
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-09-12 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-433374)
Toutes tuées en fin de procédure pour que leurs organes soient prélevés, 552 souris vont être utilisées dans des procédures classées à un niveau de souffrance modéré. Chacune reçoit deux injections intramusculaires, 360 subissent une ouverture du thorax ou de l’abdomen, et 144 sont enfermées seules en cage à métabolisme sur une grille métallique, quatre-vingt-seize heures la première fois. Quarante-huit autres sont gavées deux fois par jour pendant neuf jours, et le porteur évoque une chirurgie sans réveil alors que le tableau des gravités ne déclare aucun animal dans cette catégorie. Il affirme que seules des expériences sur des animaux non-humains permettent d’étudier les effets d’un excès d’aldostérone sur l’équilibre du potassium, les cellules en culture ne suffisant pas.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’hyperaldostéronisme primaire est un syndrome dans lequel le taux d’aldostérone est anormalement élevé à cause d’un excès de sa production par les glandes surrénales. Cette hormone agit sur le rein et stimule la réabsorption de sel et la sécrétion de potassium. En condition d’hyperaldostéronisme, quand l’organisme n’a pas besoin de cette hormone mais qu’elle est tout de même produite, le rein va retenir le sel dans l’organisme ce qui conduit à une hypertension sévère, généralement résistante à tous les traitements classiques. Ainsi, l’hyperaldostéronisme primaire est à l’origine de 6-18 pourcents des cas d’hypertension selon les populations étudiées et représente presque un quart des hypertensions résistantes à tout traitement. En parallèle, l’excès d’aldostérone va stimuler l’excrétion rénale de potassium, conduisant à une perte de potassium dans les urines et une baisse sévère de sa concentration dans le sang (hypokaliémie) pouvant avoir des conséquences fatales sur le système cardiaque. Deux protéines travaillent de concert pour permettre de limiter les pertes rénales de potassium et l’hypokaliémie. Ce projet vise à étudier si ces deux protéines participent également à la réponse à l’hyperaldostéronisme en tentant de s’opposer à l’effet hypokalémiant de l’aldostérone.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’hyperaldostéronisme primaire, maladie qui est caractérisée par une surproduction anormale de l’hormone aldostérone, conduit au développement d’une hypertension et d’une hypokaliémie (baisse de la concentration en potassium dans le sang). La découverte récente d’un lien entre un facteur de croissance, un transporteur rénal de potassium et la capacité du rein à retenir le potassium, nous a amené à envisager que cette voie pourrait être mis en œuvre dans le contexte de l’hyperaldostéronisme en réponse à l’hypokaliémie. Notre projet, qui utilisera des souris mâles et femelle invalidées ou non pour les gènes à tester permettra d’évaluer si cette voie existe, ce qui pourrait permettre d’envisager d’agir dessus pharmacologiquement au bénéfice des malades.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux, vigiles, (552 souris) subiront deux injections intramusculaires sur deux sites d’injection différent le premier jour de chaque procédure (1 minute par animal). Une partie des animaux subiront une thoracotomie (180 souris, 15 minutes par animal) ou une laparotomie (180 souris, 15 minutes par animal) sous anesthésie et analgésie, à des fins de recueils de tissus/organes. Pour une autre partie des animaux, trois recueils urinaires sur animal vigile en cage à métabolisme seront réalisés sur un groupe de 144 souris (96 heures en cage à métabolisme pour le premier dont 48h d’habituation et 24h pour les deux autres recueils). Nous effectuerons, également, 2 prélèvements sanguins à 7 jours d’intervalle sur animal anesthésié (1 minute par animal, sur 144 souris). De plus, deux mesures de la composition corporelle par résonance magnétique nucléaire espacées de 7 jours (2 minutes par animal) seront effectuées sur ces 144 souris. Une autre partie des animaux (48 souris) sera soumise à un maximum de 9 jours de gavages deux fois par jour (30 secondes par animal) et subira un prélèvement sanguin unique sous anesthésie (1 minute par animal). Toutes les souris sont euthanasiées en fin de procédure (552 souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En fonction des groupes expérimentaux, certains animaux seront hébergés individuellement permettant ainsi de recueillir leur urine et leur fèces. Ce type d’hébergement génère des nuisances sur les animaux car ceux-ci sont isolés et se déplacent sur une grille métallique de surface réduite. Ils subiront un prélèvement de sang sous anesthésie et antalgique pouvant entrainer une hémorragie. Certaines souris seront placées dans un tube clos pour la mesure de la composition corporelle par mesure de résonance nucléaire magnétique. Cette procédure peut entraîner un léger stress au moment de la manipulation des souris pour vider leur vessie par massage abdominale et le temps de la mesure (2 minutes). Des animaux subiront également un gavage qui pourrait conduire à une fausse route. Certains animaux subiront également une chirurgie sans réveil susceptible d’entrainer une insuffisance respiratoire. L’injection intra-musculaire peut entrainer également une douleur ponctuelle.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
