
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-04-06 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-442060)
48 souris diabétiques vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. On leur inflige des plaies cutanées chirurgicales sur le dos puis on les anesthésie tous les trois jours pendant 21 jours pour suivre la cicatrisation, afin de tester des biopansements et des molécules bioactives. Le porteur situe les retombées à court terme, les produits étudiés étant déjà commercialisés pour d’autres usages. Il affirme avoir besoin d’un animal vivant pour étudier la cicatrisation dans son ensemble, avec les contraintes que subit la peau au quotidien.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet est d’étudier l’amélioration du processus de cicatrisation par l’usage de molécule bio actives et de nano biomatériaux sur un modèle de plaies cutanées dans un contexte diabètique en utilisant une lignée de souris qui exprime les paramètres physiologiques de la maladie (diabète). Le processus de cicatrisation comporte 4 étapes en condition physiologique : l’hémostase, l’inflammation, la prolifération et le remodelage. Elles se succèdent grâce aux recrutements des cellules immunitaires et la migration de cellules résidentes qui vont sécréter des facteurs permettant d’aboutir à la complète réparation de la lésion cutanée. En situation pathologique, ce processus peut être altéré (infection, maladie métabolique, irradiation…) et entrainer un retard de la cicatrisation et/ou une cicatrisation de moins bonne qualité, avec un risque de réouverture récurrente des plaies qui deviennent alors chroniques. Il est donc important d’envisager de nouvelles stratégies thérapeutiques basées sur l’utilisation de molécules ayant des propriétés anti-inflammatoires, antioxydantes et anti-microbiennes. A ce titre certaines molécules semblent être de bons candidat innovants. Nous testerons ici deux molécules : les HDL reconstitués (rHDL) ainsi que l’Alpha 1 Antitrypsine (AAT). Ces deux molécules seront incorporées dans un gel neutre miscible (gel neutre Cooper) afin de pouvoir les appliquer et les maintenir sur les plaies. Cependant il manque encore des données scientifiques pour étayer cela. Nous voulons également tester en parallèle deux scaffolds : un scaffold solide et un scaffold sous forme d’hydrogel que nous avons déjà testé sur un modèle de plaies cutanés sur des Rats Wistar, non diabétiques, en amont du projet et dont les résultats préliminaires nous amènent à penser qu’ils peuvent être de bon candidats dans le processus de cicatrisation cutanée dans un contexte pathologique comme le diabète. Nous souhaitons évaluer les propriétés cicatrisantes des rHDL , de l’AAT , de la synergie de ces deux molécules ainsi que certains nano bio matériaux sur des plaies aigües en condition hyperglycémique liée au diabète. Nous pourrons ainsi étudier d’une part la potentielle amélioration de la qualité de la cicatrisation et d’autre part la possible normalisation du processus de cicatrisation.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les bénéfices attendus concernent principalement la santé humaine, et en particulier les personnes souffrant de retard de cicatrisation comme les diabétiques. Les données scientifiques feront l’objet de publications dans des journaux internationaux permettant ainsi une valorisation d’un développement d’une nouvelle stratégie thérapeutique innovante. Ces bénéfices auront une échéance à court terme puisque les molécules actives étudiées sont déjà commercialisées (pour d’autres applications), et les scaffolds étudiés sont accessibles pour une fabrication industrielle.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront tous soumis à une procédure chirurgicale sur le tissu cutanée, d’une durée de 15 minutes environ, sous anesthésie et analgésie. Ils seront tous anesthésiés brièvement (5 minutes) pour l’examen des plaies, tous les 3 jours. La procédure totale aura une durée de 21 jours pour tous les animaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les principales nuisances sont celles imputables à la chirurgie à savoir : anesthésie, injections, stress et douleurs. Le suivi des plaies se faisant tous les deux jours sous anesthésie, peut engendrer des réveils difficiles et augmenter le risque d’hypothermie. De plus, le positionnement des pansements peut constituer une gène (risque de retrait du pansement, difficultés à se mouvoir). L’isolement des animaux en cas d’atteinte de points limites peut également constituer une source de stress.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin de la procédure pour analyser les tissus étudiés.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des tests préliminaires in vitro ont été réalisés préalablement sur un modèle de cellules épithéliales humaines de la peau (HaCat), en condition huperglycémique(MGO) afin d’extrapoler la concentration des molécules à utiliser sur notre modèle animal. De même, les propriétés anti-inflammatoires et de migration cellulaire ont été évaluées in vitro. Afin de répondre à notre objectif scientifique, nous avons besoin d’un modèle animal vivant pour étudier le processus cicatriciel dans son ensemble, notamment les phases telles que l’angiogénèse et la réinnervation, avec les contraintes que peut subir la peau au quotidien à savoir étirement, relâchement, inflammation locale.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons pu réduire au maximum le nombre de souris grâce à une revue systématique bibliographique et à l’utilisation de l’outil statistique R. La taille des plaies induites de 6 mm permettra de réaliser 2 plaies par animal ce qui permettera d’avoir un contrôle négatif pour chaque animal.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Notre protocole a été optimisé afin de minimiser au maximum les contraintes subies par les animaux. La procédure chirurgicale sera réalisée sous anesthésie avec une couverture analgésique en respectant strictement les règles d’asepsie. Le matériel chirurgical utilisé sera rigoureusement stérilisé au préalable. Le gel utilisé comme matrice pour les molécules à tester est un gel neutre et sera appliqué en plus de la plaie sur une partie de la peau du dos rasée préalablement comme contrôle de biocompatibilté. Les animaux seront surveillés et manipulés tous les jours pour détecter tout inconfort lié à la procédure, avec un suivi post-opératoire renforcé dans les premières 48h ainsi que dans les phases de réveil faites en chambre de réveil thermostatée. Nous allons également effectuer un scoring de la douleur.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle souris Db/Db (dabiétique) a été selectionné dans cette étude. La souris Db/Db est un modèle largement utilisé dans la recherche dès lors que nous devons travailler sur un modèle pathologique de diabète. Par ailleurs, la souris possède une architecture de la peau proche de celle retrouvée chez l’Homme : présence d’épiderme, lame basale, derme, hypoderme et présence de follicules pileux. La taille de 6mm de la plaie effectuée nous permettra de faire 2 plaies par souris et donc de réduire notre nombre total d’animaux. Nous travaillerons avec des souris mâles adultes de 8 semaines. Les jeunes souris adultes ont une meilleure récupération post-chirurgicale et nous n’ajouterons pas de biais de cicatrisation lié à l’âge de l’animal qui aura une peau plus souple à 8 semaines. Cela permettra d’avoir un processus de cicatrisation optimal.