
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 22/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-256442)
480 poulets vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, 300 tués et 180 vendus à des éleveurs. Ils passent 24 heures en boîtes de transport, subissent des prises de sang et, pour une partie, deux montées de température de huit heures par jour, pour tester des stratégies alimentaires précoces censées renforcer leur robustesse. Le porteur indique que la chaleur peut provoquer un halètement et une baisse de consommation, et que les prises de sang peuvent entraîner un état de choc transitoire. Il justifie l’expérimentation sur l’espèce cible par l’absence de modèle mathématique ou in vitro validé.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Chez le poussin, le passage à une alimentation solide exogène après l’éclosion stimule le développement du système gastro-intestinal et l’installation du microbiote. La capacité du poulet à maintenir son homéostasie et sa santé digestive sur le long terme se construit donc dès le jeune âge. Aussi, l’objectif est de développer des stratégies alimentaires précoces contribuant à renforcer la santé et le bien-être des oiseaux en s’appuyant sur un maximum de matières premières locales (alternatives au soja importé). Il s’agit aussi d’évaluer dans ce contexte alimentaire les effets à long-terme d’additifs naturels présentant des effets anti-oxydants et anti-inflammatoires sur la réponse des poulets à une perturbation de l’environnement d’élevage. Des températures élevées, rencontrées fréquemment sur le terrain en période estivale, sont reconnues pour induire des désordres métaboliques (ex : pH sanguin, stress oxydatif) mais aussi digestifs (ex : stress oxydatif, inflammation) que l’alimentation précoce pourraient contribuer à contre-carrer. Sur la base des courbes d’évolution quotidienne de la consommation et du poids vif des animaux, les paramètres de résistance et résilience (composantes de la robustesse) pourront être déterminés en fonction des stratégies alimentaires proposées. Ces paramètres seront finalement mis en relation avec les réponses biologiques des animaux.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra notamment de compléter les connaissances sur les conditions d’utilisation de matières premières locales européennes alternatives au soja importé dans l’alimentation du poulet de chair. De plus, il s’agit d’évaluer le bénéfice de composés naturels sur la santé et la robustesse des oiseaux afin de mieux comprendre les mécanismes régissant leurs effets potentiels à long terme. Il fournira également des données permettant de développer un modèle de la robustesse des oiseaux (résistance et résilience) utilisable à terme pour détecter précocément des problèmes potentiels en élevage.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
480 poussins seront mis dans des boîtes de transport pendant 24h. 180 poulets subiront 1 seule prise de sang. 210 poulets seront soumis à 2 élévations séquentielles de la température ambiante sur une durée de 8h/jour (3h pour monter à la température choisie, stable pendant 5h puis 2h pour redescendre) sur 2 jours.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le prélèvement au niveau du sinus occipital peut engendrer du stress lié à la contention de l’animal et un hématome. L’animal peut également présenter un état de choc transitoire. Pour la moitié des animaux, l’augmentation de la température peut engendrer un halètement, une baisse de la consommation alimentaire et une augmentation de la consommation d’eau de façon transitoire.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Sur les 480 animaux totaux, 180 seront replacés (vente à des éleveurs) et 300 seront euthanasiés afin de récupérer et d’étudier les différentes parties du tube digestif et organes annexes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les connaissances sur les effets sur le moyen/long terme de stratégies alimentaires précoces chez le poussin sont éparses. De plus, il n’existe pas de modèle mathématique validé permettant d’évaluer la répoinse des poulets aux stratégies alimentaires. L’utilisation de l’animal ne peut donc pas être remplacée par un modèle d’étude in vitro ou in silico.
2. Réduction
Les animaux seront nourris à volonté à l’aide de mangeoires électroniques permettant la mesure individuelle automatique du poids et de la consommation alimentaire des animaux. Contrairement à un dispositif classique « en parquets », cet outil permet de réduire le nombre total d’animaux utilisés dans ce projet d’un facteur 4 environ. Le nombre d’animaux mis en place au début et soumis à la 1ère procédure comprend à la fois les animaux sur lesquels des prélèvements sont réalisés (à J9, J23 et J42) et les animaux suivis jusqu’à la fin de l’expérimentation pour modéliser la robustesse et mettre en évidence un effet des traitements. On estime une perte de gain de poids de 50 g au moment de l’élévation de la température. Pour mettre en évidence cette différence, un effectif minimum de 45 animaux est requis . Pour les prises de sang, un effectif de 15 animaux a été retenu s’appuyant sur des résultats antérieurs.
3. Raffinement
Les animaux seront élevés en groupe et au sol dans un bâtiment d’élevage standard. Le milieu sera enrichi avec des perchoirs permettant aux animaux de grimper et de se cacher . La mangeoire représente elle-même un enrichissement pour les oiseaux (perchoirs). Le comportement des animaux sera suivi en continue (caméra) pour les études de comportements et afin de détecter tout risque de souffrance ou de mal-être. Toute manifestation de symptômes comportementaux persistants définis par un point limite (animal prostré plus de 24 h et ayant cessé de s’alimenter et de s’abreuver) entrainera le retrait de l’animal de l’expérimentation.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le projet est un programme de recherche finalisée visant à améliorer précocement la robustesse du poulet de chair par la nutrition afin d’améliorer sa santé et son bien-être sur le long terme. Il n’existe pas de modèle mathématique ni de test in vitro permettant d’atteindre cet objectif. Cette étude permettra donc de tester directement sur l’espèce cible, le poulet, de nouvelles stratégies alimentaires précoces qui n’ont jamais été évalués jusqu’à présent en élevage avicole sur le long terme. L’objectif de ce projet est d’étudier les effets à long terme (toute la durée d’élevage) sur des poulets de différentes stratégies alimentaires de prévention. Ainsi, nous utiliserons des animaux de 1 jour et les élèverons jusqu’à l’âge de 42 jours.