Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Transportées deux heures depuis leur lieu d’éclosion au stade alevin, 2 000 truites arc-en-ciel sont nourries pendant cent jours avec une molécule qui bloque leurs récepteurs gustatifs aux oméga-3, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. La finalité est industrielle, il s’agit de remplacer la farine et l’huile de poisson dans l’aliment d’élevage sans que les truites mangent moins et grandissent moins vite. Les interventions se limitent à cinq pesées par bassin et à la mise à mort finale dans un bain anesthésiant, avec prélèvement du cerveau et de la langue, une partie des poissons étant ensuite remise dans le circuit de la pisciculture. Le porteur affirme qu’une meilleure prise alimentaire devrait « améliorer le bien-être et les performances » des poissons d’élevage, et ses propres chiffres de devenir divergent, le texte annonçant 400 poissons tués quand la déclaration chiffrée du même résumé n’en donne que 200.

NTS-FR-952311v1
Types de recherche
· Alimentation animale · Bien-être animal · Éthologie / comportement / biologie animale · Oncologie · Recherche appliquée · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Comportement alimentaire, Premier repas, Oméga-3, Poisson d'élevage, Récepteur du gras
Saumons : 2000

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Pour rendre la production de poissons carnivores d’élevage comme les truites plus durable, il est essentiel de réduire l’utilisation de farine et d’huile de poisson dans leur aliment. Pour autant, si on remplace totalement ces ingrédients par des végétaux, cela engendre un ralentissement important de leur croissance qui est due notamment à une baisse de leur appétit. Nos recherches ont montré que les acides gras oméga-3 (certains absents de ces aliments végétaux) joue un rôle dans la préférence alimentaire des truites. Nous avons identifié que cette préférence alimentaire (augmentation de la prise alimentaire) pourrait s’expliquer par la présence de récepteur du gout chez la truite qui sont activés par ces oméga-3 (étude en laboratoire). Pour autant, aucune n’étude n’a étudié le rôle de l’activité de ces récepteurs du gout sur la prise alimentaire et la croissance de la truite en élevage. Ainsi notre projet va étudier durant 100 jours (à partir de leur premier repas) l’effet d’une molécule dans les aliments (avec et sans farine et huile de poissons et avec différents oméga-3) des truites qui bloque leurs récepteurs du gout aux oméga-3.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra de mieux comprendre la régulation de la prise alimentaire des poissons d’élevage par les oméga-3 (acides gras) par leur récepteur du gout. Les bénéfices attendus sont importants, car aucune étude précédente n’a exploré ni identifié le rôle de ces récepteurs du gras chez les poissons, et encore moins leur effet sur le comportement alimentaire. Ces découvertes pourraient ouvrir de nouvelles perspectives pour l’industrie aquacole, en prenant notamment en compte la teneur en oméga-3 dans les aliments des poissons d’élevage. Enfin, une meilleure prise alimentaire des poissons d’élevage par une alimentation optimisée devrait permettre à terme d’améliorer le bien-être et les performances de poissons.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

– 2h de transport des truites (au stade alevins) entre leur lieu d’éclosion et le lieu de l’expérience avec une augmentation progressive de la température de l’eau 7 à 17°C sur plusieurs heures. – Mesure du poids en lot des 20 bassins tous les 20 jours, soit 5 pesées en tout sur animaux vigiles (conformes aux pratiques d’élevage). – Euthanasie au bout des 100 jours d’expérience par anesthésie dans un bain d’anesthésiant puis euthanasiant avec prélèvement de tissus : cerveau et langue.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

– Alimentation durant 100 jours avec ou sans farine de poisson et avec l’ajout d’une molécule chimique pouvant induire des effets sur leur comportement alimentaire (augmentation ou diminution de leur prise alimentaire).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issue de l’expérience, 400 poissons seront anesthésiés, euthanasiés et prélevés pour analyse. Sur les 1600 poissons restant, 800 qui n’auront pas reçu la molécule dans leur alimentation seront remis dans le circuit au sein de la pisciculture (réutilisation). Les 800 autres ayant reçu la molécule dans leur alimentation seront replacés dans des bassins hors expérimentation (replacés dans les bassins extérieurs de la pisciculture).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

A la suite d’une étude en laboratoire sur modèle cellulaire pour validation de l’effet de la molécule, l’objectif principal du projet est désormais de mesurer l’effet du récepteur du gras sur le comportement alimentaire et la croissance des truites, ainsi, le recours à des animaux est nécessaire.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de poissons prélevé est calculé au minimum, compte-tenu des variabilités des réponses aux aliments observées dans les études précédentes notamment au stade alevin. Le nombre de poisson permet aussi d’avoir une densité par bassin idéale pour des conditions en élevage optimales car les truites sont des animaux grégaires (vivent en groupe).

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les conditions d’élevage utilisées sont : photopériode naturelle, température stable, qualité d’eau optimale et niveau d’oxygène adéquate avec un débit d’eau adapté permettant un renouvellement de 5 à 7 fois par heure, taille et type de bassins adaptée à la taille des poissons de 50L pour notre étude (bassins extérieurs munis d’un couvercle et demi-couvercle occultant assurant la sécurité des poissons vis-à-vis des nuisibles (oiseaux) et limitant les perturbations liées à l’activité des agents de la pisciculture), densité et quantité optimale des truites, nettoyage régulier des bassins. Les animaux seront nourris manuellement à satiété visuelle sans restriction. Un enrichissement du milieu sera réalisé en introduisant des objets flottant type balles de ping-pong permettant leur stimulation de jeux ainsi que des éléments pour se cacher (pierre, tuyaux…). Un suivi quotidien du bien-être animal sera évalué à l’aide d’une fiche de suivi quotidienne d’évaluation des expériences.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La truite arc-en-ciel est la première espèce piscicole produite en France et a donc un poids agronomique et commercial important. Les animaux utilisés seront au stade alevins. Il s’agit du stade que nous avons identifié dans nos études antérieures, démontrant une diminution des performances de croissance lié à la prise alimentaire chez les poissons nourris avec un aliment dépourvu de farine et d’huile de poisson.