
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-03-30 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-015414)
270 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Porteuses d’une myopathie génétique grave, elles développent dès trois semaines une atrophie musculaire évoluant vers la paralysie et la mort vers sept à huit semaines, et reçoivent une injection d’un composé suivie d’évaluations motrices et d’une prise de sang avant mise à mort au CO2. Le porteur précise que les souris atteignant un score de souffrance donné sont mises à mort, et vise à ajuster l’espacement des injections d’un composé déjà en essai clinique. Il affirme que ces mesures ne peuvent se faire que sur un organisme vivant « entier ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les myopathies centronucléaires, sont des myopathies congénitales très sévères caractérisées par une grande faiblesse musculaire. La myopathie centronucléaire liée à l’X (XL-MTM) est la plus commune et la plus sévère des formes de myopathies centronucléaires, caractérisée par une hypotonie néonatale sévère et un décès précoce. Il a été précédemment montré qu’un niveau trop élevé d’une certaine protéine dans le muscle semblait jouer un rôle majeur dans la survenue de cette myopathie et que la sous-expression de cette protéine dans un modèle de souris reproduisant les caractéristiques de la maladie, pouvait l’améliorer. L’équipe a également montré qu’il est aussi possible de traiter des souris malades quand elles sont déjà affectées. Nous avons actuellement un composé en essai clinique pour réduire l’expression de la protéine impliquée. Pour concevoir l’essai clinique, les études sur la souris ont été essentielles afin de choisir les doses et la fréquence d’administration appropriées en clinique. L’objectif de ce projet est d’affiner ces choix pour l’essai clinique en cours. En effet, nous voulons comprendre quel est l’impact dynamique du composé, c’est-à-dire combien de temps dure l’effet après une injection, sur la concentration du composé dans différents tissus, sur les niveaux de la protéine ciblée et sur l’amélioration générale de l’animal. Nous voulons corréler tous ces paramètres pour comprendre combien de temps s’écoule entre la réduction de la protéine dans les tissus et l’amélioration phénotypique et vice-versa, lorsque l’effet du composé s’estompe, combien de temps il faut avant que le phénotype ne se dégrade à nouveau. De plus, nous aimerions comprendre la dynamique des biomarqueurs d’efficacité potentiels identifiés dans études précédentes, afin de comprendre s’ils reflètent des stades spécifiques de progression de la maladie, et pourraient donc être utilisés pour prédire l’efficacité du traitement dans l’essai clinique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons actuellement un composé en essai clinique pour réduire la protéine ciblée. Pour concevoir l’essai clinique, les études sur la souris ont été essentielles afin de choisir les doses et la fréquence d’administration appropriées en clinique. Avec cette étude, nous souhaitons étudier la dynamique du traitement et de la maladie après une seule injection pour déterminer sa durée d’efficacité avant un nouveau déclin de la maladie. Connaitre cette durée d’efficacité nous permettra de définir la durée maximale et optimale entre deux injections pour le protocole clinique. L’objectif de ce projet et son bénéfice sont donc de réduire au maximum, la fréquence d’administration pour éviter la prise trop répétée de notre composé et ainsi augmenter sa sécurité.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une injection intrapéritonéale sera effectuée sur tous les animaux de la procédure expérimentale à l’âge de 3 semaines. La durée totale de l’intervention pour une injection est de 2 minutes maximum par animal. Une évaluation de leur phénotype (évaluation de la gravité de la maladie) sera effectuée à l’âge de 4, 5, 7 et 8 semaines, soit 4 évaluation en tout pendant 1 mois. Lors de cette évaluation, la marche des souris, leur aspect visuel et la capacité à s’accrocher à l’envers sur une grille seront analysés. Cette évaluation prend une dizaine de minutes par souris. La dernière semaine de protocole de chaque cohorte, une prise de sang sera effectuée sur tous les animaux. La prise de sang dure maximum 4-5 minutes par souris.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La nuisance attendue sur les animaux est l’effet du phénotype dommageable de la lignée choisie. En effet, les souris, dès l’âge de 3 semaines, développent les premiers signes d’une atrophie musculaire. Cette atrophie se caractérise par une non-prise puis une perte de poids, une faiblesse musculaire de plus en plus importante conduisant à la paralysie des membres inférieurs, une difficulté à s’alimenter et à s’hydrater. Sans traitement, ces critères durent et s’amplifient jusqu’à la mort des souris vers 7-8 semaines.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront mis à mort par inhalation croissante de CO2, après prélèvement sanguin.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Suite une injection intrapéritonéale de notre composé, nous souhaitons mesurer la concentration de ce composé dans différents organes, mesurer la dynamique des biomarqueurs sanguins précédemment identifiés et évaluer la réduction de Dnm2 ainsi que les modifications phénotypiques liés à la dégradation du composé dans le temps. Ces mesures et évaluations ne peuvent se faire que sur un organisme vivant entier, d’où l’utilisation des souris.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il a été déterminé que le nombre optimal de souris par groupe sera de 15 souris pour atteindre une différence statistiquement significative lorsqu’un phénotype apparait entre les souris contrôles et les souris génétiquement modifiées. Sauf pour le groupe de souris Mtm1 knockout traitées avec le contrôle où 30 souris seront nécessaires. En effet, les souris Mtm1 KO ne survivent pas toujours jusqu’à 7 semaines et la quantité de sang récupérée par souris est très faible, ainsi pour avoir l’équivalent de 15 souris dans ce groupe statistique il nous en faut 30 maximum dans le groupe expérimental. En revanche, dès nous récupérons assez de « données /matériel » (=15), nous stopperons l’inclusion des souris génétiquement modifiées dans ce groupe. Nous savons que la grande majorité des souris génétiquement modifiées injéctées avec le composé contrôle ne survivent pas plus de 7-8 semaines, ainsi le groupe de souris génétiquement modifiées contrôle à 11 semaines ne sera pas inclus dans notre étude.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Une surveillance quotidienne permettra de repérer précocement les signes de souffrance / douleur / stress. Dès l’apparition de ces signes un suivi sera effectué via une fiche scoring pour évaluer le niveau d’inconfort comme décrit ci-dessous ; tout signe d’inconfort sera pris en charge en prenant les mesures appropriées en fonction du niveau observé (0 à 3). Niveau 0 : pas de douleur ou d’inconfort : pas d’action. Niveau 1 : Somme des scores ≥3 and ≤6 et aucun score de 3 : surveillance quotidienne avec surveillance du poids. Niveau 2 : somme des scores ≥7 ou score de 3 : mise à mort. Afin d’améliorer le bien-être animal tout au long de la vie de l’animal, de la nourriture adaptée à ce modèle de souris sera utilisée (eg. de la nourriture et de l’eau en gel ainsi que quelques croquettes seront placées dans la cage pour les souris malades à la place des croquettes sur la grille).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle de la maladie que nous étudions est disponible chez le chien et la souris. L’utilisation du modèle canin pour une étude pilote/préclinique n’étant pas la plus adéquate (disponibilité de la lignée, nombre nécessaire, durée de vie des animaux, long processus de reproduction…) nous proposons de réaliser ces techniques sur une lignée de souris génétiquement modifiées disponible dans nos laboratoires. Les animaux seront étudiés à partir de l’âge de 3 semaines (âge d’apparition des symptômes et début du traitement) jusqu’à l’âge de 5 à 11 semaines pour pouvoir analyser l’effet et l’efficacité de notre molécule après une injection à court et moyen terme.