
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-12-16 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-190519)
60 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Porteuses d’un modèle de la maladie d’Alzheimer, elles subissent une neurochirurgie pour implanter un dispositif d’enregistrement, puis des séances d’électroencéphalographie hebdomadaires pendant deux mois et, pour une partie, des injections quotidiennes dans l’abdomen, avant la mise à mort pour analyser le cerveau. Le porteur indique des douleurs post-opératoires et un hébergement en cage individuelle pour éviter que les animaux ne rongent le dispositif. Il présente cette technique comme un futur outil de diagnostic précoce chez l’humain, et affirme que ni la culture cellulaire ni les modèles informatiques ne reproduisent les interactions neurones-astrocytes visées.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La maladie d’Alzheimer est la plus fréquente des maladies neurodégénératives (900 000 personnes atteintes en France en 2021). Elle est caractérisée par une évolution lente mais progressive de l’atteinte neuronale affectant les capacités de mémorisation et de cognition des patients réduisant progressivement leur autonomie. Cette pathologie complexe est liée à un dysfonctionnement des connections entre neurones qui aboutit à la dégénérescence des neurones de l’hippocampe (structure impliquée dans la mémoire) puis de l’ensemble du cerveau. Les patients doivent endurer une perte irréversible de leurs fonctions cognitives puisqu’à l’heure actuelle, aucun traitement ne permet de stopper l’évolution de la pathologie. Ce constat est notamment dû au fait qu’on ne peut pas diagnostiquer la maladie suffisamment tôt pour proposer un traitement dans la phase de mise en place, encore réversible, de la maladie. Il a été récemment identifié un stade auquel il est possible de stopper la progression de la maladie avec une substance pharmacologique originale. Ce stade est notamment caractérisé par une activité anormale de l’hippocampe chez la souris. De manière intéressante, cette activité anormale de l’hippocampe a également été identifiée chez l’homme par des techniques d’imagerie médicale, qui restent couteuses et invasives. Cette activité de l’hippocampe est prédictive de l’apparition ultérieure de la pathologie chez l’homme. Ce projet vise à étudier la mise en place de cette activité par des techniques in vivo d’électroencéphalographie chez la souris afin de proposer cette technique en complément des techniques de diagnostic actuelles (reposant essentiellement sur des questionnaires cliniques) ou futures (marqueurs sanguins en cours de développement) mais également en suivi de l’efficacité d’un traitement. Des souris transgéniques modèles de la maladie d’Alzheimer qui manifestent, in vitro, cette activité anormale de l’hippocampe entre 1 mois et 3 mois post-natal seront utilisées. Cette technique in vivo d’enregistrement éléctroencéphalographique pourrait être facilement adaptable à l’homme et proposée en médecine de ville afin de statuer précocement sur la mise en place de la pathologie et proposer des thérapeutiques curatives précoces.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra de proposer une méthode diagnostique non invasive et peu couteuse, facilement mise en œuvre en médecine hospitalière et en médecine de ville et visant à mesurer l’activité hippocampale chez des patients susceptibles de présenter des troubles associées à la maladie d’Alzheimer. Chez l’homme, cette activité (mise en évidence par IRM) a été récemment associée aux phases précoces réversibles de la pathologie et est prédictive de l’évolution de la pathologie. Généraliser sa détection, par des techniques non invasives, pourrait permettre de proposer des traitements curatifs empêchant ou retardant l’évolution de la maladie. A l’heure actuelle, le diagnostic de la maladie est tardif car il est essentiellement clinique et s’appuie peu sur les techniques d’imagerie médicale qui restent couteuses. La technique d’électroencéphalographie pourra être envisagée à large échelle et proposée en médecine de ville ou en ambulatoire. Elle pourra également être associée aux méthodes de diagnostic en cours de développement (marqueurs sanguins, etc) pour confirmer le diagnostic, attester du stade de la maladie et proposer des thérapeutiques adaptées. Elle permettra également de suivre l’efficacité des thérapeutiques futures puisque la mise en place de l’activité anormale hippocampale semble être une des étapes critiques induisant l’irréversibilité de la neurodégénérescence.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris subissent une neurochirurgie pour une durée de 45 minutes, anesthésie incluse. L’activité des neurones cérébraux des souris sera enregistrée une fois par semaine pendant 1 heure sur une durée de 2 mois. Une partie des souris aura également des injections dans l’abdomen (durée 30 secondes) une fois par jour pendant 2 mois et demi.