Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

40 brebis gestantes et leurs agneaux, 80 animaux au total, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, pour tester si une alimentation variée améliore leur bien-être. Les brebis subissent quatre prises de sang, deux prélèvements de lait, six de fèces et trois de salive en cinq mois, les agneaux deux prises de sang et un prélèvement de fèces. Le porteur affirme que seul l’animal dans son intégralité permet de répondre aux objectifs, et ajoute une brebis dite joker par lot de quatre pour absorber les aléas de gestation. Aucun animal n’est tué dans le cadre du projet, les brebis retournant au troupeau ou étant réutilisées ailleurs, les agnelles gardées pour le renouvellement et les agneaux mâles partant vers la filière commerciale.

NTS-FR-971522v1
Types de recherche
· Alimentation animale · Bien-être animal · Éthologie / comportement / biologie animale · Oncologie · Recherche appliquée · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Diversité alimentaire, Enrichissement, Besoins individuels, Expériences précoces, Ruminants
Moutons : 80

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les élevages de ruminants présentent des modes d’alimentation très variés. Ils sont plus ou moins contrôlés et laissent plus ou moins de latitude à l’animal pour exprimer son comportement alimentaire (choix, tri, exploration). A un extrême, la ration complète, composée d’une diversité d’ingrédients mélangés finement, limite au maximum le tri par l’animal. A l’autre extrême, les prairies multi-espèces permettent à chaque individu d’exprimer des choix et de les modifier au cours du temps. Les ruminants sélectionnent des régimes diversifiés dès qu’ils en ont la possibilité et leur ingestion est stimulée par la diversité alimentaire. Cela questionne l’impact de la monotonie sur la satisfaction de leurs besoins et attentes, et l’intérêt de diversifier leur alimentation pour leur bien-être et leur santé. L’enrichissement du milieu est une voie d’amélioration du bien-être animal de plus en plus considérée. Il génère des émotions positives, augmente le répertoire comportemental et la possibilité pour l’animal de faire des choix et de contrôler son environnement (agentivité). Les aliments ayant à la fois des propriétés nutritionnelles et sensorielles, l’enrichissement alimentaire est particulièrement pertinent pour étudier les liens entre bien-être (enrichissement sensoriel/occupationnel, hédonisme) et santé (enrichissement nutritionnel, apport en macro/micronutriments, chaque individu pouvant composer sa ration en fonction de ses besoins, santé du microbiote) mais il reste encore peu considéré. Une alimentation maternelle diversifiée peut aussi influencer la descendance, de manière indirecte (amélioration de la santé et du bien-être de la brebis gestante) et/ou directe (stimulations olfacto-gustatives et conséquences nutritionnelles perçues par l’agneau pendant sa vie fœtale). Une alimentation maternelle déséquilibrée peut altérer la santé de la descendance chez l’Homme et les animaux d’élevage, mais les études concernant les effets de stimuli positifs appliqués en période prénatale sont plus rares. Les objectifs sont donc 1/ d’évaluer les bénéfices potentiels d’une offre alimentaire diversifiée pour la santé et le bien-être de brebis gestantes (ayant des besoins importants en fin de gestation, et variables selon le nombre de fœtus), 2/ d’évaluer l’impact chez les agneaux de la diversité alimentaire pendant la vie in utero sur leur santé, leur développement et certaines capacités comportementales, et 3/ de comprendre les mécanismes épigénétiques sous-jacents.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le principal postulat avancé dans la littérature concernant les intérêts d’une diversité alimentaire est que chaque animal peut sélectionner le régime correspondant à ses besoins nutritionnels propres, optimisant par voie de conséquence sa santé et sa production. Pour tester cette hypothèse, il est alors primordial d’évaluer la capacité de l’animal à valoriser les diverses ressources à sa disposition et les bénéfices qu’il peut en tirer. Un impact important de ce projet est d’évaluer cette capacité, qui reste à démontrer en conditions d’élevage sur un pas de temps long. En termes de bien-être animal, à ce jour, l’alimentation n’est considérée dans le référentiel d’évaluation Welfare Quality® que via l’absence de faim prolongée. Nous pensons que cette vision est très restrictive et que d’autres éléments, dont la diversité, en particulier sensorielle, procurent des émotions positives et des stimulations cognitives participant au bien-être alimentaire. Notre projet vise à en apporter la preuve de concept, l’objectif à terme étant de proposer des modalités d’intégration de cet enrichissement en élevage.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les brebis seront soumises à des prélèvements de sang (4 dates), de lait (2 dates), de fèces (6 dates) et de salive (3 dates), au cours des 5 mois de l’expérimentation. Les agneaux seront soumis à des prélèvements de sang (2 dates) et de fèces (1 date), au cours des 2.5 mois de l’expérimentation.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Il n’est pas prévu que les traitements aient des effets indésirables sur les animaux, l’objectif étant d’enrichir l’environnement pour améliorer leur santé et leur bien-être. Nous surveillerons l’apparition éventuelle de perturbation du transit digestif en lien avec l’apport des aliments bonus chez les brebis gestantes.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les brebis réintègreront le troupeau en condition classique d’élevage à la fin du projet (32) ou après la période de mise-bas (8 brebis supplémentaires). Concernant les agneaux, à la fin du projet les mâles rentreront dans la chaîne de commercialisation classique et les femelles seront gardées pour le renouvellement du troupeau.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le projet porte sur une étude comportementale et physiologique / métabolique. Seul l’animal dans son intégralité peut être utilisé pour répondre aux objectifs.

