
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 22/04/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-329568)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les objectifs du projet sont : – Mettre en évidence l’éducation des cellules immunitaires par le microbiote pendant la période néonatale grâce à un traitement antibiotique. – Caractériser la fonction des cellules immunitaires éduquées par le microbiote et implantées dans les tissus muqueux pendant la période néonatale dans des modèles expérimentaux murins de cancer du poumon et d’asthme.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus du projet expérimental sont doubles : caractériser des nouvelles cellules immunitaires participant à l’inflammation des muqueuses notamment respiratoire ou à la tumorigenèse pulmonaire, et identifier de nouveaux marqueurs cellulaires pour prédire, diagnostiquer et traiter l’asthme et le cancer du poumon chez l’Homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront soumises à l’administration d’antibiotiques dans l’eau de boisson pendant 21 jours suivie de différents types d’injections d’une durée inférieure à 10 secondes et sous anesthésie de courte durée : 4 injections d’anticorps et 1 injection de cellules cancéreuses ou 2 injections d’anticorps et 3 injections d’allergènes suivant la procédure.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances sur les animaux seront présentes lors des traitements antibiotiques (1), du modèle expérimental de cancer du poumon par injection de cellules tumorales (2), ainsi que du modèle expérimental d’asthme par injection d’allergènes (3). 3 nuisances : (1) Les traitements antibiotiques par administration passive peuvent engendrer des diarrhées modérées. Durée : 21 jours. (2) L’administration des cellules tumorales se fait par injection sous anesthésie et entraine la prolifération de cellules cancéreuses pulmonaires. Durée : 14 jours. (3) L’administration d’allergènes respiratoires se fait par injection sous anesthésie et entraîne une inflammation pulmonaire allergique. Durée : 5 jours.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort afin de prélever des tissus pour analyse.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’existe actuellement aucun modèle cellulaire pertinent pour étudier l’éducation des cellules immunitaires au cours de la période néonatale, ni pour déterminer si leur persistance à l’âge adulte contribue au développement de pathologies telles que les maladies inflammatoires allergiques ou la tumorigenèse. Par conséquent, un système biologique intégré, englobant l’ensemble des acteurs cellulaires impliqués (système immunitaire, environnement tissulaire inflammatoire ou tumoral, microbiote), est indispensable. Dans ce contexte, le modèle animal le plus fréquemment utilisé en première intention est celui de la souris. Les modèles expérimentaux murins permettent, par exemple, de provoquer une réaction allergique pulmonaire imitant l’asthme humain par l’administration d’allergènes respiratoires, ou de reproduire le développement d’un cancer pulmonaire humain par l’injection de cellules cancéreuses. Les modèles proposés dans le cadre de notre projet ont déjà été étudiés et validés dans notre équipe ainsi que par d’autres groupes de recherche.
2. Réduction
Nous allons d’abord mener des expériences pilotes pour vérifier la pertinence de la méthode et ainsi éviter de devoir tout reprendre si elle s’avérait inadaptée, ce qui limite le nombre total d’animaux utilisés. Nous utilisons des groupes de souris homogènes pour réduire la variabilité, puis nous répartissons les animaux de façon aléatoire entre un groupe qui reçoit le traitement à tester et un groupe témoin, afin de minimiser les biais et de garantir une distribution équitable des caractéristiques. Enfin, pour comparer les traitements de manière rigoureuse, nous appliquons un test statistique qui indique si les différences observées sont réellement dues au traitement ou simplement liées au hasard.
3. Raffinement
Nous mettons en place plusieurs actions pour limiter la douleur et la détresse des animaux : ils font l’objet d’une surveillance attentive, renforcée après les interventions les plus sensibles. Des médicaments adaptés (analgésiques, anti-inflammatoires) sont administrés si des signes de souffrance apparaissent, et l’étude est interrompue si l’état d’un animal se détériore de manière préoccupante (perte de poids importante, troubles respiratoires…). Les procédures nécessitant une contention ou une anesthésie sont effectuées rapidement par le personnel afin de réduire au maximum l’inconfort, et tout signe de douleur ou de complication déclenche une prise en charge immédiate médicamenteuse ou une mise à mort si nécessaire. Cette approche garantit un suivi étroit de chaque individu et un respect du bien-être animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris constitue un modèle de choix pour l’étude des cellules immunitaires grâce à la solide description de son développement immunitaire, à la disponibilité de nombreux outils d’analyse, ainsi qu’à l’existence de modèles reconnus pour reproduire des maladies pulmonaires et allergiques de façon proche de la pathologie humaine. L’utilisation d’animaux dès la période de développement néonatale se justifie par le fait que cette étape est cruciale pour comprendre l’apparition de certaines maladies à l’âge adulte. Dans ce contexte, des traitements sont administrés durant les tout premiers jours de vie pour prouver que certaines cellules jouent un rôle essentiel dans les pathologies étudiées une fois l’organisme devenu mature. Parallèlement, ces mêmes traitements sont reproduits sur des souris plus âgées pour confirmer que l’“éducation” de ces cellules immunitaires dépend surtout de la phase néonatale.