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Lors de l’installation du dispositif pour enregistrer l’activité des neurones, sous anesthésie générale, les nuisances ou effets indésirables pourront concerner d’eventuelles douleurs post-opératoires. Cet équipement nécessite de maintenir les animaux isolés en cages individuelles afin d’empêcher que les animaux ne cherchent à ronger le dispositif de leurs congénères. La perte du dispositif est un effet indésirable rare qui conduira à la mis eà mort de l’animal. L’injection quotidienne d’un traitement pharmacologique en intrapéritonéal peut éventuellement induire une douleur légère.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront mis à mort pour effectuer des analyses des tissus cérébraux.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre approche méthodologique permet d’avoir accès à l’activité d’une structure dans un réseau complexe au sein du cerveau. L’activité des neurones est fortement influencée par la région à laquelle ils appartiennent mais également par l’interaction de ces neurones avec d’autres types cellulaires comme les astrocytes, notamment au sein de l’hippocampe. Ce modèle ne peut donc pas être remplacé par un modèle dépourvu de cette régionalisation et de ces interactions comme la culture cellulaire (in vitro). Même les modèles in vitro les plus performants (cultures tri-dimensionnelles ou organoïdes) ne permettent pas de reconstituer les interactions neurone-astrocyte qui sont impliquées dans la mise en place de l’hyperactivité de l’hippocampe. Par ailleurs, s’agissant des modèles computationnels, ceux-ci ne permettent pas de reproduire l’environnement physiologique dans lequel le peptide β-amyloide est libéré. Ils ne permettent pas non plus d’inclure tous les acteurs potentiels perturbés par cette pathologie.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux par groupes et le nombre de répétitions des expériences sont réduites au maximum tout en optimisant l’interprétation statistique des résultats. Nous testerons 4 lots d’animaux transgéniques et contrôles que nous suivrons de manière hebdomadaire pour les enregistrements EEG : 1) Souris transgéniques modèles de la maladie d’Alzheimer suivis de 1 mois à 3 mois (périodes d’hyper puis d’hypoactivité hippocampique) : 15 animaux, 2) Souris non transgéniques contrôles suivis de1 mois à 3 mois : 15 animaux, 3) Souris transgéniques modèles de la maladie d’Alzheimer traitées par HC 030031 (Tocris) en injection ip (5 mg/kg/jour) de 14 jours post-natal à 3 mois : 15 animaux. 4) Souris non transgéniques contrôles traitées par HC 030031 (Tocris) en injection ip (5 mg/kg/jour) de 14 jours post-natal à 3 mois : 15 animaux. Soit, au total, 60 animaux sur 5 ans. Afin de réduire au maximum le nombre de souris utilisées, nous commencerons les enregistrements sur les animaux de 1 mois : si l’hyperactivité n’est pas mise en évidence ou peu perceptible, le projet ne sera pas poursuivi.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Deux jours avant la phase d’implantation, de la nourriture hydratée appétante est disposée dans la cage des animaux à opérer afin de les conditionner à cette prise de nourriture pour une meilleure récupération post-opératoire. L’état de santé des animaux sera suivi quotidiennement tout au long de l’expérience, notamment suite à la chirurgie qui sera effectuée sous anesthésie générale. En post-opératoire les animaux seront placés sous une lampe chauffante jusqu’à leur réveil avec contrôle de la température. Les douleurs post-opératoires seront prévenues par injection systématique d’un antalgique. Les cages sont enrichies selon un programme mis en place dans l’animalerie. L’isolement sera limité par le fait que nous utilisons des cages avec grilles, en portoir ouvert, proches les unes des autres. Ainsi, des interactions soaciales persitent, notamment à travers l’olfaction (essentielle), la vision et l’audition. Les animaux seront observés quotidiennement et pesés avant chaque enregistrement. Les critères de poids, d’apparence physique et de comportement seront pris en compte dans ce suivi. Nous utilisons des seringues microfines pour éviter des nuisances liées aux injections quotidiennes. Les injections seront réalisées en amont des procédures d’implantation et d’enregistrement électroencéphalographique pour éviter d’interférer avec celles-ci (au moins deux heures avant).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront utilisés dès 14 jours post-natal (groupe traité pharmacologiquement) car c’est le stade correspondant à la mise en place de la pathologie dans ce modèle. Les implantations seront effectuées à 26 jours post-natal pour démarrer les enregistrements à 1 mois qui correspond au stade pré-symptomatqiue de la maladie dans notre modèle. Les enregistrements seront effectués de manière longitudinale (1 fois/semaine) entre 1 et 3 mois post-natal, qui correspondent respectivement à la phase d’hyperactivité (phase critique réversible) et d’hypoactivité (phase irréversible) dans l’évolution de la maladie d’Alzheimer. La phase d’hyperactivité semble être une étape critique dans le développement de la maladie et son identification par enregistrements électro-encépaholographiques permettrait un diagnostic précoce chez l’homme.