
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 25/09/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-195122)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Préambule Le paludisme reste un problème majeur de santé publique dans le monde. La maladie sévit dans plus de 80 pays où elle met à risque près de la moitié de la population mondiale, et tue chaque année environ 600000 personnes, principalement des jeunes enfants en Afrique sub-saharienne. Son incidence, qui avait diminué, a augmenté ces dernières années, notamment en raison d’une résistance croissante du parasite aux traitements disponibles et la résistance des moustiques aux insecticides. Objectifs du projet Les deux missions principales de notre unité sont de : 1) Produire en masse et en continu deux espèces d’Anophèles et les fournir aux équipes de recherche, qui étudient le paludisme chez l’homme ou des modèles animaux de cette maladie. 2) Cultiver les stades asexués et produire les stades sexués (gamétocytes) de P. falciparum et de réaliser des infections des Anophèles avec ce parasite. Les moustiques peuvent être utilisées dans différentes types d’études, par exemple : – Pour mieux comprendre la biologie du parasite, son développement complexe dans le moustique et dans l’hôte mammifère. – Études sur la biologie des Anophèles et l’interaction entre ce vecteur et le parasite. – Études sur le comportement des Anophèles infectées ou non par P. falciparum – Évaluer des drogues pour bloquer la transmission de P. falciparum entre l’homme et le moustique. – Essais sur des candidats vaccins dans un modèle animal, un prérequis avant des études chez l’homme. – Études sur la résistance des Anophèles aux insecticides Il est très important pour la réalisation de ces expériences et les résultats qui en sortent que les femelles moustiques que nous fournissons aux scientifiques soient en bonne « santé », qu’elles soient réceptives à l’infection par plasmodium, que le parasite se développe correctement dans le tube digestif et les sporozoïtes migrent aux glandes salivaires. NOTRE DEMANDE DE MODIFICATION VISE JUSTE À AUGMENTER LE NOMBRE DE SOURIS À UTILISER DU FAIT D’UNE ACTIVITÉ CROISSANTE DE L’UNITE QUI EST UNE PLATE-FORME AU SERVICE DES ÉQUIPES DE RECHERCHE TRAVAILLANT SUR LE PALUDISME.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permet de déterminer la réceptivité des Anophèles à l’infection par P. berghei, d’évaluer le développement du parasite dans les moustiques et la survie des moustiques à cette infection. Ces données sont importantes pour le suivi de notre élevage et pour valider la bonne qualité des moustiques que nous fournissons aux chercheurs et par conséquent la reproductibilité de leurs expériences.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Après infection, la parasitémie des animaux est contrôlée par frottis sanguins ou cytométrie en flux, à partir d’une goutte de sang prélevée à la queue par ponction de la veine caudale avec une aiguille. Le prélèvement est effectué quotidiennement à partir du troisième jour au septième jour post-infection pour les rats et le 3ème et 4ème jour pour les souris. Le prélèvement de sang des souris par piqûre des moustiques est réalisé après anesthésie par injection intra-péritonéale d’un mélange anesthésique/analgésique. Le prélèvement par ponction cardiaque est réalisé après anesthésie profonde par injection intra-péritonéale d’un mélange anesthésique/analgésique. Cette anesthésie est d’une durée suffisante pour réaliser le prélèvement sans réveil de l’animal. Après le prélèvement, les animaux sont mis à mort par dislocation cervicale.CET AMENDEMENT A ÉTÉ DÉPOSÉ POUR AUGMENTER LE NOMBRE D’ANIMAUX À UTILISER DU FAIT D’UNE ACTIVITÉ CROISSANTE DE NOTRE PLATE-FORME DE SERVICE, AUCUNE DES INTERVENTIONS SUR ANIMAUX CITÉES CI-DESSUS N’EST MODIFIÉE ET AUCUNE N’A ÉTÉ AJOUTÉE.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le rongeur vigile ne souffrira que de l’inconfort causé par des injections s, ainsi que par le prélèvement d’échantillons de sang. Les animaux infectés par le parasite seront mis à mort avant l’apparition des symptômes du paludisme expérimental. Un prélèvement de sang sans réveil sera réalisé sur l’animal profondément anesthésié.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux utilisés dans les procédures expérimentales seront mis à mort. Les rats infectés ayant subi un prélèvement sanguin terminal fait sous anesthésie profonde seront ensuite mis à mort. Les rats infectés vigiles n’ayant pas une parasitémie adéquate seront mis à mort. Les souris infectées et anesthésiées ayant servi au repas sanguin des moustiques seront mises à mort. Les souris infectées n’ayant pas une parasitémie adéquate seront mises à mort. Tous les animaux seront mis à mort à la fin de chaque procédure car ils ne peuvent être ni réutilisés, ni replacés, ni adoptés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le cycle de vie des parasites P. berghei se fait entre deux hôtes : un hôte vertébré, souris ou rat, et un insecte hématophage, hôte et vecteur de Plasmodium, le moustique Anopheles stephensi. Dans chaque hôte, le parasite se développe et se différencie en de nombreux stades Actuellement, il n’existe pas de technique qui permette de réaliser l’ensemble de ce cycle complexe in vitro, il est donc incontournable d’avoir recours à des anophèles femelles et aux souris et rats auxquels sont adaptées l’espèce de Plasmodium que nous utilisons. Chez les espèces de plasmodium qui infectent les rongeurs, le cycle de multiplication du parasite dans les globules rouges ne peut pas être reproduit in vitro. Les parasites doivent donc être propagés dans le sang des animaux, mais nos expériences ne nécessitent pas que soit atteinte une parasitémie élevée (proportion d’érythrocytes infectés par Plasmodium) ce qui évite que soit atteinte la phase d’occurrence des complications.
