
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-08-06 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-250750)
633 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, un prélèvement de tissu au bout de la queue sous anesthésie générale au moment du sevrage, sept d’entre elles au maximum subissant un second prélèvement dans le pavillon de l’oreille quand le premier échoue. Ce génotypage sert à fournir des lots de souris transgéniques et sauvages à des projets sur la maladie d’Alzheimer, publics comme privés. Le champ de devenir est vide alors que la justification annonce que toutes les souris sont gardées vivantes, celles au bon génotype pour les études demandeuses et les surnuméraires pour des projets sans exigence de génotype. Le porteur écrit que cette lignée est « nécessaire » pour répondre aux « besoins » de ces études et qu’il n’existe pas d’autre méthode pour étudier in vivo le vieillissement pathologique.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet est d’assurer la reproduction des souris, de les élever et définir leur génotype dans le cadre de la gestion de projets scientifiques sur la maladie d’Alzheimer pour constituer des groupes de souris transgéniques et sauvages issues des croisements programmés. La maladie d’Alzheimer est la démence la plus commune parmi les démences de la personne âgée où elle représente un peu plus de deux tiers des cas. L’âge est le principal facteur de risque de la maladie d’Alzheimer. En France, le nombre de personnes âgées de 65 ans ou plus et atteintes de la maladie d’Alzheimer serait compris entre 560 000 et 730 000 suivant les études. Aujourd’hui, aucun traitement n’est capable de prévenir efficacement la maladie qui est initiée plus de 20 ans avant les premiers symptômes. Ces projets collaboratifs peuvent porter sur l’étude de mécanismes physiopathologiques de la maladie, la recherche de biomarqueurs à visée diagnostique ou thérapeutique mais aussi pour étudier de nouvelles stratégies thérapeutiques tout en intégrant le concept « one health ». Même si la recherche reste très active, aucun traitement n’est actuellement capable de modifier efficacement l’évolution de la maladie et la cause demeure toujours inconnue pour la forme non familiale la plus représentée dans la population. Il n’existe pas d’autres méthodes alternatives pour évaluer ou prévenir le vieillissement pathologique Alzheimer versus le vieillissement physiologique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le bénéfice attendu dans ce projet est de pouvoir gérer le nombre d’animaux transgéniques versus sauvages en fixant le nombre d’accouplements le plus juste pour l’obtention du nombre de souris souhaitées avec un génotype clairement identifié dans les études scientifiques collaboratives publiques et/ou privées sur la maladie d’Alzheimer. Le contrôle sur la lignée transgénique permet de mieux prévenir le risque de dérive génétique et de s’assurer au sein de la plateforme expérimentale animale de la qualité de l’élevage et de l’hébergement.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Pour 630 souris : 1 prélèvement tissulaire à l’extrémité de la queue sous anesthésie générale en moins de 5 secondes. En cas de perte de la boucle ou de résultats inexploitables suite à la biopsie de la queue (estimation 1% des effectifs, soit 7 souris maximum) : un deuxième prélèvement sous anesthésie générale sera effectué dans le pavillon de l’oreille. Pour 3 reproducteurs mâles : 1 prélèvement tissulaire dans le pavillon de l’oreille sous anesthésie générale. Le prélèvement se réalise en moins de 5 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Inconfort transitoire lié à la phase de réveil de l’anesthésie gazeuse associé à une douleur légère et transitoire liée à la biopsie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les individus avec le génotype requis seront gardés en vie pour une utilisation dans les projets scientifiques nécessitant l’utilisation des lignées concernées ou pour la reproduction. Les individus surnuméraires seront gardés en vie pour une utilisation dans des projets ne nécessitant pas de génotype particulier.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Cette lignée de souris transgéniques élevée dans l’animalerie est nécessaire pour répondre aux besoins des études collaboratives évaluées scientifiquement par des experts externes pour le public et internes pour le privé. Il n’existe pas d’autres méthodes alternatives pour étudier in vivo des mécanismes physiopathologiques, monitorer de nouveaux biomarqueurs à visée diagnostique ou thérapeutique ou juger l’effet de nouvelles stratégies thérapeutiques in vivo dans le cadre du vieillissement qu’il soit physiologique ou pathologique.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La stratégie d’accouplement envisagée repose sur les études collaboratives privées ou publiques, donc cela évite des accouplements en continu (présence d’un mâle en continu dans la cage des femelles) et limite la production d’animaux surnuméraires. Cette stratégie participe fortement à la réduction du nombre d’animaux utilisés dans ce projet. Pour cette lignée, les deux transgènes sont transmis ensemble sans dissociation possible limitant ainsi les croisements multiples pour obtenir le bon phénotype. Les descendants sont dans 50 % des cas des souris hétérozygotes Alzheimer et l’autre moitié des souris de type sauvage. Toutes les souris sont utilisées dans les projets pour comparer les deux phénotypes. Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet prend en compte qu’un mâle TG hétérozygote sera accouplé avec deux femelles de type sauvage. Le nombre moyen de petits est de sept par portée pour cette lignée. Sur une année, on peut compter dix-huit femelles accouplées sachant que trois mâles et six femelles seront achetés au début du projet. Les accouplements seront programmés tous les 4 mois pour avoir des souris des deux phénotypes dans les projets expérimentaux et renouveler les couples reproducteurs.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Sans autre alternative de prélèvements biologiques non invasifs pour le génotypage, le prélèvement de tissu pour déterminer le génotype des souris est réalisé systématiquement sous anesthésie gazeuse. Ce prélèvement sera réalisé à l’extrémité de la queue, à l’âge de 21 jusqu’à 30 jours au moment du sevrage, avant l’ossification complète de la queue ce qui permet de limiter la nuisance de ce geste. Chez l’adulte, un prélèvement d’un morceau du pavillon de l’oreille en dehors de la zone cartilagineuse sera privilégié. La taille de la biopsie est réduite à son minimum de l’ordre d’un millimètre cube. Des points limites ont été définis pour réaliser ou pas la biopsie et sont détaillés dans les annexes. Les animaux sont hébergés en groupe social, en cage ventilée enrichie avec du matériel permettant de répondre à leurs besoins (nidification, se cacher, ronger) avec accès à l’eau et à l’alimentation ad libitum. Les souris incluses dans cette procédure (âge max 6 mois) n’expriment pas de phénotype dommageable.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans le cadre de la maladie d’Alzheimer, il existe différents modèles murins transgéniques. Le modèle choisi est largement utilisé dans la littérature et surtout présente une cinétique progressive des lésions comme chez l’homme contrairement à d’autres modèles murins plus agressifs. Pour ce modèle, il est donc aisé de faire des comparaisons avec les autres études déjà publiées. Les individus qui vont subir une biopsie de l’extrémité de la queue pour génotypage sont âgés de 21 à 30 jours. Cet âge correspond à l’âge du sevrage (séparation avec la mère) afin de ne pas compromettre le développement postnatal. Le développement de l’ossification de la queue n’est pas encore achevé à cet âge et limite ainsi la nuisance liée à ce geste. Le prélèvement d’un morceau du pavillon de l’oreille en dehors de la zone cartilagineuse sera privilégié pour les animaux de plus de 6 semaines et adultes. Ce cas de figure est rare (moins de 1% des animaux biopsiés dans l’animalerie) mais peut être réalisé à l’arrivée des premiers couples parents provenant du fournisseur agréé (pour vérification du génotype), en cas d’échec de la procédure de génotypage à partir de la biopsie de queue ou si au moins deux souris de la même cage perdent leur boucle d’oreille.