
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/08/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-078445)
Faire reconnaître une souche bactérienne comme additif alimentaire pour chiens conduit ici à utiliser 16 chiens adultes de 4 ans, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, tous remis ensuite à disposition pour d’autres études après accord du vétérinaire. Ils subissent quatre prises de sang réparties sur treize semaines et sont placés seuls en box de 4 m2 quatre fois six jours, avec deux sorties de quinze minutes par paires. Le porteur décrit cet hébergement comme une individualisation sans isolement, les contacts visuels, sonores et olfactifs restant maintenus. Le remplacement est écarté d’une phrase, le chien étant l’espèce cible, et l’enjeu final reste l’évaluation du dossier d’efficacité par l’autorité européenne de sécurité des aliments.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les objectifs du projet sont d’évaluer l’efficacité d’une souche bactérienne sur la digestibilité des protéines et des lipides chez le chien sain et l’impact sur le microbiote canin : démontrer le rôle en tant qu’agent améliorant la digestibilité et éventuel régulateur de l’immunité.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A l’instar des études en cours sur le microbiote humain (étude du French Gut) l’évaluation du microbiote chez les carnivores domestiques présente un intérêt croissant. Pouvoir limiter l’inflammation intestinale en agissant sur la composition du microbiote est une piste d’intérêt. Cette étude permettra de vérifier l’aspect anti-inflammatoire potentiel de cette souche bactérienne. L’évaluation du dossier d’efficacité par l’autorité européenne de sécurité des aliments permettra à cette souche d’être éventuellement reconnue comme agent améliorant le bien-être chez le chien.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux vigiles auront 4 prises de sang (intervention de moins de 10 minutes chacune) réparties sur 13 semaines et ils seront isolés 4 fois une semaine avec un intervalle entre ces périodes de 4 semaines, 2 semaines puis à nouveau 4 semaines en boxes collectifs.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les prises de sang constituent une nuisance attendue à cause du stress éventuel de la contention mais les animaux sont habitués à cette procédure ce qui permet la réalisation de celles-ci dans les meilleures conditions de rapidité et de bien-être de l’animal. Le prélèvement sanguin est, lui, considéré comme une procédure légère constituée d’une piqûre unique et rapide ne justifiant pas l’administration d’analgésiques. Cependant, afin de préserver le bien-être des animaux, tout prélèvement sera interrompu si l’animal montre un quelconque signe de détresse. Les animaux seront individualisés, mais non isolés, 4 fois 6 jours (7 maximum) dans des boxes de 4 m2. Les contacts visuels, sonores et olfactifs seront pleinement maintenus avec leurs congénères. Tous les chiens bénéficieront durant les périodes d’individualisation de deux périodes de « récréation » par groupe de deux animaux dans un box de 20 m2. Cette sortie de 15 min sera contrôlée et suivie par le responsable de l’étude. Le comportement des animaux sera suivi quotidiennement et de près afin de mettre en évidence rapidement tout signe éventuel de détresse.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux pourront être réutilisés et inclus dans une nouvelle étude après acceptation de la demande et accord du vétérinaire référent.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Aucun remplacement n’est envisageable dans la mesure où le chien est l’espèce cible de cet additif alimentaire.
2. Réduction
La taille des groupes proposée est celle minimale basée sur notre expérience, permettant d’obtenir des résultats reproductibles et d’assurer la robustesse des analyses statistiques (T-test apparié sous l’hypothèse de normalité vérifiée ou test de Wilcoxon). L’étude en cross-over et le fait que chaque animal soit son propre témoin permet d’apporter de la puissance à cette étude.
3. Raffinement
Cette étude ne limite pas les sorties des animaux en laisse dans les cours extérieures afin de maintenir le processus de sociabilisation. Ils peuvent de plus continuer à vivre en groupe (3 à 4 chiens dans un box de 18 m2 avec présence de niches et de jeux type kong ou ballon) en période d’absence de collecte de selles. Ils ont accès à l’eau à volonté. Ils sont amenés, en laisse, de leur box jusqu’à la salle de prélèvement se trouvant dans le même bâtiment. Un accompagnement par la voix est réalisé lors de la prise de sang. Des caresses sont prodiguées à l’animal à la fin de l’acte. Un suivi quotidien du comportement des chiens est réalisé afin de mettre en place, si besoin était, des mesures adéquates (changement de place dans le chenil, apport de nouveaux jeux dans les boxes) pour maintenir un bien-être optimal à ces animaux durant toute l’étude.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le chien est l’espèce cible de la souche testée. Les animaux sont des chiens adultes de 4 ans en bonne santé, n’ayant pas reçu de traitement antibiotique ou tout autre traitement pouvant modifier le microbiote, depuis au moins 3 mois. L’utilisation de probiotiques peut s’avérer necessaire chez un chien adulte à tous les âges. Nous considérons que des chiens de 4 ans sont un bon modèle pour représenter au mieux la population de chiens adultes de 2 à 7 ans.