
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-02-08 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-153140)
80 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une lésion cérébrale est provoquée par injection de 6-OHDA pour modéliser la maladie de Parkinson, puis les souris subissent quatorze tests de douleur, dont le test de von Frey, l’immersion de la queue, la plaque chaude et le test à la formaline. Le porteur précise que la douleur liée au modèle « ne peut être soulagée car c’est l’objectif de l’étude ». Il affirme que la caractérisation de la douleur nécessite une observation comportementale possible seulement sur « animal vivant et vigile ».
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La maladie de Parkinson est caractérisée par une perte progressive des neurones dopaminergiques de la substance noire compacte. Cette maladie est classiquement associée à des symptômes moteurs, cependant il est maintenant reconnu que de nombreux symptômes non moteurs, incluant la douleur, sont très communs. Les symptômes douloureux peuvent être observés chez environ 85 % des patients Parkinsoniens. Le seuil de douleur est également altéré chez les patients Parkinsoniens, présentant ou non des symptômes de douleur. Ces douleurs sont négativement associées avec la qualité de vie des patients. Ces symptômes de douleurs sont donc un souci majeur dans la prise en charge de la maladie. Les douleurs associées à la maladie de Parkinson suggèrent que les circuits cérébraux permettant de percevoir et traiter les informations douloureuses pourraient être dysfonctionnels. Cependant, la cible ou les cibles de ces dysfonctionnement douloureux ne sont pour l’heure pas encore connues dans le cadre de la maladie de Parkinson. Notre objectif est d’étudier en utilisant des approches lésionnelles et comportementales si une structure cérébrale, le striatum joue un rôle dans ces dysfonctionnements douloureux. Nous proposons donc ici une expérience préliminaire permettant caractériser les altérations des réponses nociceptives observées, chez la souris, dans un modèle classique de la maladie de parkinson : l’injection de 6- hydroxydopamine (6-OHDA) dans le striatum. Ces injections permettent à la fois de détruire les terminaisons dopaminergiques dans le striatum ainsi que les corps cellulaires des neurones dopaminergiques à l’origine de ces projections dans la substance noire compacte. Ces injections seront réalisées de façon unilatérale chez des souris mâles et femelles C57BL/6j et des groupes contrôles pseudo opéré y seront associés.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le but de ce projet est de caractériser un modèle murin (valide chez les mâles et les femelles) de la maladie de parkinson, bien caractérisé sur les symptômes moteurs mais où les altérations des seuils nociceptifs ne sont pas connues. Or des symptômes douloureux bien caractérisés pourraient être prédictifs dans l’évolution de la maladie chez l’Homme. Cela nous permettra également par la suite d’étudier les structures ou réseaux du système nerveux central à la base de ces altérations et de potentiellement révéler de nouvelles cibles thérapeutiques pour traiter les douleurs spécifiquement chez le patient parkinsonien. Cette avancée pourrait permettre de révéler de nouvelles cibles thérapeutiques, potentiellement différentes chez le mâle et la femelle.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux subiront une chirurgie stéréotaxique lésionnelle d’une durée d’1h30 environ. Les animaux développeront des douleurs suite à la modélisation de la maladie de Parkinson. Avant la chirurgie à J1 les animaux auront un test de von Frey, à J2 le test d’immersion de la queue, à J4 un deuxième test de von Frey et à J5 un deuxième test d’immersion de la queue. 15J après la chirurgie, à J1 les animaux auront un test de von Frey, à J2 un test de la plaque chaude, à J3 un tail pressure test, à J4 le test du plantar, à J5 le test de l’acétone, à J9 un test de von Frey, à J10 un test de la plaque chaude incrémentée, à J11 le test d’immersion de la queue, à J12 le rotarod et à J13 le test de la formaline.