
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/03/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-444650)
720 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, 540 d’entre elles dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chacune subit une irradiation de vingt-cinq minutes du membre inférieur sous anesthésie, jusqu’à neuf prélèvements de sang, jusqu’à neuf séances d’imagerie et une injection intramusculaire, avant un prélèvement terminal. Le porteur situe le pic de la brûlure radio-induite vers deux semaines après l’irradiation et ne signale qu’un léger ralentissement de la prise de poids, sans conséquence notable sur le comportement. Il affirme qu’un modèle in vivo est « nécessaire » pour valider des biomarqueurs sanguins et fixe l’effectif à dix par groupe, ce qui suppose soixante-douze groupes sans qu’il en donne le détail.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet continue un travail précédent de notre laboratoire qui a identifié des biomarqueurs chez la souris. Ces biomarqueurs peuvent prédire et évaluer la gravité des brûlures causées par des radiations. Le but est de trouver de nouveaux biomarqueurs pour suivre et évaluer le traitement des lésions avec des cellules souches adultes ou des vésicules extracellulaires (VE). Nous utiliserons un modèle de brûlure radiologique chez la souris pour analyser les microARN, les métabolites et les vésicules extracellulaires dans le sang après irradiation et traitement. Nous étudierons aussi la réponse des tissus au traitement pour voir comment ces biomarqueurs évoluent pendant la réparation des lésions.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet cherche à mettre en évidence des biomarqueurs innovants dans la circulation sanguine qui permettraient d’évaluer l’efficacité des traitements testés. L’ensemble de ces recherches vise à transférer sur le long terme ces découvertes vers une application clinique, afin de les utiliser concrètement pour améliorer le suivi des individus susceptibles de développer de telles lésions après un accident d’irradiation, ou pour le suivi médical des patients traités par radiothérapie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
-Prélèvements répétés de sang sous anesthésie (max 9 fois) : 30 secondes – Irradiation du membre inférieur sous anesthésie (1 fois) : 25 min – Injection unique intra-musculaire sous anesthésie générale : environ 1 min/injection -Prélèvement terminal de sang sous anesthésie générale : 30 secondes – Imagerie non invasive sous anesthésie (max 9 fois) : 20 min L’ensemble de ces interventions seront réalisées sur la totalité des animaux de l’étude (720 souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’irradiation à forte dose du membre inférieur conduit à une lésion radio-induite dont le pic de sévérité est atteint vers 2 semaines post-irradiation, suivi d’une phase de cicatrisation. Un léger ralentissement dans la prise de poids a été observé dans les premières semaines après irradiation, sans conséquence notable sur le comportement des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Afin de réaliser les différents prélèvements pour les analyses des tissus, l’euthanasie de tous les animaux est nécessaire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour identifier de nouveaux biomarqueurs sanguins liés à l’efficacité et au suivi des traitements des lésions radio-induites, nous devons utiliser un modèle in vivo. Ce modèle est essentiel car il permet d’évaluer globalement la réponse de l’organisme aux traitements, en reproduisant les interactions biologiques complexes. Contrairement aux modèles in vitro ou ex vivo, il permet d’étudier la réponse biologique complète dans un organisme vivant, incluant les interactions entre différents systèmes biologiques, conduisant à des changements dans la composition du milieu sanguin en termes de biomarqueurs circulants. Utiliser un modèle in vivo est donc nécessaire pour valider la pertinence des biomarqueurs circulants dans un contexte biologique complet.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés au cours de ce projet, une étude statistique a été menée. Le nombre minimum d’animaux pour obtenir une puissance statistique suffisante est de 10 par groupe. Cet effectif nous fournira des résultats statistiquement robustes.
3. Raffinement
Les conditions de soins et d’hébergement des animaux sont adaptées aux procédures réalisées afin de limiter au minimum les impacts sur les animaux. Selon les retours d’expérience avec ce modèle, il n’est pas attendu de douleur pendant l’irradiation. Suite à l’irradiation, une rougeur avec ou sans œdème peuvent être observées. Il n’est pas attendu d’impact important sur l’état général des animaux. Les animaux sont observés tous les jours. Si un des indicateurs du bien-être n’était plus respecté, l’euthanasie pourrait s’avérer nécessaire. Si un hématome ou une lésion oculaire est observée en lien avec les prélèvements sanguins répétés, les prélèvements seront stoppés. De même, il n’est pas attendu de douleur pendant les imageries.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle expérimental de référence pour les études précliniques. Les animaux utilisés dans cette étude seront âgés de 7 à 9 semaines (stade adulte, mâle et femelle). Ce stade a été choisi afin d’éviter une hétérogénéité liée à l’âge et assurer la maturité des systèmes physiologiques.