Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Livrés à un jour d’âge et élevés jusqu’à 36 jours, les poulets de chair sont décrits comme particulièrement sensibles aux mycotoxines en raison de leur croissance rapide, ce qui en fait ici le sujet du test. 360 poulets vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Leur aliment est volontairement additionné de mycotoxines pendant 36 jours, ce qui peut provoquer un refus de s’alimenter, une perte de poids, de l’apathie, un plumage ébouriffé, des diarrhées et une mortalité accrue, et 2 mL de sang sont prélevés sur chaque animal aux jours 34 et 35. Tous seront tués, le porteur invoquant le fait qu’ils ont reçu un additif détoxifiant qui n’a pas encore d’autorisation de mise sur le marché.

NTS-FR-826769v1
Types de recherche
· Alimentation animale · Recherche appliquée ·
Mots-clés
mycotoxine, poulet de chair, détoxifiant, santé
Poules : 360

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ?

Réponse du laboratoire :

En élevage avicole, les mycotoxines représentent un risque important pour la santé et les performances des volailles. Ces toxines, produites par des champignons contaminent fréquemment les matières premières végétales utilisées dans l’alimentation animale. À l’échelle mondiale, 70 à 80 % des matières premières contiennent au moins une mycotoxine détectable. Les poulets de chair sont particulièrement sensibles en raison de leur croissance rapide et de leur consommation élevée d’aliment. L’exposition simultanée à plusieurs mycotoxines dans un même aliment peut réduire la croissance, l’immunité, la fertilité et la productivité des animaux. Les pertes économiques liées à ces contaminations sont estimées à plusieurs centaines de millions de d’euros par an. Pour limiter ces effets, des agents détoxifiants sont couramment utilisés dans l’alimentation des volailles. Leur efficacité dépend toutefois de nombreux facteurs, comme le type et la quantité de mycotoxines présentes, leur combinaison, le mode d’action des produits et les conditions d’élevage. Il est donc nécessaire de les évaluer de façon rigoureuse dans des conditions expérimentales contrôlées. Ce projet a pour objectif d’évaluer l’efficacité d’un agent détoxifiant conçu pour protéger la santé et les performances des volailles en agissant contre les mycotoxines présentes dans les aliments. L’objectif final est de mieux comprendre les réponses métaboliques des poulets de chair face aux mycotoxines et aux agents détoxifiants, afin d’améliorer leur bien-être et de mieux gérer le risque mycotoxines en production avicole.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ?

Réponse du laboratoire :

Les mycotoxines contaminent une large proportion des matières premières destinées à l’alimentation des volailles, avec des études montrant que 70 à 80 % des aliments contiennent au moins une mycotoxine. Chez le poulet de chair, une exposition répétée à ces toxines peut ralentir la croissance, fragiliser l’intestin, affaiblir le système immunitaire et rendre les animaux plus sensibles aux maladies. Cela a des conséquences directes sur le bien‑être des animaux, mais aussi sur la rentabilité des élevages. L’utilisation d’agents détoxifiants constitue une stratégie préventive et corrective essentielle face au risque mycotoxines, omniprésent en production avicole. Elle représente une solution efficace pour atténuer les effets sanitaires, zootechniques et économiques des mycotoxines, tout en contribuant au bien-être animal et à la durabilité des systèmes de production. Leur évaluation expérimentale est essentielle pour démontrer leur efficacité et optimiser leur utilisation en conditions d’élevage. L’utilisation d’agents détoxifiants contribue à améliorer l’état général des volailles en limitant les effets toxiques des mycotoxines sur les organes cibles, notamment le foie, les reins et l’intestin, et en réduisant les désordres métaboliques associés. En atténuant les effets des mycotoxines, ces agents participent également à une meilleure homogénéité des lots et au maintien de l’efficacité alimentaire. Enfin, ils s’intègrent dans une approche globale de gestion du risque mycotoxines, permettant d’anticiper et de limiter les impacts liés aux variations climatiques et à la qualité des matières premières.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents

Réponse du laboratoire :

Stress et inconfort des animaux qui seront sortis de leur compartiment pour être pesés en groupe (

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.

Les animaux souffrent-ils ?

