront une phase d’acclimatation de 3-4 jours minimum avant d’être manipulés. De plus un enrichissement (type tunnel, aspen brick, igloo et foin pour les cobayes) sera introduit dans l’hébergement des animaux. L’état des animaux sera suivi quotidiennement par du personnel compétent afin de s’assurer de leur bien-être et de l’absence de point limite à savoir prostration, perte de poids, difficulté à se mouvoir, s’alimenter, boire, piloérection, présence de blessure, … Toutes les anesthésies des animaux se feront en utilisant des plaques chauffantes thermorégulées afin d’éviter toute hypothermie. Si un animal présentait un mauvais état général (prostration, perte de poids importante, pâleur, plaie…), celui-ci serait observé plus attentivement, soigné s’il avait une blessure (vétédine par exemple) et séparé de ces congénères si son état le nécessitait, réhydraté si besoin et avoir accès à la nourriture plus facilement (directement dans la cage). Si après les premiers soins son état ne s’améliorait pas dans les 48h, les expérimentateurs compétents excluraient l’animal de l’étude et l’euthanasieraient.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle d’irritation vésicale induite par la perfusion intravésicale d’acide acétique dilué chez le rongeur anesthésié est décrit dans la littérature. Selon la cible pharmacologique visée par le laboratoire demandeur, ce modèle peut être utilisé chez le rat ou le cobaye. Nous utiliserons des rats âgés d’au moins 7 semaines et des cobayes d’au moins 250-300 g afin d’avoir des jeunes adultes matures en accord avec la littérature.