
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-11-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-476975)
60 porcs vont être utilisés, opérés sous anesthésie et tués avant tout réveil. Chaque animal subit une chirurgie du thorax d’une quarantaine de minutes puis est tué pour prélever le cœur, afin de comparer des dispositifs de préservation de greffon et une évaluation par imagerie. Le porteur écrit que la « souffrance myocardique » provoquée est « nécessaire à l’étude » tout en la présentant comme sans douleur supplémentaire pour l’animal sous anesthésie. Sur le remplacement, il affirme que l’évaluation d’un organe ne peut se réduire à celle d’une cellule et que la simulation informatique reste insuffisante.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but de ce projet est d’être le premier pas vers l’amélioration de la préservation et donc de la qualité des greffons cardiaques en limitant les conséquences de l’ischémie (arrêt de l’apport sanguin vers un organe), celle-ci ayant pour conséquence l’altération puis l’arrêt de la fonction de l’organe. Cette étape fait partie du processus de transplantation cardiaque. Pour protéger le cœur de cette ischémie et lui permettre de repartir, il est mis en sorte d’hibernation profonde, arrêtant sa fonction de pompe le temps du transport de l’organe vers le receveur. Le cœur ne se contracte plus et donc ne consomme quasiment pas d’oxygène. Il est ainsi protégé pour une durée de 4 à 6h. Passé ce délai, les altérations sur le cœur, secondaire à l’ischémie ne permettront pas au cœur de repartir. Le délai entre l’arrêt du cœur et son nouveau départ est court. Pour nous permettre d’augmenter le nombre de greffon (actuellement 1 greffon pour 2 patients) et améliorer sa protection, nous avons établis un protocole qui compare les dispositifs de transport du greffon. Améliorer sa protection est une obsession permanente. En effet, 42 % des patients transplanté cardiaque vont présenter dans les 24h premières heures une dysfonction précoce du greffon, c’est-à-dire une altération de sa fonction contractile qui conduit souvent au décès du patient. En effet, la pompe cardiaque est alors dans l’incapacité d’apporter le débit sanguin nécessaire à tout l’organisme et qui entraine la souffrance de l’ensemble des organes. Cette dysfonction peut être liée à un rejet. Cette réaction immunitaire forte est dirigée contre le cœur qui est reconnu comme étranger à l’organisme, comme si c’était un virus. La durée d’ischémie est responsable à elle seule de cette dysfonction. Améliorer la protection cardiaque pourrait diminuer les dysfonction précoces ainsi que les complications pour les patients : pose d’assistance cardiaque, dysfonction d’organes comme le foie ou le rein, etc..
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Utiliser des dispositifs plus fiables que ceux utilisés actuellement permettra d’améliorer le taux de succès des transplantations réalisées, en limitant notamment les dysfonctions précoces des greffons. Par ailleurs, se donner les moyens d’évaluer la qualité d’un greffon cardiaque, via l’IRM (imagerie fiable, reproductible, non opérateur dépendant) constituera un véritable outil de recherche translationnelle. L’objectif étant de le transposer en pratique clinique pour avoir à disposition un moyen fiable et rapide d’évaluation avant la transplantation cardiaque, moyen inexistant à ce jour. Cela permettra par la suite d’exploiter à leur maximum le potentiel des trois nouveaux dispositifs qui sont ou seront prochainement mis sur le marché. Chacun repose sur une technologie spécifique avec une efficacité et un cout propre. Mieux les connaitre permettra d’adapter le dispositif de préservation aux durées d’ischémies prévues/anticipées afin d’en limiter les conséquences et de rationaliser le bilan cout/efficacité. Enfin, ces dispositifs de conservation des greffons cardiaques, dont certains promettent jusqu’à 24h de protection pourraient modifier l’organisation de la transplantation cardiaque chez l’Homme.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
tous les animaux seront soumis à une unique chirurgie du thorax de courte durée sous aesthésie générale et analgésie profonde (environ 40 min au total).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’animal subira une période de stress lors de son acheminement jusqu’à son lieu d’hébergement et au stress de l’induction d’une anesthésie générale de courte durée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont mis à mort afin que les organes soient prélevés.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’évaluation d’un organe ne peut pas se réduire à l’évaluation d’une cellule. Un organe est composé de différents tissus, eux-mêmes composés de cellules. La fonction d’un organe résulte d’une interaction de ces tissus. L’évaluation de sa fonction ne peut pas être « réduite » à l’évaluation cellulaire ou tissulaire. Par ailleurs, les progrès de la simulation informatique ne permettent pas encore non plus de modéliser l’organe de façon adapté à notre besoin. Ce projet pourrait être l’occasion de créer un modèle d’évaluation des greffons cardiaques. Le choix du cochon comme modèle animal est lié au fait qu’il est l’un des plus directement transposable chez l’homme.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les analyses statistiques réalisées dans le cadre d’une étude préliminaire portent à 9 le minimum d’animaux nécéssaire pour la partie omique et à 10 pour la partie IRM. Les équipes avec lesquelles nous allons collaborer pour utiliser le maximum d’organes pour chaque animal sacrifié sont désormais bien identifiées.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront hébergés par petits groupes, dans des box individuels permettant le contact physique, olfactif et visuel entre congénères. Ils sont hébergés sur litière de copeaux, ce qui leur permet d’exprimer leur comportement de fouissage (une partie des granulés est cachée dans la litière) et des balles de plastique au sol ou attachées au mur sont mises à disposition. Les hébergements sont sur un cycle jour/nuit de 12h/12h avec une température de 20-21°C, mais les animaux seront réceptionnés la veille de la procédure sans réveil. Le protocole sera le même que celui réalisé chez l’homme lorsque le cœur bat encore mais que le cerveau ne fonctionne plus, et de façon irréversible. Ce protocole est conçu pour assurer l’absence de douleur (sous anesthésie générale et analgésie profonde). Celle ci sera surveillée par la fréquence cardiaque et l’électrocardiogramme. Ainsi, en cas de tachycardie (augmentation franche de la fréquence cardiaque) a plus de 150 battements par minute, les sédations seront augmentées pour garantir l’analgésie. La « souffrance » myocardique provoquée est nécessaire à l’étude mais n’entraine aucune douleur supplémentaire pour l’animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le porc est l’animal dont la physiopathologie se rapproche le plus de l’Homme. Ces résultats pourront donner suite à des études cliniques chez l’Homme. Nous utiliserons des porcs juvéniles de 55 kg. Ce choix nous permet de nous rapprocher au plus de la morphologie chez l’Homme. Cette taille nous permettra également de mutualiser les organes avec les chirurgiens thoraciques. Des porcs plus petits rendent difficile voire impossible les prélèvements conjoints du cœur et des poumons.