Réponse du laboratoire :

Les animaux seront nourris avec un aliment standard répondant à leurs besoins nutritionnels et supplémenté en mycotoxines et en enzymes détoxifiantes pendant 36 jours. Les mycotoxines ajoutées artificiellement dans l’aliment peuvent influencer la santé et la qualité de vie des animaux caractérisées par une perte de poids dû à un refus de s’alimenter, une apathie, un plumage ébouriffé, une augmentation de la mortalité et une dégradation de la litière en raison de potentielles diarrhées. Inconfort et le stress dus à la sortie des compartiments pour la pesée en groupe des animaux et la prise de sang. Douleur transitoire à l’endroit du prélèvement de sang réalisé une fois par animal en fin de procédure.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

Les animaux ayant été nourris avec un aliment supplémenté avec des toxines et d’un additif n’ayant pas encore une autorisation de mise sur le marché, seront mis à mort.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ?

Réponse du laboratoire :

Au moment de la délivrance de cette autorisation de projet, il n’existe pas de modèle in vitro ou in silico capable de mimer l’intégralité des fonctions cellulaires et physiologiques sollicitées par les poulets de chair lorsqu’ils sont affectés par les mycotoxines. De plus l’évaluation d’un additif alimentaire, implique de connaitre son mode d’action chez l’animal auquel il est destiné impliquant l’utilisation d’animaux vivants.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ?

Réponse du laboratoire :

Des calculs statistiques ont été réalisés afin de déterminer le nombre d’animaux adéquat pour ce projet et a été réduit à la stricte nécessité pour aborder l’objectif du projet. Le nombre d’animaux à utiliser permettra d’apporter de bonnes conditions d’élevage en favorisant une hiérarchie sociale nécessaire au bien-être des animaux, d’avoir suffisamment de quantité d’échantillons pour réaliser les analyses et d’obtenir des données scientifiquement robustes.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ?

Réponse du laboratoire :

L’inconfort et le stress liés à la sortie des animaux des compartiments pour la pesée collective sont limités par la réalisation des opérations de capture dans un environnement calme et silencieux. Les animaux sont manipulés avec précaution, saisis au niveau du tarse, juste au dessus des doigts, puis transférés dans des contenants de taille adaptée afin d’éviter tout empilement et de prévenir les risques d’étouffement. L’inconfort et le stress dus à la sortie des compartiments pour les prises de sang sont réduits par une manipulation délicate des animaux, un prélèvement de faibles volumes de sang en fonction de la volémie et par l’application d’un point de pression sur le site de prélèvement. L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement. Le raffinement des conditions d’hébergement consiste à étaler de la litière sous forme de copeaux ou de sciure afin d’assurer le confort des animaux par l’isolation thermique, l’absorption de l’humidité et la prévention des pathologies. De la litière sera ajoutée régulièrement au cours de l’étude pour maintenir une litière sèche. L’accès à l’eau est facilité par la mise en place de coupelles d’eau en plus des pipettes et des godets récupérateurs d’eau et en adaptant régulièrement la hauteur des lignes d’eau en fonction de l’âge des animaux. L’accès à la nourriture est facilité en adaptant la hauteur des mangeoires en fonction de l’âge des animaux afin que le bord de la mangeoire se trouve au niveau de la poitrine de l’animal. Le raffinement consiste aussi à limiter les manipulations des animaux en les pesant uniquement à la mise en place, au changement d’aliment et en fin d’étude. Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de sorte que l’enrichissement des compartiments (clochettes qui scintillent, litière), la densité des animaux par compartiment, ou encore les paramètres environnementaux (température et hygrométrie) procurent le maximum de confort aux animaux et restent conformes à la législation en vigueur. Aucun animal ne reste isolé, en compartiment individuelle sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, ceci afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale

Réponse du laboratoire :

L’agent détoxifiant testé dans ce projet est destiné à être incorporé dans les rations alimentaires distribuées aux volailles (poulets de chair) pour faire face à la variabilité de la qualité nutritionnelle des ingrédients entrant dans la composition des régimes alimentaires des volailles. Les animaux livrés seront des poussins de 1 jour (poids moyen 40 g). Ils seront mis en stabulation en cages au sol avec litière et seront élevés jusqu’à l’âge de 36 jours. Des poulets juvéniles et jusqu’à 36 jours d’âge seront utilisés dans cette étude afin de bien comprendre la réponse physiologique et métabolique en réponse aux mycotoxines au cours des différentes phase de croissance du poulet de chair.