Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent. Les documents qui décrivent en détail les projets et les établissements, dossiers de demande d'autorisation et rapports d'inspection, s'obtiennent sur demande, et l'administration y occulte des passages, parfois au-delà de ce que les juridictions admettent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

72 porcs vont être utilisés, opérés sous anesthésie et tués avant tout réveil. Chaque animal subit une ouverture du thorax puis un arrêt cardiaque provoqué, le cœur étant prélevé pour tester un dispositif de transport de greffon et une solution de préservation mis au point au laboratoire, protégés par deux brevets. Le porteur décrit une mise à mort sous anesthésie sans réveil et situe le seul stress possible à l’induction de l’anesthésie. Sur le remplacement, il affirme que les essais sur cellules restent « très insuffisants » pour représenter les phénomènes en jeu dans le greffon et retient le porc pour la proximité de son cœur avec celui de l’humain.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-891572v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Recherche fondamentale · Système cardiaque · Troubles cardiaques ·
Mots-clés
Transplantation cardiaque, Procédé de perfusion (du greffon), Solution de préservation (du greffon), Midthermie
Cochons : 72

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

CONTEXTE La transplantation cardiaque est face à un problème majeur : la pénurie de greffons. Pour pallier à ce problème, les équipes cliniques envisagent d’utiliser de nouvelles sources de greffons dits à « critères élargis » (provenant de donneurs âgés, pathologiques, en arrêt cardiaque ou encore lointains géographiquement). Afin d’assurer une protection optimale de ces greffons fragiles, nous avons mis au point un nouveau procédé de transport par perfusion hypothermique qui permettrait d’optimiser la protection du cœur. Ce dispositif a fait l’objet de 2 brevets et a été récompensé par le prix de l’innovation. OBJECTIF GÉNÉRAL DU PROJET Notre objectif est d’optimiser la survie du greffon cardiaque grâce à un nouveau dispositif de transport des greffons, associé à une nouvelle solution innovante de préservation du greffon. Le dispositif de transport ainsi que la solution de préservation ont été mis au point dans notre laboratoire. Les études précliniques expérimentales proposées seront menées chez le porc. Ces travaux doivent permettre un passage du procédé en clinique humaine dans les prochaines années. RECHERCHE DE TYPE PRÉCLINIQUE Il s’agit d’une recherche translationnelle avec 3 objectifs opérationnels: 1- Prolonger le temps de préservation du greffon cardiaque. 2- Optimiser les conditions de survie des cœurs prélevés arrêtés. 3-Développer une méthode originale et non invasive d’évaluation de la viabilité du greffon par des analyses en imagerie (IRM et ultrasonore)

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le projet permettra une meilleure connaissance scientifique des phénomènes de survie des greffons avant transplantation. Les résultats obtenus faciliteront nous l’espérons : (i)les partenariats industriels (en cours), (ii)le transfert des données expérimentales vers la clinique humaine. Concernant les bénéfices cliniques, le nouveau procédé de préservation des greffons permettra d’augmenter le pool de donneurs (près d’1/3 de donneurs supplémentaires), par l’utilisation de greffons géographiquement éloignés et de greffons provenant de patients à critères élargis. Ces nouvelles sources de greffons permettront de pallier, au moins en partie, à la pénurie des greffons, problème crucial de la transplantation cardiaque aujourd’hui.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Dans un premier objectif, les animaux sont placés sous anesthésie générale et couverture analgésique adéquates (phase de préparartion de 30 min environ) puis seront soumis à une procédure chirurgicale (ouverture du thorax et cardioplégie) d’une durée de 30 minutes environ. L’animal est mis à mort pendant l’anesthésie générale. Durée totale de la procédure sous anesthésie générale : 60 minutes environ. Dans un premier objectif, les animaux sont placés sous anesthésie générale et couverture analgésique adéquates (phase de préparartion de 30 min environ) puis une injection intraveineuse de molécules anticoagulante, anesthésiante et curarisante induit un arrêt cardiorespiratoire puis la mort de l’animal. 30 min après la mort de l’animal le cœur est prélevé. Durée totale de la procédure sous anesthésie générale : 70 minutes environ.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.

Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Tous les travaux se dérouleront sur des animaux sous anesthésie générale, complétée par des antalgiques. La mise à mort aura lieu durant la phase d’anesthésie (induction d’un arrêt cardiaque in situ) et donc sans réveil de l’animal. Le seul moment où l’animal est susceptible de ressentir un stress est l’induction de l’anesthésie à l’initiation de l’expérimentation. Les protocoles utilisés ont été mis en œuvre pour éviter toute douleur ou souffrance de l’animal. Il s’agit de procédures sans réveil.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Le projet consiste à réliser à un prélèvement cardiaque en vue d’éudier le comportement du cœur isolé dans les conditions opératoire pré-transplantation. Tous les animaux utilés sont sont mis à mort (sous anesthésie et sans souffrance) du fait du prélèvement du cœur.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

En amont du projet, de nombreux essais ont été réalisés sur modèles cellulaires ce qui a permis d’obtenir nos premiers résultats. Les cellules ont été placées dans différentes solutions (7 solutions testées) et à différentes températures (7 températures évaluées entre 5 et 35°C). Notons toutefois, les protocoles de conservation sur cellules restent très insuffisants pour représenter la complexité des phénomènes physiopathologiques survenant au niveau du greffon cardiaque. Ce projet a pour objet de tester un nouveau dispositif médical et une nouvelle procédure spécifique de perfusion du greffon lesquels nécessitent l’utilisation d’un modèle animal pertinent. Ainsi, pour nous rapprocher au mieux des conditions cliniques, nous mènerons nos travaux chez l’animal, ce qui nous permet de mimer les situations rencontrées en clinique.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Concernant la réduction du nombre d’animaux utilisés (8 par groupe), nous nous sommes basés sur une évaluation statistique permettant d’évaluer avec précision le nombre minimal d’animaux nécessaires pour valider nos hypothèses scientifiques. Par ailleurs, en plus de notre fournisseurs agréé, éleveur de porcs fermiers, nous pourrions bénéficier de quelques animaux destinés à être mis à mort dans le cadre d’une autre étude, ce qui permettrait une réduction globale du nombre d’animaux.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Nous sommes en contact avec d’autres équipes (laboratoires), disposées à récupérer du matériel biologique issu de ces animaux (rein, foie, pancréas, cerveau, peau, oreilles, sang …), en post-mortem. Par ailleurs, de nombreuses petites actions de raffinement seront mise en place comme : le passage régulier de l’animalier dans l’enclos, le fait que celui-ci habitue le porc à sa présence, le caresse au niveau du cou, l’utilisation d’une crème de type Lidocaïne appliquée au niveau de la zone d’injection (cou et cuisse) avant l’anesthésie, et l’utilisation d’une seringue munie d’un prolongateur, permettant l’induction de l’anesthésie à distance de l’animal (ce qui réduit considérablement le stress lié à l’induction de l’anesthésie). De manière générale, le programme antidouleur envisagé est bien adapté. Un autre point concerne l’isolement préopératoire des animaux sur plusieurs jours lors de l’hébergement. Nous tenterons de pallier à cette situation en hébergeant (autant que possible) 2 animaux simultanément. Ce qui impliquera pour nous d’utiliser ces 2 animaux sur la même demi-journée d’expérimentation. Enfin, plusieurs points limites dans nos procédures sont à mentionner, excluant les animaux de l’étude : (i) mauvais état général de l’animal en préopératoire durant l’hébergement (fièvre, blessures, diarrhées…), (ii) mauvaise tolérance aux anesthésiques, pouvant provoquer chez lui un arrêt cardio-respiratoire imprévu, (iii) accident de chirurgie (hémorragie suite à une blessure irréversible sur l’aorte ou sur l’artère pulmonaire, fibrillation irréversible du cœur), (iv) infection du cœur (péricardite découverte lors de l’ouverture du thorax). .

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Pour nous rapprocher au mieux des conditions cliniques, et dans une optique de transfert clinique, nous mènerons nos travaux chez le porc. Nous avons choisi cette espèce animale, du fait de la proximité anatomique et physiologique entre le cœur de porc et le cœur humain. Par ailleurs, le dispositif médical de perfusion des greffon cardiaque que nous avons conçu est destiné aux cœurs humains. Il est donc indispensable de le tester et l’évaluer expérimentalement avec des greffons de taille similaire. Le cœur de porc se prête parfaitement à cette évaluation. Nous utiliserons de jeunes porcs d’environ trois mois ayant un poids compris entre 35 et 40 kg. Nous avons historiquement une bonne expérience de l’utilisation de ces animaux, à cet âge. En effet, les résultats obtenus ont fait l’objet de nombreuses publications. En outre, pour des raisons pratiques, les animaux de plus de 45-50 kg sont non adaptés à nos installations et à notre matériel, et de ce fait, augmenteraient les difficultés d’expérimentations, tant du point de vue de la manipulation de l’animal que de la gestion de l’anesthésie (perturbations susceptibles de survenir par phénomène de relargage de l’anesthésie du fait de la masse graisseuse importante chez les animaux dépassant les 50 kg). Les animaux utilisés seront donc de jeunes adultes, permettant une transposition par rapport aux patients donneurs jeunes (issus par exemple et tragiquement d’un accident de voiture). La taille et la physiologie des cœurs de ces animaux est proche de celles des cœurs humains. Des animaux plus jeunes ou plus âgés nous éloigneraient de ces critères cliniques.