
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 02/02/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-361877)
5 200 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dont 3 000 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger et 2 200 un niveau modéré. Elles servent à réimplanter des lignées de souris dans une nouvelle animalerie au statut sanitaire « propre », par superovulation de femelles donneuses, transferts d’embryons sous anesthésie chez des femelles receveuses et accouplement avec des mâles vasectomisés isolés. Le porteur indique que l’isolement des mâles génère de l’anxiété et que toutes les souris sont mises à mort en fin de procédure, les donneuses pour récolter leurs ovocytes et les receveuses parce qu’elles ne peuvent subir un second transfert. Il affirme qu’il n’y a « pas de remplacement possible », le transfert d’embryons étant présenté comme la seule méthode de redérivation.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les équipes de recherche des instituts utilisent de nombreux modèles génétiques différents chez la souris, pour supporter des programmes de recherche visant à la fois à étudier le rôle de gènes dans le développement, à caractériser l’impact de mutations génétiques identifiées chez des patients et à évaluer des stratégies thérapeutiques. Les opérations d’assainissement et redérivation des lignées génétiques impliquées vise à préserver le statut sanitaire des animaux. Le statut sanitaire des colonies de rongeurs correspondantes conditionne à la fois leur état de santé, leur bien-être, et leur pertinence en tant que modèle. A l’occasion du peuplement d’une nouvelle zone d’élevage et d’expérimentation, un programme de redérivation de l’ensemble des lignées a été entepris, pour le peuplement d’une nouvelle zone dans un statut sanitaire « propre » : le statut dit SOPF (Specific and Opportunistic Pathogen Free). Ce projet a pour but l’introduction de nouvelles lignées murines originales au sein de ces nouvelles zones, en maintenant le statut sanitaire SOPF.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le statut sanitaire des colonies de souris de laboratoire utilisées comme modèles animaux pour les recherches scientifiques et biomédicales conditionne à la fois leur état de santé, leur bien-être, et leur pertinence en tant que modèle. Les entrées de nouvelles colonies de souris au sein de l’animalerie doivent se faire par transfert d’embryons car il s’agit de la méthode de référence qui garantie le maintien d’un statut sanitaire « propre ».
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
+ 200 mâles seront herbergés en situation d’isolement sur 5 ans (40 mâles par an) + 3000 femelles donneuses seront soumises à une stimulation hormonale (2 injections intra-péritonéales (durée inférieure à 5 secondes) à 48h d’intervalle) : + 2000 femelles receveuses recevront des embryons par transfert d’embryons dans l’oviducte sous anesthésie générale (durée de l’intervention inférieure à 10min)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les mâles vasectomisés sont hébergés en situation d’isolement intermittent entre deux périodes d’accouplement, ces accouplements n’ayant lieu que sur des périodes courtes (une nuit) pour permettre le contrôle et la synchronisation de l’initiation des pseudo-gestations. L’isolement peut générer de l’anxiété, la souris étant un animal vivant en groupes sociaux. Les femelles pseudo-gestantes peuvent être sujettes à des douleurs post-chirurgie, suite à la réimplantation des embryons.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort en fin de procédure. En effet, les mâles vasectomisés doivent être mis à mort avant tout vieillissement. Les femelles pseudo-gestantes ayant été sujettes à la chirurgie de transfert d’embryons ne peuvent subir un deuxième transfert d’embryons (la structure maintenant l’oviducte ayant été modifiée par le premier transfert. Les femelles donneuses doivent être mises à mort pour permettre la récolte d’ovocytes post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’y a pas de remplacement possible, le transfert d’embryon est la seule méthode possible pour la redérivation de lignées murines.
2. Réduction
Une seule série de transferts d’embryons sera réalisée dans un premier temps, et la deuxiéme série ne sera programmée qu’en cas d’absence de transmission aux issus du transfert des alléles à redériver. L’objectif est atteint lorsque les alléles sont redérivés dans le statut sanitaire assaini sous forme d’animaux respirants. La redérivation des lignées sera limitée aux lignées originales pour lesquels ces lignées ne sont pas disponibles sous une forme respirante dans le statut sanitaire SOPF auprés d’un centre de ressouces (JAX, hébergement Maximum barrier)
3. Raffinement
La technique chirurgicale de transfert d’embryons associe anesthésie générale et analgésie post opératoire, avec la mise en oeuvre de points limites opérationnels pour le monitoring du temps post opératoire. L’anesthésie est réalisée par injection intra-périonéale d’une combinaison de différentes molécules (sédation, myorelaxation, analgésie). L’analgésie per et post opératoire est réalisée par l’injection intrapéritonéale d’un analgésique.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La redérivation de lignées murines s’appuie sur l’intérêt et la justification pré-existants des modéles animaux disponibles pour répondre aux mulitples objectifs scientifiques des programmes de recherche concernés. Il s’agit ici d’un prolongement de leur utilisation dans le sens d’une utilisation plus pertinente dans un contexte sanitaire protégé. Les animaux utilisés sont des reproducteurs à l’âge adulte pour les femelles receveuses et les males vasectomisés, aprés la puberté et avant tout vieillissement. Les femelles donneuses utilisées sont des femelles impubéres (4 semaines) pour faciliter l’efficacité du traitement de superovulation.