
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 07/04/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-575624)
30 agames des colons, une espèce de lézard, vont être capturés dans la nature et tous tués, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Le projet teste un gel d’euthanasie à base de tricaïne appliqué dans la bouche, avec deux prélèvements sanguins et une observation des signes de souffrance pendant la mise à mort. Le porteur qualifie ces lézards d’espèce exotique envahissante menaçant la biodiversité locale et présente la méthode comme visant une mort rapide et « sans souffrance ». Il indique que la capture induit un stress conséquent et que les reptiles sont des êtres sentients capables de ressentir douleur et détresse.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’Agame des colons a été introduit vers 1995, par voie maritime. Son expansion à travers le territoire concerné a fait l’objet de plusieurs suivis qui ont montré sa forte capacité de colonisation, à la fois de façon naturelle et anthropique via le transport de matériaux. Ce lézard imposant et au régime alimentaire très opportuniste représente une menace forte pour les geckos verts endémique . Il fait l’objet d’un plan de lutte. Ce projet vise à mobiliser les différents acteurs pour mettre en œuvre la lutte contre cette espèce afin de limiter son invasion et de freiner les fronts de colonisation vers des zones d’intérêt écologique majeur. Des essais sur 3 différentes méthodes de lutte contre l’Agame des colons ont été testées : tir a carabine, sarbacane et pièges à colle. Le tir à la carabine est très efficace, mais son utilisation est très limitée. La sarbacane n’est pas aussi efficace que le tir, mais elle est plus largement applicable. Les pièges à colle se sont révélés être un outil très efficace s’ils sont utilisés de manière active.Le piégeage vivant nécessite l’euthanasie des agames capturés. La mise à mort des individus capturés se fait manuellement de manière rapide par percussion de la boîte crânienne, ou avec l’application orale d’une crème à base de lidocaine. Cette dernière méthode a été largement utilisée pour l’euthanasie de petits lézards auparavant, et s’est avérée efficace sur l’Agame des colons. Un désavantage majeur est la nécessité d’une prescription médicale, empêchant une large application de cette crème par les professionnels travaillant contre les nuisibles.Dans l’euthanasie des reptiles, l’utilisation de la tricaïne est couramment utilisé et injecté dans la cavité abdominale. Les injections sous-cutanées sont cependant sujettes à des erreurs si elles sont pratiquées par des personnes non formées. Il est donc nécessaire de développer un produit qui soit aussi facile à appliquer que la crème et qui ne nécessite pas de compétences médicales avancées. La crème est appliquée dans la bouche et ingérée par l’Agame, ce qui entraîne une perte de conscience rapide et la mort.L’objectif de ce projet est de développer un gel contenant de la tricaïne comme substance active.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le premier bénéfice à court terme attendu sera pour les animaux, et plus spécifiquement les Agames des colons de l’île de la Réunion. En développant une méthode d’euthanasie non invasive, nous pourrions induire une mort rapide, sans souffrance, sans douleur et avec le minimum de stress possible. Dans le cadre de lutte contre les espèces invasives, cette méthode pourrait être déployer à d’autres espèces de reptiles. Le deuxième bénéfice, à moyen terme, sera pour la biodiversité locale, extrêmement menacée par la présence d’espèces exotiques envahissantes (EEE) dont l’Agame des colons. Il est aujourd’hui établi que la présence des EEE est la deuxième cause d’appauvrissement de la biodiversité dans les milieux insulaires. Le troisième bénéfice, à plus long terme, serait pour les reptiles type lézards de façon générale, avec une technique d’euthanasie validée et reconnu qui pourrait être utilisé dans la sphère de soins vétérinaires : cliniques vétérinaires, centres de soins, parc zoologiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront un prélèvement sanguin au moment de la capture. Un deuxième prélèvement est prévu, mais sur l’animal anesthésié juste avant l’euthanasie. Chaque prélèvement durera moins de 2 minutes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances attendues seront tout effet indésirable lié à la capture ou à la procédure d’euthanasie. Notre étude porte sur des animaux capturés dans la nature. Les reptiles sont des êtres sentients, capables de ressentir la douleur, la souffrance et la détresse. De ce fait, toute procédure de capture induira un stress conséquent sur les animaux. Celui-ci ne devrait pas être long puisque la procédure de capture sera chronométrée pour ne pas dépasser un temps maximum de 24h. Au moment de l’administration du produit (procédure d’euthanasie), les animaux pourraient présenter une agitation anormale pouvant générer des blessures potentielles. De la même façon cet effet ne devrait pas durer car les animaux seront surveillés de près durant toute la durée de la procédure et ne pourra pas excéder 10 minutes.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Notre objectif est d’évaluer une méthode innovante d’euthanasie, tous les animaux seront euthanasiés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les méthodes non animales ne peuvent pas être utilisées pour répondre à notre objectif scientifique. Nous avons besoin d’un animal vivant, et particulièrement d’un Agame des colons, pour répondre à notre objectif et évaluer notre méthode d’euthanasie.
2. Réduction
Pour notre étude nous avons choisi d’utiliser des lots de 15 individus pour chaque condition (crème commerciale à base de lidocaïne et gel artisanal à base de tricaïne). Il s’agit d’un nombre minimum pour s’assurer de l’efficacité de la technique en prenant en compte la variabilité inter-individuelle. Les individus seront tous capturés dans la nature, de ce fait cette variabilité est importante et nécessite d’avoir des groupes conséquents. L’agame des colons est une espèce exotique envahissante qui présente un plan de lutte au niveau territoriale.
3. Raffinement
Tous les individus seront capturés dans la nature et seront de ce fait exposés à un stress conséquent. Pour y pallier, chaque animal sera placé dans un sac individuel en coton à l’abri de la lumière et de la chaleur. Cet isolement n’excèdera pas 24h, pour limiter toute détresse. Avant la prise orale, le pH du gel sera testé pour s’assurer qu’il n’y ait aucun risque de douleur lors de l’ingestion du produit. Le pH devra alors se situer dans une fenêtre de 3 à 6. Chaque étape de la procédure de capture/euthanasie sera suivie sur des paramètres de bien être animal : rythme cardiaque, rythme respiratoire, cortisolémie, évaluation du reflexe nociceptif, observation de spasmes tétaniques. Ainsi, chaque individu sera observé minutieusement pendant toute la durée de la procédure. En cas d’atteinte d’un point limite, une méthode secondaire d’euthanasie sera utilisée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’espèce choisie est l’Agame des colons, Agama agama. L’étude porte sur l’utilisation d’une méthode sur cette espèce, dans le cadre d’un programme de lutte, c’est pour cela qu’elle a été choisie. Les individus inclus dans ce projet seront des juvéniles et des adultes principalement. Nous ne souhaitons pas sélectionner car la méthode d’euthanasie développée concernera tous les Agames des colons, quelque soit leurs stades de développement. Les animaux seront des mâles et des femelles. Nous ne souhaitons pas sélectionner car la méthode d’euthanasie développée concernera tous les Agames des colons, quelque soit leurs sexes.