2. Réduction
Il n’existe pas actuellement de système qui permette de reproduire le cycle de vie complet de Plasmodium in vitro. Par conséquent, pour réaliser ce projet, des infections hebdomadaires de rongeurs et de moustiques sont nécessaires. Les protocoles utilisés ont été mis au point dans différents laboratoires y compris le nôtre et toutes les étapes sont bien maîtrisées Nous utilisons le nombre minimal possible d’animaux pour nos expériences. Pour la préparation de stocks de sang infecté pour P. berghei, nous utilisons des rats car leur volume sanguin est plus important que celui des souris. Ainsi nous réduisons le nombre d’animaux utilisés. L’infection des moustiques par P. berghei se fait selon un protocole utilisé en routine depuis 20 ans. Ce projet s’inscrit dans la production en masse et continue de moustiques Anophèles et l’évaluation de leur « qualité » en réalisant des infections hebdomadaires des souris. Il n’y a pas de comparaisons entre groups d’animaux et une analyse statistique n’est pas nécessaire (confirmé par statisticiens).
3. Raffinement
Les souris ou rats sont inoculés avec P. berghei, espèce adaptée aux rongeurs de laboratoire, par voie intrapéritonéale ou intra-veineuse. Il s’agit de gestes rapides. Le niveau de parasitémie durant la phase sanguine est suivi quotidiennement à partir du jour 3. De plus et si nécessaire, nous utiliserons la grille standard comportementale/clinique de la SBEA pour évaluer l’état de santé des animaux. Les critères principaux évalués seront les suivants : poils hérissés, motricité lente, prostration, pâleur des pattes (anémie).LES ANIMAUX OBTENANT UN SCORE DE 2 POINTS POURRONT BENEFICIER, SI NECESSAIRE, DE MESURES D’AMELIORATION DES CONDITIONS D’HEBERGEMENT (ENRICHISSEMENT, CHAUFFERETTE) ET DE L’ALIMENTATION (GEL DIETETIQUE). LES SOURIS PRESENTANT UN SCORE SUPERIEUR A 2, CONSIDERE COMME POINT LIMITE, SERONT MISES A MORT. Il est important de re-souligner que la phase de l’infection que nous analysons est asymptomatique, et que les animaux sont sacrifiés avant que ne surviennent les symptômes et les complications physiologiques voir mortelles- neuropaludisme, anémie prolongée. 3) Pour éviter la douleur et la souffrance pendant certaines manipulations les animaux sont anesthésiés selon des procédures validées par le CEEA. Par exemple, les souris, infectées ou non par P. berghei, qui sont utilisées comme sources de sang pour les moustiques anophèles femelles hématophages, sont anesthésiées ce qui permet d’éviter la douleur et la souffrance due aux piqures de nombreux moustiques. Après le gorgement des moustiques, les souris sont mises à mort . 4) Dans ce projet, les rongeurs sont utilisés pour infecter et nourrir les moustiques. Le nombre d’animaux utilisés correspond au minimum nécessaire pour réaliser l’infection des moustiques, ainsi que pour produire et cryoconserver les parasites.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les inoculations de parasites aux souris et rats seront réalisées sur de jeunes adultes de 3-4 semaines car ils ne sont pas immunocompétents, ce qui favorise l’infection par le parasite.