2. Réduction

3R / Réduction :

La stratégie du choix de l’effectif animal repose sur les différences à mettre en évidence et sur les besoins sociaux de l’espèce. Dans le projet, nous aurons deux traitements, avec une variabilité souhaitée, liée au nombre de fœtus portés (2 ou 3), qui impacte les besoins des brebis. Nous souhaitons héberger les brebis par petits groupes (lots) pour satisfaire les besoins sociaux de l’espèce (3 à 4 individus minimum par groupe), tout en optimisant le nombre de répétitions par traitement. Nous proposons donc de composer des lots de 4 brebis (idéalement deux brebis portant des jumeaux et deux brebis portant des triplés). Plusieurs réponses sont analysées, certaines à l’échelle individuelle, telles que le métabolisme, le microbiote, les réponses comportementales en situation de test ; et d’autres sont analysées à l’échelle du lot, telles que les quantités ingérées des différents aliments à l’échelle de la journée. Ces analyses à l’échelle du lot sont les plus restrictives et l’effectif minimum par traitement pour un test simple de comparaison de moyenne est quatre. Huit lots (4 par traitements) de 4 brebis (soit 32 brebis) apparaissent donc être un minimum. Pour les analyses à l’échelle individuelle et sur la base de données déjà existantes et d’un outil en ligne de calcul statistique d’effectifs (https://biostatgv.sentiweb.fr/), 16 individus par traitement apparaissent suffisants. Compte-tenu des incertitudes sur le nombre d’agneaux portés et nés, le minimum possible de brebis « joker » supplémentaires sera appliqué sur la période de gestation, soit une par lot, portant l’effectif total à 40 brebis. Une fois toutes les mises bas terminées, le choix des 32 brebis sera fait.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Concernant les prélèvements (sang, fèces, salive), ils sont réalisés par du personnel familier des animaux, habilité, habitué et formé aux procédures de contention et de prélèvement. Les prélèvements sont réalisés dans le parc de vie des animaux ou à proximité directe, avec maintien du contact visuel et auditif avec les congénères. Dès la fin des prélèvements, l’animal rejoint ses congénères. Les animaux vivent en groupe sociaux et sont isolés de leur groupe ponctuellement, sur de courtes durées (quelques minutes), lors des tests comportementaux. De plus, une phase de familiarisation au dispositif de test est réalisée en groupe avant de réaliser les tests individuels. Les animaux expérimentaux, brebis gestantes et agneaux, ont un suivi régulier de leur santé et de leur croissance, et sont observés quotidiennement. En cas d’animal en difficulté, celui-ci est soigné par le vétérinaire praticien et retiré du projet si ce traitement est en contradiction avec les objectifs du projet. Toutes les brebis, y compris celles du traitement témoin (TEM, peu diversifié) reçoivent une ration classique en élevage leur permettant de couvrir leurs besoins nutritionnels liés à la gestation multiple. Le projet est réalisé dans la bergerie d’élevage, bâtiment de vie habituel des animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’objectif du projet est d’évaluer les bénéfices liés à une offre alimentaire diversifiée sur la santé et le bien-être des ruminants d’élevage, ces animaux pouvant être élevés dans des conditions très contrastées sur le plan alimentaire (continuum entre longues phases de monotonie vs pâturage de prairies très diversifiées). L’espèce ovine est confrontée à ces conditions contrastées. De plus, les travaux antérieurs suggérant une sensibilité à la diversité alimentaire ont largement porté sur l’espèce ovine, pour laquelle nous disposons donc d’un ensemble de connaissances. Les ovins, en tant qu’espèce-cible et espèce-modèle de ruminants d’élevage est donc pertinente pour ce projet. Le projet utilise des brebis pendant la deuxième moitié de leur gestation et jusqu’à 2.5 mois de lactation, et leurs agneaux de la naissance à leur 2.5 mois d’âge. L’objectif du projet est d’évaluer les bénéfices potentiels liés à une offre alimentaire diversifiée sur la santé et le bien-être des ovins. L’hypothèse est qu’une diversité permet à chaque individu de composer la ration correspondant à ses besoins physiologiques et comportementaux propres. Afin de considérer une période à forts besoins pour l’animal et d’induire une variabilité dans ces besoins, la période de la gestation, avec une variabilité dans le nombre de foetus portés, est tout à fait pertinente. De plus, considérer des brebis gestantes permet d’investiguer les effets de la diversité alimentaire sur le développement, la santé et le comportement de leurs agneaux, qui auront pu bénéficier des effets de la diversité alimentaire pendant leur vie in utero.