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La présence de douleur liée à la modélisation de la maladie de Parkinson qui ne peut être soulagée car c’est l’objectif de l’étude. Les lésions dopaminergiques peuvent entrainer une perte de poids d’environ 5% attendue. Ces animaux vont développer des œdèmes inflammatoires (test de la formaline) nécessaires à l’expérimentation qui seront suivis et mesurés quotidiennement (taille de l’œdème, présence d’un érythème, d’une plaie ouverte ou d’une nécrose). Cet œdème sera d’environ 1 cm de diamètre et diminue dans les premières 24h après l’injection pour disparaître complètement 3 jours après maximum. Les animaux subiront des tests comportementaux nociceptifs au nombre de 14 au total (4 tests avant la chirurgie pour l’obtention de valeurs de base, puis 1 test par jour pendant 5 jours et cela 2 semaines).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront mis à mort par perfusion intracardiaque à l’issue de la procédure 2.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Au vu de notre thématique d’étude, il nous est malheureusement impossible de remplacer notre modèle in vivo par un modèle in vitro ou in sillico. En effet, la caractérisation de la douleur dans la maladie de parkinson nécessite une observation comportementale, uniquement possible chez l’animal vivant et vigile.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire autant que faire se peut le nombre d’animaux par condition expérimentale, mais toujours dans l’optique d’obtenir le maximum d’information scientifique par test. Un calcul statistique « power analysis » a été réalisé pour définir un nombre d’animaux nécessaire afin d’obtenir des résultats valides au plan statistique (multiple ANOVA) : ce nombre est de 10 animaux par groupe au minimum. Afin de garantir un nombre minimum de 10 animaux par groupe (nombre nécessaire donné par notre calcul statistique de power analyse qui a été réalisé sur la base de nos connaissances techniques et des études antérieures), il est nécessaire d’utiliser un nombre maximum de 20 animaux au total par groupe. En effet, la possibilité d’une mauvaise localisation de la lésion (25% d’erreur environ) et la variabilité comportementale interindividuelle, nous oblige à prévoir un nombre d’animaux 2 fois supérieur à celui attendu au final. La mise au point des sites d’injection a déjà été réalisé sur des études antérieures. Toujours dans l’idée de diminuer au maximum le nombre d’animaux utilisés la procédure expérimentale détaillée ci-après fera partie d’un enchainement et utilisera les mêmes animaux, ce qui en réduira grandement l’effectif.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux sont hébergés en animalerie dont la température, l’humidité et le cycle jour/nuit sont contrôlés, nourriture et boisson sont disponibles ad libitum. Ils seront hébergés en cohorte de 4 ou 5 individus pour respecter leurs besoins sociaux. Des carrés de coton seront placés dans la cage pour favoriser la nidation, et des barreaux de bois à ronger pour limiter les comportements d’agressivité. Nous travaillerons en cycle jour/nuit (lumière allumée de 8h à 20h). Les animaux seront observés tous les jours et leur comportement sera suivi afin de déceler tout signe d’inconfort ou de stress. Durant les chirurgies des méthodes d’anesthésie et d’analgésie sont systématiquement utilisées. Les signes de mal-être suivants seront recherchés : perte de poids, blessure ou plaie ouverte, dégradation de l’état du pelage, dos arqué. En cas de signes de souffrance de l’animal, des soins (désinfection, suture de plaie), une administration d’antalgique ou d’anti-inflammatoire, une séparation (blessures entre congénères) seront réalisés après concertation avec le vétérinaire, la Structure chargée du Bien-Etre des Animaux (SBEA) et/ou le personnel zootechnique de l’institut. Enfin, des points limites sont mis en place pour l’ensemble des procédures expérimentales. Si de nouvelles approches moins stressantes ou douloureuses pour l’animal venaient à être mises au point après le début de ce projet, une concertation avec la SBEA de l’institut pourra être réalisée afin d’intégrer ces nouvelles pratiques dans nos procédures.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle lésionnel de maladie de Parkinson utilisé dans cette étude a été caractérisé et validé pharmacologiquement chez la souris. De plus, pour de futures études, de nombreuses lignées de souris transgéniques existent et sont disponibles ce qui nous permettra de répondre de façon précise la question des mécanismes physiopathologiques impliqués dans cette comorbidité maladie de Parkinson/douleur. Etant donné que l’étude de comportements nécessite des systèmes neurobiologiques totalement matures, des animaux adultes seront utilisés (début des procédures à 6 semaines, poids supérieur à 20g).