A la fin de chaque procédure, les animaux sont euthanasiés afin de pouvoir utiliser leurs organes à des fins d’études post-mortem.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans la mesure du possible, le remplacement des animaux par des méthodes alternatives (par exemple des cellules en culture) est préférable. Toutefois, seules des études sur des animaux nous permettront d’étudier les conséquences physiopathologiques d’un hyperaldostéronisme primaire sur l’équilibre de la balance potassique. En effet ces processus font intervenir des systèmes complexes qui travaillent de concert et qui agissent également les uns sur les autres. L’identification de l’implication possible de ces différents acteurs pourra ouvrir de nouvelles possibilités pour développer des stratégies thérapeutiques novatrices
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet a une durée de 5 ans, et nécessitera l’utilisation de 552 souris. Ce nombre a été défini afin d’utiliser le minimum d’animaux tout en assurant l’obtention de résultats statistiquement significatifs. Nous l’avons calculé au plus faible à l’aide de tests statistiques et sur la base de notre expérience. Nous limiterons le nombre d’animaux en réalisant des expériences sur les mêmes animaux en limitant toutefois les expériences qui aboutiraient à des souffrances trop importantes et qui pourraient impacter négativement certains résultats. Par ailleurs, le nombre d’animaux utilisé est susceptible d’évoluer à la baisse si nous constatons qu’il n’existe pas de dimorphisme sexuel, ce qui permettra de mélanger les résultats des souris mâles et femelles ou si nous constatons que certaines de nos hypothèses concernant l’implication de nos protéines d’intérêt ne sont pas validées.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Durant leur hébergement en stabulation, les animaux auront un accès libre à la nourriture et à de l’eau filtrée, et seront placés dans des cages ventilées. L’environnement des animaux sera enrichi avec du nid végétal, des cylindres en carton, des bouts de bois et des maisons en plastique. L’hébergement en cages à métabolisme sera lui aussi réalisé dans l’établissement utilisateur. Afin de limiter les désagréments liés à la grille, nous plaçons une coupelle en verre de 6 cm de diamètre sur cette grille ce qui permet à la souris de dormir ou de se réfugier en n’étant plus en contact permanent avec la grille, ce dispositif n’altérant pas le recueil d’urine. Par ailleurs, la détermination quotidienne du poids, de l’apparence physique et du comportement des animaux durant leur hébergement en cages à métabolisme nous permettra de définir les points limites et de replacer l’animal en stabulation classique avant que son état ne se détériore. Le suivi de ces points limites continuera afin de vérifier s’ils reviennent à la normal. Le cas échéant, l’euthanasie de l’animal pourra être envisagé. Pour la mesure dans l’appareil à résonnance magnétique, les animaux seront habitués à être manipulés pour avoir la vessie vidée et à être placer dans le tube de mesure. Quelques jours seront consacrés à laisser les souris découvrir le tube de mesure, à y être placées puis ressorties. Ce tube est en plastique rouge pour diminuer le stress de la souris. Le tube est muni de trou pour permettre la circulation de l’air. La souris est maintenue dans le fond du tube par un piston de diamètre légèrement plus petit que le diamètre du tube. La hauteur du piston est réglable et permet de laisser la souris se mouvoir librement. La queue de la souris peut passer entre le piston et la paroi du tube sans être pincée. La mesure dure 2 minutes. Nous avons noté que les souris habituées stressent moins dans le tube après habituation : ne perdent pas de fèces pendant la mesure, sortent du tube sans hésitation. Pour le prélèvement de leurs reins, les animaux subiront une anesthésie sans réveil. L’ensemble des expériences sera mené dans des locaux d’hébergement respectant les standards en vigueur, par des personnels hautement qualifiés et formés à l’expérimentation animale.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle animal permet de réaliser des expériences de physiopathologie rénale de mammifère en prenant en compte tous les paramètres physiologiques qui existent in vivo. Les analyses in vitro ou in silico ne sont pas suffisantes en ce qui concerne l’étude des fonctions rénales qui ont des effets systémiques. Nous avons choisi de mener nos expériences chez la souris, car les modèles d’invalidation des gènes susceptibles de nous intéresser ont été générés chez la souris. De plus, ces expériences ont pour objectif d’être associés à des expériences déjà réalisées dans le laboratoire sur ces mêmes lignées de souris. Nous utilisons des souris mâles et femelles âgées de 8 à 15 semaines afin d’évaluer l’effet de l’induction d’un hyperaldostéronisme sur la balance du potassium et d’évaluer l’implication de deux facteurs protéiques dans la réponse à cette induction. Nous utilisons des souris mâles et femelles « normales » et transgéniques (invalidées pour nos gènes d’intérêts) âgées de 8 à 15 semaines afin d’évaluer l’effet de l’induction d’un hyperaldostéronisme sur la balance du potassium et d’évaluer l’implication d’un facteur de croissance et d’un transporteur ionique dans la réponse à cette induction.